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BANDE ORIGINALE DE FILM - Django Unchained (2012)
Par COWBOY BEBOP le 29 Septembre 2016          Consultée 596 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

L'annonce de la préparation d'un western par Tarantino a dû ravir plus d'un cinéphile mélomane. Car depuis l'harmonica de Charles Bronson, et plus généralement les films de Sergio Leone associés aux merveilleuses bandes originales de MORRICONE, il existe un rapport viscéral entre les westerns et la musique. Ça tombe bien, car qui de mieux que Tarantino, connu et reconnu pour son éclectisme musical, pour créer la bande-son idéale du far-west moderne ?

Comme à son habitude, le réalisateur a pioché dans sa collection personnelle pour nous offrir une sélection mélangeant ancien et nouveau, classique et inédit, grandiose et intimiste. Mais cette fois? viennent s'ajouter quatre titres composés spécialement pour le film, une première pour le réalisateur. Et l'un d'entre eux n'est signé par rien moins qu'une de ses idoles, à savoir le géant Ennio MORRICONE. Le résultat est un melting-pot qui brasse allègrement musique de film, soul, blues, folk et même hip-hop en un mélange parfois hétéroclite et un peu déconcertant, mais certainement jamais ennuyeux.

Le titre d'ouverture n'est autre que le celui du Django de 1966, chanté par l'italo-américain Rocky ROBERTS et composé par le mythique Luis BACALOV. Iconique et grandiose, quoi de mieux pour ouvrir un film de Tarantino, tout en rendant hommage au passage à une de ses inspirations principales. Un deuxième thème principal clôt la BO, il s'agit de « Trinity » (tiré de « His Name Was Trinity »), véritable ode au cool avec sa petite mélodie sifflée irrésistible – il faut bien ça pour atteindre le niveau de classe déployé par Jamie Foxx. Enfin, « His Name Was King », emprunté au film du même nom, fait la part belle aux voix féminines avec des jolis chœurs inspirés du gospel.

On n'échappe pas au gimmick habituel du réalisateur, qui prend toujours soin d'inclure dans ses bandes originales au moins une chanson, plus ou moins connue du grand public. L'énergique « Too Old To Die Young » est signée de la main de Brother DEGE, un parfait inconnu ou presque – et encore plus avant la sortie du disque. Avec une simple guitare acoustique et un bottleneck, dans un style rappelant le swamp blues, Brother DEGE arrive a créer une dynamique et une tension remarquable. L'autre nom a plus de chance d'évoquer quelques échos : il s'agit de Jim CROCE, un chanteur et guitariste mort tragiquement jeune, mais qui a néanmoins eu le temps d'inscrire son nom dans les annales du folk avec « Operator Please » et surtout « I Got A Name », superbe ballade qui souligne avec beauté l'immensité des espaces américains. Notons la présence de craquements et autres petits bruits parasites : il s'agit en effet de l'enregistrement d'un vinyle appartenant à Tarantino. Un peu comme les défauts d'une vieIlle photo qui sont aussi essentiels à la nostalgie que l'image en elle-même, ces bruits parasites sont indissociables de son expérience sensorielle de la chanson, et c'est cette expérience qu'il a voulu retransmettre à l'écran.

Les morceaux composés tout spécialement pour cette BO apportent une touche de modernité, mais en l'absence du film pour créer un lien thématique, ils ont parfois du mal à s'intégrer. Ainsi, « Hundred Black Coffin » déboule sans prévenir et risque de froisser les oreilles peu enclines à la clémence envers le rap. Toutefois, le morceau plaira sûrement aux amateurs du genre, car il fait son boulot, c'est-à-dire apporter une couche de badass supplémentaire au tout. Comme le morceau est utilisé sur le générique, il aurait été plus logique de le placer en fin de disque. À l'inverse, « Freedom » est un très bon titre néo-soul, et son instrumentation vintage l'intègre parfaitement au reste. Dans le même style, « Who Did That To You » ne s'embarrasse pas de tels détails et sonne très moderne, mais la puissance du morceau balaye ce genre d'objections. Ç'aurait été le meilleur morceau original, si ce n'était pour « Ancora Qui », une petite perle écrite par MORRICONE et chantée en italien par une certaine Elisa. Réduite au minimum – quelques arpèges de guitare, la musique laisse de l'espace à la voix puissante de la chanteuse, pour un résultat envoûtant.

Grand amateur du genre, Tarantino s'est fait plaisir en piochant allègrement dans les bandes originales des westerns « spaghetti » italiens. Les extraits sélectionnés sont pour la plupart tirés de films relativement mineurs et peu connus aux États-Unis, ce qui ne les empêche pas d'être tous excellents, et de proposer des atmosphères très variées. Que ce soit avec le majestueux « La Corsa » et ses cuivres solennels qui entonnent un hymne grandiose et pathétique, ou bien l'hypnotique et nerveux « The Braying Mule », on se trouve clairement en présence d'un connaisseur qui sait choisir ses morceaux.

Le seul intrus dans cette liste est « Nicaragua », tiré de la bande-son de « Under Fire », composée par Jerry GOLDSMITH avec l'aide du guitariste Pat METHENY, et qui reçut un accueil élogieux à la sortie du film. On comprend facilement son inclusion dans la BO : le côté martial du thème, ainsi que l'utilisation de tambours militaires et de cuivres rappelle très fortement le style de MORRICONE. Une manière de relier, symboliquement et musicalement, l'Italie et les États-Unis, et d'apporter une dimension politique à son western. Enfin, avant de terminer, notons la présence de « Unchained », titre absent du long-métrage mais inclus dans la BO. Il s'agit d'un remix de « The Payback » de James BROWN, mélangé à des samples tirés du « Untouchable » de 2PAC. Le résultat est intéressant, mais assez vite lassant.

Si sa diversité est le point fort de cette bande-son, on pourrait également lui reprocher un certain manque de cohérence. Il est vrai que, pour qui n'a pas vu le film, le lien entre les morceaux n'est pas toujours évident. Mais il suffit d'un visionnage pour assembler ces pièces qui semblaient disparates en un puzzle éclectique et bariolé, parfait représentant du style cinématographique du maître. Et puis surtout, la BO de Django Unchained s'écoute très bien par elle-même, et c'est là une qualité assez rare pour être soulignée.

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1. Django
2. The Braying Mule
3. His Name Was King
4. Freedom
5. La Corsa
6. I Got A Name
7. I Giorni Dell'ira
8. 100 Black Coffins
9. Nicaragua
10. Sister Sara's Theme
11. Ancora Qui
12. Unchained
13. Who Did That To You
14. Too Old To Die Young
15. Un Monumento
16. Trinity



             



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