Recherche avancée       Liste groupes



      
INDUS  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Guru Guru, Neu!
- Style + Membre : Faust Vs Dälek

FAUST - You Know Faust (1996)
Par WALTERSMOKE le 25 Mars 2015          Consultée 668 fois

De nos jours, quand un groupe se reforme, il parvient à sortir un album, puis, sous prétexte d'une inspiration (très souvent à raison) tarie et de tournées pour faire plaisir aux vieux fans, hé bien le groupe met un temps fou à sortir un nouvel opus. C'est gênant, et relativise la joie de retrouver de bons vieux « amis ». FAUST n'est pas ce genre de groupe. Non, loin de là. Si la machine réactivée en 1990 a mis du temps à se remettre en branle, elle a ensuite fumé comme c'est pas permis, tel un bon vieux diesel. La seconde moitié des années 90 a ainsi vu fleurir pas moins de 4 albums (voire 5, cf. les chroniques de Faust Wakes Nosferatu) plus des rééditions de compiles et d'autres inédites. Pas mal pour des petits vieux sur le retour.

Deux ans après un Rien très riche, FAUST revient à la charge avec You Know FaUSt en guise de boulet de canon. Le trio Péron/Irmler/Diermaier, suivi ici par le guitariste Thomas E. Martin, délivre tout simplement un album à la hauteur de ce qu'il sait faire de mieux. D'une part, si les morceaux sont pour la plupart nombreux et relativement courts (à l'exception très notable de "Na Sowas"), il ne s'agit pas de démos enregistrées à l'arrache comme les Faust Tapes. FAUST maitrise l'usage des palettes sonores qui lui sont proposées, et en tire des morceaux tout bonnement excellents. "Liebeswehen", par exemple, est un morceau qui installe une ambiance forte et émotive avec des nappes de claviers et des murs de guitares (on croirait que je parle de shoegaze) qui font mouche. "Hurricane" est également un excellent cru, avec une rythmique indus qui n'est pas la plus puissante du genre, certes, mais qui captive. D'ailleurs, son arrêt brutal en plein milieu laisse croire à un nouveau coup à la Rien, mais Faust se rebiffe à la seconde près.

Comme autre morceau remarquable de You Know FaUSt, "Na Sowas" sera de loin le plus marquant. Pendant la grosse majorité des 15 minutes qui le constituent, ce tour de force n'est qu'un monstre noise terrifiant, qui démolira les oreilles à coup sûr. Et puis, on remarquera bien vite à son écoute une similitude presque troublante avec Einstürzende Neubauten dans ses moments les plus extrêmes – et ce n'est pas le « chant » ressemblant à celui de Blixa Bargeld qui fera changer d'avis. Et comme si ça ne suffisait pas, "Na Sowas" se termine sur un passage calme, avec Jean-Hervé Péron déclamant des trucs. Bref, à deux-trois éléments près, "Na Sowas", c'est le "Headcleaner" du Neubauten. En parlant de fin, "Teutonentango" (à vos souhaits) met un point final à l'album avec brio, pendant 7 minutes à la fois bruitistes, progressives et psychédéliques. Chapeau

You Know FaUSt n'est pas dénué de défauts pour autant. Si un francophone pourra apprécier à première vue d'entendre sa langue natale, le risque de déchantement est assez important, du fait que Péron raconte des trucs délirants par endroits, qui pourront donner l'impression de desservir le propos. De plus, parmi les nombreux morceaux très courts, si certains sont inutiles ("Huttenfreak", "Irons"...), d'autres développent des choses intéressantes à écouter mais coupées en plein vol ("Der Pfad"). Bon, au vu des bons morceaux présents à côté, cela pourrait passer pour du chipotage, mais quand même...

Inutile de tergiverser plus longtemps : You Know FaUSt est un très bon album. Alors qu'on aurait pu s'attendre à de vieux papys exploitant et tarissant leur talent, FAUST montre au contraire une forme éclatante, ainsi qu'une musique en phase avec son temps. Rien montrait déjà un comeback non raté (wouah), et son successeur confirme que suivre FAUST dans les années 90, c'est s'assurer de prendre son pied. Dommage que cela ne durera pas longtemps.

A lire aussi en INDUS par WALTERSMOKE :


DIE KRUPPS
Stahlwerkrequiem (2016)
Le retour de la symphonie de métal




FAUST
Fresh Air (2017)
Le jour de jouir est arrivé


Marquez et partagez





 
   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Jean-hervé Péron (basse, voix)
- Hans-joachim Irmler (orgue, électronique)
- Werner 'zappi' Diermaier (batterie)
- Thomas E. Martin (guitare)


1. Hurricane
2. Tenne Laufen
3. C Pluus
4. Irons
5. Cendre
6. Sixty Sixty
7. Winds
8. Liebenswehen
9. Elektron
10. Ella
11. Men From The Moon
12. Der Pfad
13. Noizes From Pythagoras
14. Na Sowas
15. L'oiseau
16. Huttenfreak
17. Teutonentango



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod