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Ed STARINK - Synthetiseur 8 (1992)
Par BAKER le 28 Janvier 2019          Consultée 261 fois

Ca sentait l'échec. Trois volets successifs décevants : on ne donnait plus cher de la collection Synthétiseur. Alors certes, la pochette est toujours magnifique, la présentation classe, mais le coeur n'y est plus. Surtout quand on regarde mollement la tracklist et qu'on trouve, en stratégique seconde position, je vous le donne en mille... "Aquarella". Muh ? Aquarella ? De... Non, tout de même pas la sirupeuse gluance clarinettiste signée Christian MORIN ? Ben si. Pourtant, je vous avais prévenu. Je l'avais écrit sur une chronique précédente. Ah vous n'aviez pas cru bibi ? Mais rien n'est jamais gratuit dans mes écrits, aucun détail ! (NDLR : Même quand tu as prétendu que Dick Rivers et Eddy Mitchell chantaient en duo dans un groupe appelé Les Canards Sauvages ?). Alors c'est bien repris, très bien même, avec tous les arrangements, mais c'est d'une viscosité, seigneur, on a l'impression de regarder Cherchez la Femme sur la Cinq. Cinq you la Cinq !

Evidemment ça ne prête pas au rêve. La surprise du reste de l'album n'en est que plus grande. Car les inattendues réussites vont se montrer très nombreuses sur ce volume 8 qui se rapproche pas mal du 3 dans le côté dynamique et fun. On débute déjà avec un sacré morceau : "Sentinel" de Mike OLDFIELD, à l'époque une récente nouveauté (SOS Pléonasme bonjour !) et pourtant très bien reproduite par Ed STARINK, pont asymétrique inclus. Quelques sonorités choquent, mais globalement c'est une belle reprise qui donne envie de réécouter l'album original : pari gagné !

On retrouve les derniers "grands tubes" de l'électro, majoritairement bien reproduits. Chez JARRE, "Oxygene 2" manquait, le voili le voilou, un peu trop digital mais très honnête. Débutant curieusement (on est d'accord, l'Orient Express n'est pas UN AVION ?!), "TGV Nantes-Bezons" est un autre gros tube de J-M.J où STARINK s'amuse : c'est un peu plus dynamique, et il rend un bel hommage à Roger Rizzitelli. Côté VANGELIS, c'est surprenant : à court de hits, il pioche dans JON & VANGELIS. "I'll Find my Way Home" se montre un excellent support pour karaoke (imitations de Jon bienvenues) et "Italian Song" en instrumental se montre carrément supérieure à l'originale, cucul mais ravissante.

KRAFTWERK n'est pas en reste avec "Trans-Europe Express" ma foi fort bien reproduite, et surtout "Tour de France" : ressortez Gérard Holtz de la glace carbonite, avec sa super basse slappée, les envolées de piano, tous les arrangements, la pêche, STARINK a deux minutes d'avance sur le peloton ! Il ne manque à l'appel que le flamboyant jeu de scène de Ralf Hütter et une bonne chute à l'arrière. A propos de STARINK, il nous refait le coup de glisser une de ses compos façon "il s'agit d'un grand thème", cette fois c'est une plage onirique, curieuse et envoûtante intitulée "Telocin" (qui à mon avis signifie Nicolet, eh oh, j'ai joué à Sram moi, on me la fait pas à l'envers !). Une mélodie franchement très évocatrice qui, hélas, se noie un peu, le titre stagnant.

Techniquement donc, pour l'instant ce volume 8 fait forte impression. On est revenu, sinon à l'excellence des 4 premiers volets, du moins à leur degré de soin et à leur cohérence artistique. Mais ce sont les surprises qui feront définitivement pencher la balance. Si "P Machinery" de PROPAGANDA n'est qu'à moitié réussi (quel riff emblématique !), "Voices" de l'excellent Wally BADAROU est excellemment repris, juste dynamisé ce qu'il faut. "Souvenir" d'O.M.D. est un cadeau délicieux : le mimétisme avec l'original est impressionnant, c'est réalisé avec tact, avec soin, et avec bon sens, près de chez vous. Et encore une fois, le manque de chant ne choque pas.

