Recherche avancée       Liste groupes



      
POP-ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style + Membre : Guru Guru

KRAAN - Flyday (1978)
Par WALTERSMOKE le 13 Février 2017          Consultée 93 fois

S'adapter ou mourir. Telle est une des manières de définir la théorie de l'évolution. Certes, c'est un peu radical et surtout bien incomplet par rapport à ce que cette théorie traite, mais ça suffit pour faire comprendre de quoi on cause. En particulier, la musique est concernée par cet adage, tout le temps, et ce depuis ses débuts. La seconde moitié des années 70 n'échappe pas à la règle, et surtout pas pour les groupes de la galaxie progressive. Rares sont les survivants, et ceux qui ne mettent pas de l'eau dans leur vin sont condamnés à disparaître très vite, qu'on le veuille ou non.

Cela vaut pour KRAAN. Le groupe fut autrefois une valeur sûre du krautrock, puis a viré dans un jazz-rock progressif plaisant, mais pas idéal pour rassembler les foules. Il avait en tout cas suffisamment de clés en main pour percer aux États-Unis – ce qu'il n'a pas fait pour raisons idéologiques. Et en 1978, la fameuse annus horribilis, il continue de produire de la nouvelle musique. Mais si, pour le dénommé Flyday, Conny Plank travaille cette fois en tant que producteur, les fans de KRAAN reçoivent la désagréable nouvelle du départ de Jan Fride. Fatigué, le batteur préfère se ménager et céder sa place à Udo Dahmen.

Un changement de line-up donc qui coïncide avec un changement de style. Sans-doute soucieux de rester à la page, et si l'on effectue une écoute distraite, KRAAN propose avec Flyday son opus le plus pop de la décennie, délaissant même ses oripeaux jazz-rock et latino.

Et là, chez les amateurs de progressif, ce qui devait arriver arriva :

« ALERTE ROUGE. ALERTE ROUGE. ALBUM DE MERDE EN VUE. CECI N'EST PAS UN EXERCICE. JE RÉPÈTE : CECI N'EST PAS UN EXERCICE ».

C'est vrai, après tout, qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? 1978, la nécessité d'évoluer, le piège de la simplification, tout ça. Ceci étant, les 3 étoiles attribuées à la chronique nuancent la chose. Oh, KRAAN n'est pas passé à travers les mailles du filet, l'album étant clairement bien perfectible, mais on ne peut rejeter l'album en se pinçant le nez. J'ai parlé plus haut d'album le plus pop de KRAAN, ce qui ne veut pas forcément dire que c'est de la pop pure et dure. En effet, sur les quatre premiers morceaux (composant la face A), seul "My Brother said" pourrait en relever, sauf qu'en fait, il s'agit en vérité d'un rock enfiévré, contenant même une guitare déchaînée – Wolbrandt devait avoir mangé du Lion ce jour-là.

Et puis, tout comme sur les volets précédents, Flyday est majoritairement instrumental. Oh, pas autant que Wiederhören, on a ici 3 morceaux sur 8 avec du vrai chant. KRAAN n'a donc pas abandonné ses velléités artistiques, bien que sa nouvelle recette fasse moins sensation à première vue. Il y a quand même quelques moments où l'on sent la facilité chez le quatuor, comme avec l'instrumental "Ausflug", qui en plus d'être un peu longuet et répétitif, sonne un peu trop mielleux, notamment lors du refrain. Comme autre moment assez loin d'être jouissif, "You're Right" possède une rythmique curieuse et originale, mais sinon, l'exercice tourne très vite en rond, lui aussi.

Et puis parfois, KRAAN atteint un plus haut niveau, plus plaisant. L'ouverture "Far West" annonce de belles choses, et ne permet pas de voir en KRAAN un groupe faiblard qui aurait perdu la main niveau composition. De l'autre côté, le morceau-titre remplit son rôle de manière idéale, avec ce calme suivant la tempête que l'auditeur vient d'essuyer. Et entre les deux, outre "My Brother said", il y a "Young King's Song", au calme charmant – et qui aurait pu être encore meilleur avec un bon chant, mais bon.

En plus de ne céder que très peu de terrain à la pop mainstream de son temps, KRAAN parvient à maintenir une qualité honorable avec Flyday. C'était pourtant pas gagné vu la tendance générale frappant tant de groupes en 1978, ce qui sonne comme une bonne victoire. À écouter donc, et avec bienveillance malgré les nombreux défauts.

A lire aussi en ROCK par WALTERSMOKE :


KRAAN
Live 88 (1988)
Un retour qui fait très plaisir.




PULP
The Sisters (1994)
Un complément redoutablement bon


Marquez et partagez





 
   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Peter Wolbrandt (guitare, chant, cordes, percussions)
- Hellmut Hattler (basse, chant)
- Ingo Bischof (synthétiseur moog)
- Udo Dahmen (batterie)


1. Far West
2. My Brother Said
3. Ausflug
4. Gayu Gaya
5. You're Right
6. Young King's Song
7. Buy Buy
8. Flyday



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod