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MUSIQUES FOLKLORIQUES  |  STUDIO

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- Style : Gilles Servat , Glenmor, An Triskell , Wurtemberg, Machin
- Membre : Magma, Alan Simon , René Werneer
 

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TRI YANN - Rummadoù (2011)
Par GEGERS le 21 Février 2011          Consultée 3650 fois

Si TRI YANN était un arbre, alors il serait sans doute un de ces chênes centenaires, qui imposent le respect et forcent la contemplation. Un feuillu au tronc solide comme le roc, insensible aux intempéries et aux changements de saisons. Un arbre aux branches longues et recourbées, abritant un écosystème riche et foisonnant. Et à la souche inamovible, fixée à jamais dans le sol par des racines d'une profondeur insondable. TRI YANN, fort de quarante années de carrière (qui en font le plus ancien groupe français encore en activité), sait combien il est important de ne pas vivre en contemplant inlassablement ses ramifications et ses feuilles, fragiles et éphémères. Il est important, pour mieux envisager son existence, de jeter un regard, ne serait-ce que furtif, sur ses fameuses racines, conditions sine qua non de sa stabilité. Après avoir consacré deux albums à la mer, en rendant tout d'abord hommage à ceux qui la prennent (Marines) puis à ceux qui l'habitent (Abysses), les trois Jean se font généalogistes, ayant à cœur de rebâtir en chansons cet arbre qu'ils personnifient. Rummadoù (Racines) est le fruit de cette introspection. L'album narre ainsi l'histoire d'une famille bretonne, de 463 à nos jours. Une famille fictive, mais traversant des événements qui trouveront certainement un écho chez toute personne originaire de la péninsule. Il est question d'expéditions pictes, de croisades, de peste noire, de révoltes et de batailles, puis de la redécouverte d'un patrimoine. Histoire et histoires s'entremêlent, car les TRI YANN ne se font pas chroniqueurs historiques, et ont toujours à cœur d'illustrer ce grand cheminement de l'espèce humaine par de petits contes semblant anodins pris séparément, mais formant un tout solidaire, indivisible et épique.

Nécessairement, en regardant en arrière, l'arbre n'évolue plus, ne peut se permettre simultanément de rendre hommage et aller de l'avant, continuer son exploration. Il se « contente » ainsi de bâtir sur les acquis, mêlant le « savoir » et le « faire » avec un bonheur certain. Avec Rummadoù, c'est un voyage à travers toutes les époques de sa carrière que nous convie TRI YANN. Et si l'on navigue ainsi en terrain balisé, l'on en éprouve pas moins autant de plaisir à redécouvrir cette « patte » nantaise qui continue de séduire indéfectiblement. Cette marque de fabrique, ce sont bien entendu tout d'abord ces harmonies vocales, en chœur ou en canon, qui continuent de hanter bien longtemps après leur écoute la caboche de l'auditeur. A capella (l'enjouée « Pour faire de bonnes crespes ») ou sur fond d'instrumentations délicates et solennelles, (« Bosenn Langolen », « Le prisonnier de 39-45 »), ces mélodies font mouche et éblouissent. Entre poèmes récités (« Lamentations sur Saint-Aubin-du-Cormier »), ballades empreintes d'une émotion à fleur de peau (« Complainte de Marion du Faouet » et ses ambiances à la « Le mariage insolite de Marie la Bretonne » - album La Découverte ou l'Ignorance) titres aux ambiance tribales (« Na I Ri O »), médiévales (« Naïk Ar Bihan, fille follette ») ou à l'énergie folk rock (« The eyes of my Bonnie Mary » - chantée par Simon Nicol, vocaliste de Fairport Convention -, « Adieu Kerblouze »), TRI YANN revisite toutes ses influences et son panel musical pour offrir un album aux airs de bilan. Une nouvelle fois, bombardes, flûtes et cornemuses se mêlent parfaitement aux guitares électriques et aux arrangements modernes qui font de Rummadoù un album parfaitement ancré dans son époque.

Les histoires, narrées au fil de l'eau, se font pour leur part d'une importance capitale pour la cohérence de cet album. Et s'il est vrai que le groupe, d'un saut de puce, nous fait passer des raids vikings à la guerre de 39-45, ce n'est que pour mieux proposer des contes imagés et inspirés. Chaque mot, savamment choisi, participe à la qualité syntaxique d'un album ou s'entremêlent langue bretonne, française et anglaise, chacune d'entre elle parfaitement dosée. Et au final, on ne peut que rester béat devant cet opus en tous points irréprochable. Bien sûr, le manque de nouveauté et d'audace conforteront ceux qui voient en TRI YANN un groupe du passé, recentré sur ses racines. Mais il sera parfaitement compris et considéré par toutes les petites feuilles, qui comprennent et ressentent la musique du groupe, comme une étape nécessaire dans ce chemin sans fin que parcourent les Trois Jean. Un album fantastique pour tous les amateurs des Bretons, et une porte d'entrée idéale dans l'univers celtisant des TRI YANN. En bref, un indispensable.

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   GEGERS

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Jean Chocun (chant, mandoline, guitare)
- Jean-paul Corbineau (chant, guitare)
- Jean-louis Jossic (chant, flûtes, psaltérion, cromorne, bombardes)
- Gérard Goron (chant, batterie, mandoloncelle)
- Fred Bourgeois (chant, claviers)
- Konan Mevel (chant, cornemuse)
- Christophe Peloil (chant, basse, flûte, violon)
- Jean-luc Chevalier (guitare)


1. Na I Ri O
2. Ar Vikinged
3. Le Retour De La Croisade
4. Bosenn Langolen
5. Naïk Ar Bihan, Fille Follette
6. Lamentations Sur Saint-aubin-du-cormier
7. Por Faire De Bonnes Crespes
8. Hanvezh Ar Benedoù Ruz
9. Complainte De Marion Du Faouët
10. The Eyes Of My Bonnie Mary
11. Chanson Du Baleinier François Le Billant
12. Le Prisonnier De 39-45
13. L'exilé Des Sixties
14. Adieu Kerblouze
15. Glen Glas



             



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