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- Style : An Triskell , Glenmor
- Membre : Pat O'may , René Werneer , Michel Santangeli , Gabriel Yacoub , Mor, Ys, Keris, Pierre De Grenoble, Malicorne, Dan Ar Braz
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Alan STIVELL - Chemins De Terre (1973)
Par MARCO STIVELL le 15 Avril 2010          Consultée 3961 fois

Chemins de Terre... Beaucoup de disques "initiatiques" empruntent des voies peu communes, certaines avec des tapis rouges, un itinéraire bien droit, et qui mènent à la gloire sans aucun faux-pas possible. Voilà qu'au milieu des Dark Side of the Moon, Goodbye Yellow Brick Road et autres Berlin, un "petit" album d'un "petit" nom français tente de se faire une place en se démarquant par sa provenance d'un milieu plus modeste, plus champêtre, plus... enchanteur ?! C'est avec émotion que j'en viens à emprunter ces routes, cet itinéraire particulier où ont été disséminées ça et là ces quelques chansons et titres instrumentaux. Chemins de Terre, premier album studio rock d'Alan, nouvelle collection de chansons traditionnelles réarrangées, doit faire ses preuves après le grand "boum" de l'Olympia Concert.

A ce propos (et un premier point fort pour ce nouveau bébé d'Alan) on sait lorsqu'on regarde les crédits que l'on va retrouver, le bassiste mis à part, exactement le même groupe que pour le concert de l'Olympia. Côté instrumental, on a donc une valeur sûre. Cet ensemble YACOUB-AR BRAZ-WERNEER-SANTANGELI-STIVE, sans oublier le principal intéressé, est vraiment le groupe de rock celtique rêvé, même s'il est loin d'être tout le temps au complet, ce que je n'arrive même pas à regretter. C'est dire l'excellence de Chemins de Terre, et c'est un faible mot.

Le chemin m'emmène d'abord sur les traces de "Susy McGuire" (Siobhan Ni Dhuibir en gaélique), une ballade irlandaise au rythme lancinant, la représentation exacte de la chanson d'amour noyée dans l'alcool. Les cymbales ainsi que les coups sur les percussions sourdes "étouffent" le son, les voix et les notes fuyantes de piano, tandis que la guitare de Dan essaie de se faire une place, mais le désespoir est là, ineffable.

C'est après cette première piste pleine d'ornières et de nids-de-poule que je tombe sur le rassurant "Ian Morrisson Reel", une danse endiablée où le groupe joue sur un ton rock solide avec fiddle (violon irlandais), cornemuse et guitare au zénith. Je peux l'écouter, la chanter pour moi seul (en imitant tous les instruments à la fois, si si) cent fois, mille fois, elle me fait toujours le même effet, c'est un pur bonheur !

Après l'Écosse, on revient à l'Irlande avec "She Moved Through the Fair", une chanson qui est depuis devenue le classique des classiques et, personnellement, la meilleure version que je connaisse ne se trouve pas plus loin qu'ici-même. Elle a en plus l'originalité d'apporter un arrangement de tablas indiens, Alan y chante divinement bien...

Petite récréation avec "Can y Melinydd" en gallois, "La chanson du meunier" en français. C'est une comptine amusante qui ne paie pas de mine, surtout par rapport au reste de l'album, mais elle s'y intègre très bien au final. On y retrouve la timbale, le banjo, la guitare acoustique, la basse, le violon et les cuillères (jouées par Marie YACOUB, la femme de Gabriel).

"Oidhche mhath", petite pause nocturne. Alan est d'abord seul à la harpe, puis rejoint par l'orgue et les soeurs de René WERNEER sur les refrains. Le titre, comme un enchantement, nous convie aux plus beaux rêves et au pays des fées...

Après cette première face, nous arrivons à la deuxième exclusivement consacrée à la Bretagne. A l'évocation du titre "An Dro Nevez", on repense à l'un des morceaux-phares de l'Olympia Concert. Mais "nevez" veut dire "nouveau" et c'est doté d'une fougue plus rock que ce nouvel hymne nous amène à battre du pied. Une vraie réussite encore, avec une bombarde brillant de mille feux.

