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ROCK'N ROLL  |  B.O FILM

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BANDE ORIGINALE DE FILM - Pulp Fiction (1994)
Par ERWIN le 10 Octobre 2009          Consultée 5039 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Que ceux qui n'ont pas vu "Pulp Fiction" lèvent le doigt !
Plus de 45 ans après sa première sortie, qui ne connaît pas le lick de guitare de « Misirlou » qui ouvre les hostilités de cette mémorable BO... "Everybody cool this is a robbery !"… Et c'en est un de braquage ! Une des grandes mystifications de l'histoire de la musique, pour sûr !
La culture populaire a fait son œuvre et aujourd'hui, 16 ans après la sortie du film, les hymnes composant la B.O. de Pulp Fiction ont connu une seconde jeunesse et se portent remarquablement bien, merci pour eux. Ce diablotin de Quentin Tarantino, en plus d'être un réalisateur hors pair, a eu cette lumineuse idée de récupérer de vieilles bandes poussiéreuses pour en faire une B.O. ! Bah ! c'est moins cher, plus efficace, et il se fait plaisir ! Mais le succès est carrément disproportionné... Après tout, ces chansons existent depuis belle lurette. Si Tarantino a ouvert une boîte de Pandore, il faut préciser que le cadenas n'était pas posé dessus ! Tout ceci est en libre accès, connu, archi-connu, et notre bon Philippe Manœuvre trouve ici de quoi se palucher au quotidien ! Philippe si tu me lis... Cheers !

Alors, de quoi cause donc notre fameuse B.O. ? En tout premier lieu, de bon vieux rock qui tache, précisément de surf music, une subdivision du Rock'n'roll de la grande époque, à base de célèbres licks de guitare twangy souvent nimbés de reverb’, et parfois même distordus. Pour faire simple : la majeure portion du Rock instrumental des 50/60s’ c’est de la surf music ; en vrac : Ventures, Shadows, Duane Eddy, Link Wray et... et... et.... Dick Dale, l’un des premiers pionniers pourfendeurs de six cordes. Gaucher jouant à l'envers, ce qui explique en partie le style de ses compos, l'autodidacte émigré libanais est détenteur d'un son rugueux et agressif ; son style de picking à deux doigts et sa vitesse en font l'un des tous premiers guitar-hero. Quelle plus belle preuve que ce « Misirlou » merveilleuse de vélocité et d'entrain ! Solos, rythmiques, sax, tout y est vibrant de feeling. « Misirlou » c'est la terre qui tremble, les mecs qui se battent et les filles qui se font belles, ce sont les ‘50s’ dans leur élan le plus créatif, même si elle date de 62. Une gemme !
Mais continuons de surfer sur la vague du Pulp avec « Bullwinkle » et son sax qui n'en finit pas d'agoniser, excellente illustration de la scène ou Zed dirige les opérations, qui se poursuit avec "Comanche" et l'hallucinatoire trompette annonciatrice du viol de Marsellus Wallace. Enfin "Surf rider" termine ce ride autour de la surf music.
Toutes ces compos sont certes des classiques mais parmi des centaines d'autres instrumentaux de la même trempe. Quentin Tarantino souhaitait prendre des morceaux cultes et oubliés, il l'a fait.
Tout cela dégage un très fort relent de western spaghetti, et Ennio Morricone erre de bout en bout dans ce western de la vie moderne qu'est Pulp Fiction.

Mais ce vilain garnement de Tarantino est un gars éclectique, ses goûts musicaux le prouvent : « Son of a preacher man » et « Let's stay together » nous replongent dans les délices 60/70s’ de la soul et de la Tamla/Motown, deux classiques intemporels de la musique populaire américaine.
« Flowers on the wall » nous fait traverser plusieurs Etats américains, on aborde à présent la country ! Et cette chanson des Statler Brothers se fond avec talent dans la scène de la montre, où est évoqué le fameux « kangaroo ».

Tout le monde se souvient du concours de twist et de cette partie de danse endiablée entre Uma Thurmann et John Travolta, qui se fait au son d'un hit méconnu de l'autre roi du Rock, le génial Chuck Berry. Son « You never can tell. » se prête d'ailleurs autant au twist que Cradle of Filth à la discothèque de Mémé Germaine... Mais bon, que dire ? Chubby Checker aurait certainement été historiquement plus juste, mais le twist, ça ne casse pas des briques... Le choix d’une rock song s'avère finalement judicieux. Pour l’anecdote, cette chanson toute joyeuse fut écrite en 64 par Chuck lors d'un séjour en taule !
Mais revenons à l'autre scène du resto : celle du milkshake à 5 dollars, qui se déroule au son de deux hits de Ricky Nelson, « teenage idol » des années 50 : « Waitin in school » à la rythmique de guitare vrombissante, puis « Lonesome town », slow gentillet pour emballer les minettes, gros succès de l'année 58.

Un p’tit coup de funk avec le « Jungle boogie » de Kool And The Gang, pour bouger sur un dancefloor à la Travolta – puisqu'on y est – dans La Fièvre du Samedi Soir. Quel melting-pot ce skeud, nom de Dieu !
Et nous allons passer sous silence les deux intermèdes parlés entre Jules et Vincent, qui aussi truculents soient-ils ne contiennent pas une note de musique. Sacré Quentin, il réussit à nous pondre une B.O. contenant ses dialogues ! Mais il faut bien être un brin mégalo pour pondre une œuvre telle que ce Pulp Fition !

Enfin, on aboutit à cette version modernisée de « Girl you’ll be a woman soon », single de l'album et gros succès de l'année 94, qui ne dépareille pas face à l'originale de Neil Diamond. L'ensemble forme un tout cohérent d'une remarquable justesse, aujourd'hui totalement inséparable des scènes du film.

Bien entendu, je me sens obligé de dire à tous les aficionados de cette B.O. qu'ils sont des fans de Rock'n'roll en puissance, aucun doute là-dessus. Il ne vous reste donc plus qu'à embrayer sur l'étape suivante qui consiste à découvrir cette musique pour de bon et non se contenter d'un produit marketé – car c'en est un – ; une foule de chansons exceptionnelles vous attendent... J'en vois certains se moquer : « Tu prêches dans le désert ! ». C'est possible, mais à une époque où la Star Ac’ vend des millions de disques, il faut saisir chaque occasion d'apporter une pierre à l'édifice de la vraie bonne musique. Neuf millions de B.O. se sont vendues, c'est énorme, surfons sur la vague !
J'espère que notre Quentin touche quelques royalties sur les chiffres de vente de ces morceaux qu'il a ressuscités, tel le Jésus hollywoodien qu'il symbolise désormais.

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1. Pumpkin And Honey Bunny/misirlou
2. Royal With Cheese
3. Jungle Boogie
4. Let's Staytogether
5. Bustin Surfboard
6. Lonesome Town
7. Son Of A Preacher Man
8. Zed's Dead Baby/bullwinkle Part Ii
9. You Never Can Tell
10. You'll Be A Woman Soon
11. If Love Is A Red Dress
12. Bring Out The Gimp/ Comanche
13. Flowers On The Wall
14. Personnality Goes A Long Way
15. Surf Rider
16. Ezechiel 25.17



             



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