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KRAUTROCK  |  STUDIO

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FAUST - Faust Iv (1973)
Par JOVIAL le 13 Août 2010          Consultée 1923 fois

Quatrième album en à peine deux ans d'existence, FAUST ne semble jamais être à cours d'idées nouvelles. Ces dernières fourmillent, mieux encore elles fusent. Jusqu'à parfois partir dans tous les sens et donner naissance à des œuvres franchement inabordables, telles que ces Faust Tapes sorties en 1972. Collages sonores, expérimentations froides, tortures électroniques, études rythmiques : le quintette allemand a ainsi mis toute son énergie à la création d'une musique unique et visionnaire, révolutionnaire diront les premiers, terroriste diront les seconds. C'est alors que Faust IV, dernier disque du FAUST originel avant le split de 1975, pointe le bout de son sillon. Succès relatif à sa sortie – si tant est que l'on puisse utiliser le terme de « succès » pour un groupe tel que FAUST, (même si les signatures chez Polydor puis Virgin aideront bien) – il s'impose rapidement comme un album à part dans la discographie de ces pionniers de la musique contemporaine. En cause, des structures souvent plus conventionnelles, se rapprochant par endroits des canons de la musique populaire, pop ou folk en tête.

En est-il pour autant moins intéressant ? Aucunement, évidemment. Nous sommes chez FAUST. Qui n'a à ce propos toujours rien perdu de son génie créatif. Parler de « structures plus conventionnelles » est d'ailleurs un bien mauvais hommage que l'on puisse rendre à cet album, puisque comme l'indique sa pochette, faite de lignes de partition absolument vides de notes, Faust IV est uniquement composé d'improvisations ! Impensable lorsque l'on écoute la plupart des morceaux, qui tous feraient presque passer les jams/impros d'Amon Düül II sur Yeti pour de gentilles soirées au coin du feu. Sur « The Sad Skinhead », reggae corrosif et déglingué et l'inquiétante « Jennifer », pop atmosphérique grise et maladive, on en viendrait presque à douter de ce statut d'improvisations … comment cinq esprits humains sont-ils capables de produire instantanément de telles merveilles ? La production a bien fait son sinistre boulot d'épluchage des chutes inutiles bien sûr, mais Faust IV et ses géniteurs susciteront toujours autant l'admiration quand bien même.

À l'instar de ces prédécesseurs, ce quatrième album déroutera à chaque instant son auditeur. Le folk de l'hypnotique « Läuft...Heißt das es läuft oder es kommt bald...Läuft » s'achèvera ainsi sur des nappes de claviers douces, royales et apaisantes, quand de son côté la fausse ballade acoustique d' « It's a Bit of a Pain » se verra trouée d'obus grésillants au plus mauvais moment, en l'occurrence durant son refrain. Exemple encore plus éloquent, « Giggy Smile qui passe simultanément d'un rock déluré à un solo de saxophone plus posée, pour remettre le couvert et s'achever dans l’épilepsie la plus totale au cours d'un final complètement barge. Mais encore une fois, on est bien loin d'être arrivé au pire (disons au meilleur finalement) : avec « Just a Second (Starts Like That)/Picnic on a Frozen River/Deuxième Tableux », merci pour le titre à rallonge, medley rappelant nettement plus les travaux antérieurs des Allemands, FAUST expérimente de nouveau la musique électronique, au gré d'une progression étonnante où le paysage glaciale de cette « rivière gelée » se meut peu à peu en un trip halluciné et terrifiant, alors que des abeilles mécaniques viennent sans vergogne nous butiner le cerveau - désolé pour la comparaison, m'enfin écoutez vous-même on sera sûrement d'accord … Bref je m'égare et j'en oublie l'essentiel ou presque. Car parler de Faust IV sans aborder le cas de son morceau d'ouverture est une gageure. « Krautrock », dont le titre prouve que les membres de FAUST ont bien été les seuls à ne pas s'offusquer de l'étiquette que les Anglais leur auront collé, est en effet le mur porteur de tout l'album. Expérimentation drone avec son unique mélodie répétée en boucle durant près de onze minutes, rappelant parfois les terrains de chasse de Klaus Schulze ou Tangerine Dream à la même époque, elle se démarque justement de ces derniers par ses collages bruts, ses guitares en souffrance et son blizzard de claviers qui font d'elle une pièce de musique électronique étonnante et unique, qui paradoxalement jamais ne rebute ni n'ennuie.

On aurait donc pu croire que FAUST s'était dans un premier temps fixé certaines limites en s'essayant à des compositions, pardon, des improvisations plus accessibles que sur ses trois premières œuvres. On peut s'imaginer que oui, peut-être, Virgin a voulu un Faust IV moins rude que les Faust Tapes, ce qui est vrai ici, mais on ne peut s'empêcher de penser que ces limites ont été reportées autre part, laissant les musiciens s'amuser sur d'autres styles, et en définitive nous proposer un quatrième album certes plus facile que les autres mais non moins génial, bien au contraire !

Note : 4,5/5 : la porte d'entrée idéale pour les novices de FAUST, n'hésitez pas !

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- Hans Joachim Irmler (claviers)
- Werner 'zappi' Diermaier (batterie)
- Jean-hervé Péron (basse)
- Rudolf Sosna (guitare, claviers)
- Gunter Wüsthoff (claviers, saxophone)


1. Krautrock
2. The Sad Skinhead
3. Jennifer
4. Just A Second (starts Like That!)
5. Picnic On A Frozen River/deuxieme Tableux
6. Giggy Smile
7. Läuft...heißt Das Es Läuft Oder Es Kommt Bald...lä
8. It's A Bit Of A Pain



             



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