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FAIRPORT CONVENTION - Shuffle And Go (2020)
Par MARCO STIVELL le 9 Mars 2020          Consultée 659 fois

Après l'anniversaire des 50 ans, FAIRPORT CONVENTION attaque sa sixième décennie avec une distinction rare. C'est à croire que plus Simon Nicol, Dave Pegg & co gagnent en âge, plus ils rajeunissent... En tout cas, après les deux derniers efforts, Myths and Heroes et le millésimé 2017 qui contenaient suffisamment de qualités, c'est encore un retour plus que plaisant pour ce groupe anglais vétéran.

Shuffle and Go est produit en compagnie de John Gale, comme tout ce qui est sorti des studios Woodworm depuis Festival Bell (2011). Le titre est repris d'un morceau égayant qui prouve que FAIRPORT a raison de s'entêter dans l'apport d'éléments caribbéens dans leur folk et dans ce cas précis, leur tentative rock'n'roll (bonne basse bavarde !), afin de rendre le tout plus ensoleillé. On retrouve cette intention dans la country britannique, violons en avant, de l'excellent enchaînement "Good Time for a Fiddle and Bow/The Christmas Eve Reel" dédié à John Doherty, un fiddler du Donegal qui avait réussi à monter des crincrins en étain !

FAIRPORT propose certaines thématiques fortes, tout en nous faisant voyager. Le soleil plus dur au Kenya par exemple revient dans la mémoire de Simon Nicol qui semble à nouveau visiter le pays lorsqu'il reprend "Moses Waits", chanson de Rob BEATTIE (également auteur du "Red Tide" de l'album Jewel in the Crown, 25 années plus tôt). Chris Leslie joue du kalimba en plus de la harpe celtique, et la coda instrumentale, des percussions au chant en passant par la guitare électrique, prend un tour africain inattendu.

Sous des cieux plus gris, anglais, "A Thousand Bars", toujours de BEATTIE et interprétée par Nicol, rend hommage aux centaines de bars qui ferment chaque semaine. Image touchante comme la musique, ballade sucrée avec harmonica, choeurs soignés... De la part d'un groupe folk, c'est la base, mais on n'en est pas moins transportés ! En matière de densité, "Don't Reveal My Name" prend le contrepied de Myths and Heroes en introduisant le disque calmement. Ce blues lent et ample, cette basse lourde, ces résonances de guitare électrique, ce violon doux, ces percussions tribales qui ornent le chant clair de Leslie nous y convient avec magie.

Heureusement que Leslie et, dans une moindre mesure, Ric Sanders ont toujours leur lot de compositions, sinon ce serait un disque de reprises pur ! Et donc, puisqu'on parlait de rock'n'roll et de rajeunissement, la touche nostalgique globale ici nous fait regarder vers la fin des années 60, avec un Gerry Conway qui use régulièrement d'effets pop-twist ou même Motown.

De même, Simon Nicol, Dave Pegg et Chris Leslie peaufinent leurs harmonies vocales, certes à la mode traditionnelle britannique rurale ("Jolly Springtime", emprunté à l'Américain James TAYLOR), mais aussi à la manière des BEACH BOYS : formidable "The Year of Fifty Nine", où Leslie évoque l'apparition d'un OVNI près de sa ville natale de Banbury, comté d'Oxford en 1959, alors qu'il n'avait que 3 ans.

Sautant une décennie plus tard et toujours sous un chapiteau d'étoiles, Leslie compose et chante également "Moondust and Solitude", merveille folk planante, blues de Michael Collins obligé de rester seul dans la fusée sur la lune, en attendant le retour d'Armstrong et Aldrin. Frissons et beauté pure, où la production de Gale spatialise les voix, la basse aiguë sur le final.

On s'éloigne du FAIRPORT originel mais pas tant que cela. Il suffit d'écouter la reprise touchante de "Cider Rain", morceau limpide qui évoque, en plus d’une nostalgie 60’s, la west-coast, alors qu’elle vient non pas de Californie, mais de Nantes, France (co-écriture de James WOOD avec Luc Boisseau et Philippe Richalley du groupe ROSEMARY & THE BRAINLESS IDOLS). Superbe "Linseed Memories" où Dave Pegg chante sur fond d’harmonica et d’ambiance folk-jazz !

FAIRPORT CONVENTION, une fois de plus, gagne à se diversifier, tout en n’oubliant jamais de rester lui-même. Ainsi, la marche guerrière de "The Byfield Steeplchase", avec la voix de Nicol doublée pour l’occasion a-t-elle un goût de carte de visite. Pour finir, Sanders propose deux instrumentaux. "Steampunkery" est un bluegrass humoristique dont il a le secret, dédié à Colin Edmonds et sa série de nouvelles thriller steampunk Steam, Smoke & Mirrors. Un peu lourdaud par rapport au reste du disque mais très musical et donne envie de lire les livres !

En revanche, le magnifique et brumeux "Precious Time", malgré son rythme jazz smooth (Conway aux balais) évoque bien le vieux FAIRPORT, celui des jeunes années. Sur la courte partie sans batterie, il ne manque que la voix de Sandy Denny que tant d’années écoulées depuis ne peuvent faire oublier. Voilà pourquoi, après tout ce temps, Shuffle and Go reste un passage obligé.

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   MARCO STIVELL

 
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- Simon Nicol (chant, guitares)
- Dave Pegg (basses, ukulélé, choeurs)
- Chris Leslie (chant, mandoline, harpe celtique, harmonica, guita)
- Gerry Conway (batterie, percussions)
- Ric Sanders (violons, claviers)
- John Gale (percussions, claps)
- Stuart Jones (claps)


1. Don't Reveal My Name
2. Cider Rain
3. Good Time For A Fiddle And Bow/the Christmas Eve R
4. A Thousand Bars
5. Shuffle And Go
6. Moses Waits
7. Steampunkery
8. Linseed Memories
9. The Year Of Fifty Nine
10. The Byfield Steeplechase
11. Moondust And Solitude
12. Jolly Springtime
13. Precious Time



             



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