Le sombre "Maro ma Mestrez" est une chanson sombre ("La mort de ma bien-aimée"), interprétée a-cappella par Alan comme s'il était seul dans le noir... Un orgue et la guitare de Dan viennent le rejoindre mais seulement à la fin... Petit solo, on se laisse envoûter...

...Puis la batterie nous fait presque sursauter avec son break et nous convie à la chanson la plus rock de l'ensemble, "Brezhoneg Raok", véritable plaidoyer pour la langue bretonne (et seule composition originale de l'ensemble) avec, outre son refrain puissant, des soli de guitare assez décoiffants.

"An Hani a Garan" marque le retour à un registre plus acoustique et d'une sensibilité hors-norme. C'est presque les larmes aux yeux que je vous parle de cette chanson qui m'émeut profondément à chaque écoute. On y sent la détresse "alourdir" chaque note de harpe, de petite flûte irlandaise, et je me demande même s'il n'y a pas un peu de mellotron... Rien que cette note aigüe après le deuxième couplet, aaaah...

Alan et ses musiciens nous invitent à les rejoindre dans la danse "Metig", une gavotte des montagnes où le violon et la guitare sont soutenus par un petit rythme jazzy et les batteries écossaises du Bagad Bleimor (pour le pont seulement). Le final, avec les choeurs et une rythmique plus rock, est lui-même assez puissant et après avoir tapé du pied, on ne peut s'empêcher de chanter avec le groupe. Et enfin...

...Enfin... Enfin... Celle qui m'émeut le plus, pour moi la plus belle d'entre toutes, idéalement gardée pour la fin... la magnifique, la merveilleuse, la douce et féerique "Kimiad". Il n'y a pas de mot pour décrire ce que je ressens à chaque fois que j'écoute cette chanson, et plutôt que de vous la décrire, je ne saurai trop vous recommander de l'écouter, et de la vivre d'une façon qui ne sera peut-être pas la mienne mais je l'espère, toute aussi positive...

Et ceci valable pour tout l'album. Son message est, je peux maintenant vous le dire : prendre les chemins de terre avant d'embarquer pour les îles. C'était donc ça... Mais même si la durée de l'album est courte, je me rends maintenant tout à fait compte de la beauté du chemin que je viens de suivre, et "Kimiad" représente la dernière étape avant l'embarquement pour le pays des merveilles...

Une fois n'est pas coutume, j'ai parlé de tous les titres de cette manière, mais ce n'était que pour mieux faire ressortir leur importance et vu à quel point ils sont réussis, cela valait bien un paragraphe pour chacun. Ce groupe, ces titres qui confèrent à Chemins de terre le rang de chef-d'oeuvre parmi les chefs-d'oeuvre, ainsi que celui de meilleur album de musique celtique, toujours pour moi bien sûr. Merci Alan, merci infiniment...

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   MARCO STIVELL

 
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- Alan Stivell (chant, harpes celtiques, cornemuse écossaise, bomb)
- Gabriel Yacoub (choeurs, guitare acoustique, banjo, dulcimer, psal)
- Dan Ar Braz (guitare électrique, guitare acoustique, choeurs)
- René Werneer (fiddle, choeurs)
- Michel Santangeli (batterie)
- Pascal Stive (orgue, piano)
- Jean-luc Hallereau (basse, choeurs)
- Marie Yacoub (cuillères, choeurs)
- Mireille Werneer (choeurs)
- Elyanne Werneer (choeurs)
- Michel Delaporte (tablas)
- Le Bagad Bleimor (cornemuses, bombardes, batteries écossaises)


1. Susy Mcguire
2. Ian Morrisson Reel
3. She Moved Through The Fair
4. Can Y Melinydd
5. Oidhche Mhath
6. An Dro Nevez
7. Maro Ma Mestrez
8. Brezhoneg Raok
9. An Hani A Garan
10. Metig
11. Kimiad



             



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