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- Style : Maxime Le Forestier , Georges Brassens

Francis CABREL - A L'aube Revenant (2020)
Par GEGERS le 24 Octobre 2020          Consultée 1512 fois

L’âge venant, Francis CABREL a semble-t-il cessé de vouloir présenter ses nouveaux albums, il faut dire peu fréquents, comme son potentiel chant du cygne, mais a pris le parti de se laisser envahir par la musique, de l’accepter lorsqu’elle se présente et de choisir de l’offrir, ou non, à son public fidèle. Ce nouvel opus, il a fallu cinq ans au chanteur pour l’écrire et le composer. Pas de gras ni de superflu, CABREL a créé 15 morceaux et en propose 13 sur A l’Aube Revenant, qui succède à un In Extremis mi-figue mi-raisin dont on retient aujourd’hui, et avec bonheur, les quelques grandes chansons qu’il contient. Car c’est bien là la force de l’artiste. Même sur un album moyen, trop marqué par son époque (Photos de Voyage) ou témoignant d’un changement de paradigme (Les Beaux Dégâts), Francis CABREL est toujours parvenu à créer de grandes compositions, autant de pièces magistrales et intemporelles qui constituent mises bout à bout un corpus à faire rougir les plus grands noms de la chanson française. C’est malheureusement ce qu’il manque à ce nouvel album, A l’Aube Revenant : de grandes chansons.

Il fait bon, et il fait chaud, à l’écoute de ce quatorzième débutant avec "Les beaux moments sont trop courts" qui évoque la période Hors Saison avec ses chœurs féminins très en avant. C'est une constante ici : le chanteur, comme usé, fatigué, laisse les mélodies se faire porter par les trois chanteuses qui l’accompagnent. Etrange et déstabilisant. Il faut en effet dresser l’oreille, fournir un effort somme toute consistant, pour dégager de cet album des mélodies marquantes. Qu’elles soient énergiques ou mélancoliques, elles manquent cruellement à l’appel et font tomber à plat certains titres. Il en va ainsi de "Jusqu’aux pôles", dont le propos est pourtant intéressant, puisqu’il voit CABREL attribuer avec une certaine polissonnerie la cause du réchauffement climatique à une bretelle qui glisse négligemment sur une épaule. Mais les ambiances sont nonchalantes et, surtout, la composition manque cruellement de mélodie. Le chanteur donne parfois l’impression de vouloir se débarrasser des refrains, quitte à ne pas en proposer, et de se contenter d’un riff ou d’un gimmick pour construire un morceau. Sur "Fort Alamour" et "Parlons-nous", rien ne permet de s’accrocher au CABREL qu’on connaît et qu’on aime, et ces deux morceaux se transforment en désagréables déceptions.

Là-dessus, le chanteur greffe quelques blues usés qui permettent de varier les tempi d’un album par ailleurs résolument lancinant, mais qui ont déjà été entendus mille fois, en mieux. "Difficile à croire", ou encore "Chanson pour Jacques" (vous reconnaîtrez aisément le nom de celui auquel s’adresse ce titre) tentent de donner le change, mais à aucun moment la formule ne fait effet. Il faut, pour se satisfaire, chercher du côté des morceaux inspirés par les troubadours du Moyen-Âge auxquels CABREL avait, un temps, envisagé de consacrer l'intégralité de cet album. On apprécie ainsi les sonorités folk mélancoliques du morceau-titre, "A l’aube revenant", dont la thématique pourrait constituer une suite au "Samedi soir sur la Terre" de l’album du même nom. Où quand les amoureux se réveillent au petit matin. Le folk de l’artiste est là, délectable et savoureux, même si le titre peine à s’imposer comme une grande chanson. Sur "Rockstars du Moyen-Âge" et le plus intimiste "Ode à l’amour courtois", les mélodies se font enfin touchantes, savoureuses, dignes d’un grand CABREL. Mais c’est bien "Les bougies fondues" qui s’impose naturellement comme la meilleure pièce de l'album. Entraînante, portée par une contrebasse chaleureuse et un bandonéon bien dosé, elle s’impose aisément comme la plus grande réussite de l'album. Fera-t-elle pour autant date dans la carrière de l’artiste ? Rien n'est moins sûr.

Le tableau ne saurait être complet sans "Te ressembler", qui est à l’image de cet album : une bonne idée, qui s’évanouit une fois l’écoute terminée. Un titre folk passe-partout sans âme ("Peuple des fontaines") précède une adaptation de James Taylor, "Sweet Baby James" (36 ans après une première adaptation du chanteur américain, "La Fabrique"), qui constitue pour sa part une bouffée d’air frais, CABREL se faisant rarement décevant au moment de rendre hommage à ses idoles.

Ce n’est pas de la fénéantise : riche en arrangements, A l’Aube Revenant est un album varié, qui va chercher autant du côté de Hors Saison que de Les Beaux Dégâts. Seulement, à la recherche des mélodies disparues, l’auditeur se voit contraint de se fader quelques titres résolument décevants, et une bonne moitié d’album sans vigueur ni réelle poésie. Les ambiances variées ne parviennent pas à faire oublier l’indigence de "Parlons-nous" ou de "Fort Alamour". Qu’il est difficile d’accepter qu'après cinq années d’absence Francis CABREL semble avoir quelque peu perdu le sens de l’accroche et de la mélodie, ce qui faisait pourtant sa richesse. Un album décevant.

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   GEGERS

 
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- Francis Cabrel (chant, guitare)
- Freddy Koella (guitare, violon)
- Laurent Vernerey (contrbasse)
- Denis Benarrosh (percussions)
- Alexandre Léauthaud (accordéon)
- Himiko Paganotti (choeurs)
- Julia Sarr (choeurs)
- Olyza Zamati (choeurs)


1. Les Beaux Moments Sont Trop Courts
2. Te Ressembler
3. Les Bougies Fondues
4. Jusqu'aux Pôles
5. Fort Alamour
6. Rockstars Du Moyen Âge
7. Peuple Des Fontaines
8. Parlons-nous
9. À L'aube Revenant
10. Chanson Pour Jacques
11. J'écoutais Sweet Baby James
12. Difficile à Croire
13. Ode à L'amour Courtois



             



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