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- Style : The Paul Mckenna Band , Runrig, Alistair Ogilvy , Fleadh, Skipinnish

Dougie MACLEAN - Real Estate (1988)
Par GEGERS le 18 Mai 2009          Consultée 1337 fois

Au loin, le barde contemple les collines verdoyantes se mêler à la brume descendante de cette soirée d’automne. Ces Highlands écossais, le barde ne les a que trop marqués au fer indélébile de ses pas. Sa vie, son œuvre, sa raison de vivre, ces collines sont sa chair, son âme et son esprit. Sa guitare pour seul bagage, il aime à tenter de saisir ces mélodies, furtives et célestes qui s’évadent silencieusement de ces cailloux pourtant si inhospitaliers. Il aime également compiler ces mélodies et les offrir à la communauté. Ces « albums », comme les gens du métier appellent ces galettes qui représentent sa fierté, le barde peine maintenant à les compter sur les doigts de la main. 12, 14, il ne les compte plus, mais se rappelle de chacun d’entre eux et les aime, comme il aime son pays, comme une mère aime tous ses enfants de la même manière.

S’asseyant sur un rocher, il se met à repenser à l’un d’entre eux. Baptisé Real Estate, il se rappelle tout d’abord de la pochette qu’il lui avait attribuée. Une ville moderne, sans âme, et en fond les Highlands, comme purs et vierges de toute nuisance humaine. Contraste saisissant et ironique, puisque ce sont les infrastructures de la ville polluée qui lui permettaient de partager avec le plus grand nombre son amour des Highlands, amour et respect sans limite qu’il avait décidé d’affirmer haut et fort sur le morceau d’ouverture de cet album. Sur "Solid Ground", le barde avait décidé d’habiller ses paroles d’une parure acoustique énergique et dansante, comme pour mieux rendre hommage à son pays. Et il ne se lassait jamais de le répéter : « You cannot own the land, the land owns you ». Peut-être par fierté identitaire, il avait doté ce morceau d’une mélodie à la cornemuse qui faisait sa fierté et suscitait son amusement lorsqu’il pensait à la façon dont les non-Ecossais allaient catégoriser son album : musique celtique. Ils ne réfléchiraient pas plus, et ne verraient pas la dimension inclassable de sa musique, pour l’enfermer dans un carcan certes acceptable, mais bien réducteur. Car si l’habillage de ses mélodies était bien celtique, le barde envisageait sa musique comme transcendant les genres et les étiquettes, comme une musique de la terre, et pour la terre.

Laissant libre cours à son imagination, le barde avait envisagé cet album comme une extension de son esprit. De façon surprenante, il se rappelait encore ce morceau, dénué de toute guitare et reposant essentiellement sur une mélodie vocale tribale, consacré à ces Indiens d’Amérique du Nord. Eux aussi avaient vu leur terre bafouée, ruinée par l’envahisseur. Mais eux avaient été exterminés, contrairement au barde qui s’estimait chanceux de posséder un territoire encore préservé sur lequel déverser sa peine. Car la mélancolie était le sentiment principal qui caractérisait cet album. Parsemé de ballades acoustiques, Real Estate, se rappelait le barde, était marqué par la présence de nombreux morceaux écrits alors qu’il pensait à ses ancêtres, martyrisés, forcés pour nombre d’entre eux de quitter leur terre et leur pays pour s’embarquer dans des bateaux porteurs d’un espoir fou : trouver le bonheur ailleurs. Il avait décidé de leur dédier un morceau instrumental, sur lequel un violon lacrymal chantait le désespoir des anciens.

Et puis les regrets envahirent l’esprit du barde. Regrets d’avoir incorporé dans cet album des morceaux qui ne lui avaient pas donné entière satisfaction, comme ce Restless Fool, qu’il trouvait maintenant totalement incongru et inapproprié, ou Green Grow the Rashes, qu’il considérait comme un hymne raté à ses si chères montagnes verdoyantes.

Le barde rassembla ses esprits et se releva doucement. Si le poids des années altérait sa condition physique, son esprit vif et alerte avait été épargné par la succession des saisons. Guitare en bandoulière, il se remit à écumer ses collines. Il sentait qu’une mélodie allait bientôt surgir de ces vieilles roches. Il ne voulait surtout pas la laisser passer.

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- Dougie Maclean (tout)


1. Solid Ground
2. Restless Fool
3. Buffalo Jump
4. Garden Valley
5. The Emigrant
6. Green Grow The Rashes
7. Homeland
8. The Mhairi Bhan
9. Are Ye Sleepin' Maggie?
10. She Loves Me (when I Try)



             



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