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FAIRPORT CONVENTION - Jewel In The Crown (1995)
Par MARCO STIVELL le 14 Novembre 2018          Consultée 100 fois

Si Jewel in the Crown est décrit par beaucoup comme le meilleur album de FAIRPORT CONVENTION depuis l'année 1973 environ, ce n'est pas pour rien. La pochette a quelque chose de saisissant avec sa carte ancienne représentant l'Empire britannique à son apogée. On pourrait même rêver d'un concept qui assemblerait toutes les pièces du disque, ce qui n'est pas tout à fait le cas en réalité, ou en tout cas, pas comme on l'attend !

D'un côté, on a des compositions, de l'autre, pas mal de reprises fidèles ou chansons écrites par d'autres artistes et destinées au groupe. Le disque a un esprit Gladys' Leap (1985), caractère décousu mais dix ans après, et de manière plus consistante, mieux réussie également. En prime, il y a un "gros" son inédit pour FAIRPORT CONVENTION, eu égard aux dernières productions, et qui témoigne du soin particulier apporté à Jewel in the Crown.

Surprise de taille d'ailleurs, une moitié de titres est produite et mixée par Gus Dudgeon, collaborateur parmi les plus importants d'Elton JOHN durant sa carrière ! Pas grand-chose à voir avec la maison FAIRPORT sinon qu'Elton est aussi un folkeux, étiquette dont il use dans l'écriture de ses ballades de façon régulière, parfois dans ses titres dynamiques. En tout cas, "Red Tide", "Closing Time", "Diamonds and Gold", "The Islands", "The Naked Highwayman" et "Jewel in the Crown" bénéficient de la présence de Dudgeon grâce à un éclat plus fort que les autres morceaux.

Pourtant, "Red Tide", reprise de Rob Beattie, avec ses claviers célestes, la voix de Simon Nicol qui prend un ton au moins autant soul que folk, les cocottes de guitare, le violon de Ric Sanders au son distordu dans le but d'imiter les effets d'une six-cordes électrique, est fort surprenante, mais à un degré agréable ! Il en va de même, juste avant, du slow "She's Like the Swallow", traditionnel arrangé par Maartin Allcock avec son piano digital, sa batterie jouée aux balais, où la voix de Nicol et la mélodie font le reste. Classe et courageux de la part d'un groupe qui se sort de sa zone de confort, comme on dit de nos jours.

La basse de Dave Pegg nous prend à la gorge sur "A Surfeit of Lampreys", composition d'Allcock, en adoptant une technique slap dont il n'est guère coutumier ! C'est un blues instrumental où FAIRPORT se lâche aux mandolines, dans des passages folk-jazz emplis de groove avant de revenir aux jigs habituelles, preuves d'une créativité toujours présente. Dans un autre style, l'effet glockenspiel rapide de "The Youngest Daughter" est une idée bien plaisante.

Les morceaux folk, ballades superbement chantées par Simon Nicol, s'enchaînent dans la première partie notamment. "Diamonds and Gold" laisse joliment flotter l'orgue derrière sa belle voix grave, alors que "The Naked Highwayman", sorte de biguine-folk, nous enchante par sa dose de soleil loin d'être malvenue de la part de FAIRPORT !

On reste surtout marqué par "The Islands", composition d'Allcock avec l'artiste Ralph McTELL, atmosphère brumeuse et peintures maritimes évoquées avec force réverbération, ainsi que par le morceau-titre qui introduit l'album, emprunté à la chanteuse Julie MATTHEWS et qui traite avec un certain parti-pris de l'ancien Empire et de ses "joyaux", les pays alors colonisés. Ah, ces grands accords ouverts, ces résonances de guitare électrique, cette batterie explosive de Dave Mattacks qui tonne en fins de phrases, ce duo basse/violon très prononcé, ce refrain glorieux en choeur. La patte Gus Dudgeon fait briller le groupe comme jamais !

Un mot d'ailleurs sur "Closing Time", reprise d'un morceau récent de monsieur Leonard COHEN, et déjà d'une qualité inestimable, malgré sa redondance. FAIRPORT accentue le côté festif, live at the pub/quadrille/piano honky-tonk/12 cordes électriques etc et s'il perd la beauté de ses choeurs féminins d'origine, il gagne le timbre magnifique de Nicol qui fait bien résonner les notes graves là où le grand COHEN préfère murmurer. Splendide, génial, d'une fraîcheur tout à fait réjouissante ! Comme ce disque passionnant, malgré quelques baisses de régime (vers "Travelling by Steam" et "Summer in December"), le dernier enregistré sous cet effectif.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Simon Nicol (chant, guitare acoustique, 12 cordes électrique)
- Dave Pegg (basses, guitare électrique, mandoline, choeurs)
- Dave Mattacks (batterie, percussions)
- Ric Sanders (violons)
- Maartin Allcock (guitares, claviers, accordéon, bouzar)


1. Jewel In The Crown
2. Slip Jigs And Reels
3. A Surfeit Of Lampreys
4. Kind Fortune
5. Diamonds And Gold
6. The Naked Highwayman
7. The Islands
8. The Youngest Daughter
9. London Danny
10. Summer In December
11. Travelling By Steam
12. She's Like The Swallow
13. Red Tide
14. Home Is Where The Heart Is
15. Closing Time



             



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