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YELLO - Stella (1985)
Par WALTERSMOKE le 20 Novembre 2015          Consultée 2213 fois

Quand on parle de chef-d'oeuvre des années 80 (ça existe, n'en déplaise aux férus de daddy rock), Stella doit débarquer en force, avec moult choeurs angéliques et néons qui crèvent l'écran. Ce n'est pas rien de présenter le quatrième Yello ainsi, mais il paraît difficile de faire autrement. You Gotta Say Yes to Another Excess annonçait déjà la couleur, mais son successeur montre le groupe suisse qui va encore plus loin et plus fort. C'est également le disque qui forge la légende de Yello en tant que duo, le musicien Carlos Perón ayant quitté le groupe bien avant l'enregistrement de l'album.

Quand on se renseigne sur l'historique de Stella avant de l'écouter, on pourrait être légèrement dubitatif. Dieter Meier et Boris Blank ont en effet galéré avec l'enregistrement et le mixage de l'album, qui devait innover avec la nouvelle technologie digitale, avant qu'un premier jet piteux les force à changer de direction – juste à temps, cependant. Stella contient également des extraits de projets avortés ("Stalakdrama"), qui ont intérêt à être bons pour justifier leur récupération.

Et pourtant, comment ne pas tomber sous le charme de Stella dès son premier morceau ? "Desire", pour faire simple, c'est "Lost Again" en mieux. Quand on sait que cette dernière chanson était déjà excellente, ça donne une idée de la qualité de "Desire". La musique s'y fait encore plus séduisante et riche, avec un Dieter Meier plus suave que jamais. "Vicious Game", plus dynamique tout en étant tout aussi lounge, introduit une nouvelle lubie de Yello, à savoir l'interprétation par une chanteuse invitée. Ici, c'est une certaine Rush Winters qui apporte une touche de sensualité, ce qui est complètement raccord avec l'univers de Yello, et nous gratifie d'une nouvelle grande chanson.

Cependant, LE tube de Stella, voire de toute la carrière de Yello, c'est bien entendu "Oh Yeah". Oh Yeah... the moon... beautiful... en général, la première réaction qui vient quand on le découvre, c'est l'étonnement et le rejet. Bon sang, était-ce possible de faire aussi laid et incongru ? Même Dieter Meier avait rejeté la composition de son compère Boris Blank, mais finalement, plus c'est gros plus ça passe, et "Oh Yeah" agrippe avec son humour aussi ridicule qu'équivoque. Il est d'ailleurs devenu tellement connu qu'il fait partie intégrante de la pop culture, ce qui n'est pas rien.

Deux singles et un morceau culte, ça ne fait pas un LP entier, cependant. Pas de problème, le reste de Stella mérite d'être tout aussi connu. Yello se permet de dérouler son talent comme formation éclectique à tendance électronique, entre autres par le biais de deux morceaux ambients. "Stalakdrama" arrive tel un interlude salvateur après un premier quatuor de compositions survoltées et entraînantes, tandis que vers la fin, "Ciel Ouvert" s'inscrit comme un grandiose passage ambient, qui peut même se targuer d'avoir des années d'avance sur la future nouvelle garde de la décennie suivante (même si le morceau en lui-même a un peu vieilli). Mais on ne peut pas non plus parler de Stella sans s'attarder sur "Domingo", un véritable joyau techno (si si) et délirant avec en toile de fond un bon gros délire sur un illuminé aux disciples illogiques (« Domingo you show me just nothing like no one before ») et une guitare furieuse et jouissive.

Si Stella n'est pas exempt de remplissage (l'anecdotique "Let me Cry" et l'horripilante conclusion "No Angel"), il n'en reste pas moins un exemple de croisée des chemins entre l'électro, la pop et la new-wave, offrant ainsi un cocktail détonnant et excellent. Le revers de la médaille, cependant, c'est qu'en atteignant son apogée, Yello ne pourra plus jamais sortir un album aussi bon. Pour autant, la suite s'annonce quand même bien belle.

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- Dieter Meier (chant)
- Boris Blank (claviers, choeurs, chant sur 6)
- +
- Beat Ash (hi-hat sur 1 et 11)
- Chico Hablas (guitare sur 1, 2, 4, 6 et 7)
- Rush Winters (chant sur 2 et 11)


1. Desire
2. Vicious Games
3. Oh Yeah
4. Desert Inn
5. Stalakdrama
6. Koladi-ola
7. Domingo
8. Sometimes (dr. Hirsch)
9. Let Me Cry
10. Ciel Ouvert
11. No Angel



             



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