Plus inattendu, "I Robot" d'ALAN PARSONS PROJECT est lui aussi une reprise étonnante. Pédale wah wah, clavecin funk, tout y est, à un détail près : le décalage rythmique batterie / séquence, grande tradition chez PARSONS, est présent, mais... différent de l'original ! Et pourtant, c'est bel et bien décalé, ET ça marche aussi ! Belle preuve du génie de ce groupe. Encore plus incroyable : le sublime "Emmanuel" de Michel COLOMBIER. Vous ne connaissez pas ? Si je vous dis : Générique, Antenne 2, fin années 70, Folon ? Une putain de madeleine de Proust, pardon my French, très correctement reprise (synthétisée mais sans mauvais goût) et qui fera monter les larmes des plus nostalgiques d'entre vous. Pour résumer : à quelques petites exceptions, un bon paquet de titres aussi essentiels que bien repris.

Et puis, vous avez "Dune Desert Theme" de TOTO. Et c'est peut-être le pinacle de la série. Paumé anonymement au milieu du huitième volet, ce titre est peut-être encore légèrement supérieur à son original, déjà éblouissant. On retrouve tout : la batterie lourde de Jeff Porcaro, le piano expressif de David Paich, les sons cosmiques de Steve Porcaro... et la guitare magique de Steve LUKATHER, cette collection "Synthétiseur" n'étant décidément jamais meilleure que lorsqu'elle s'ouvre à d'autres instruments. La puissance de ce morceau, de cette version, est à vous en hérisser tous les poils. Cathartique.

Une reprise définitive, qui aurait dû clore ce disque, et cette série, histoire de finir sur un sommet. Car après, ça se gâte un peu : deux reprises de musiques de film, à savoir "Danse avec les loups" et "Et pour quelques dollars de plus", copieusement ratées. C'est trop synthétique, balourd, inexpressif. Où est le Mexique ? Où est le vent qui souffle dans les tipis ? Où est mon Epéda ? Dommage, d'autant que pour terminer définitivement le disque, on a en cadeau bonux... non... non mais non... "Song of Ocarina" !!! Ah, hein, je vous l'avais dit : rien de gratuit chez moi, jamais ! (NDLR : Même quand tu soutiens Mordicus que Roch Voisine a fait des choeurs chez Dimmu Borgir ?). Là aussi, c'est très bien fait, très respectueux, et... on a l'impression de regarder TF1. Sakavomi powa !

Dynamique, varié, parfois flamboyant, le volume 8 de Synthétiseur ressemble à un sursaut d'orgueil. En pleine possession de ses moyens, Ed STARINK se fait plaisir avant tout, et c'est uniquement ainsi que ledit plaisir arrive à glisser jusqu'à l'auditeur. Il y a certes de terrifiantes fautes de goût. Mais au final, elles sont minoritaires face à l'excellence de reprises pêchues, solides. Si l'aventure s'était arrêtée ici, elle aurait été belle et sans regrets. 1-3-8 : pour le prochain tiercé, jouez placé !

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- Ed Starink (claviers, prog, guitare, basse)


1. Tubular Bells 2 (mike Oldfield)
2. Aquarella (christian Morin)
3. Oxygene Part 2 (jean-michel Jarre)
4. Tour De France (kraftwerk)
5. Italian Song (vangelis)
6. Souvenir (orchestral Manoeuvres In The Dark)
7. Orient Express (jean-michel Jarre)
8. Emmanuel (michel Colombier)
9. I Robot (the Alan Parsons Project)
10. Voices (wally Badarou)
11. Telocin (ed Starink)
12. Trans-europe Express (kraftwerk)
13. P Machinery (propaganda)
14. Dune (desert Theme) (toto)
15. Danse Avec Les Loups (john Dunbar Theme) (john Bar
16. I'll Find My Way Home (vangelis)
17. Pour Quelques Dollars De Plus (l'adieu Au Colonel)
18. Song Of Ocarina (audin & Modena)



             



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