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FAUST - Rien (1994)
Par WALTERSMOKE le 9 Mars 2015          Consultée 1489 fois

Après avoir donné le meilleur de lui-même en 1973 avec son quatrième album, quoi de mieux pour FAUST que de... fermer boutique ? C'est pourtant ce qui arrive, la faute à pas de thunes et Virgin qui les lâche. Les cinq lurrons krautrockers se dispersent alors dans la nature, et on ne sait pas vraiment qui fait quoi pendant un bon bout de temps. Pendant ce temps, l'Histoire s'occupe de faire de FAUST un groupe culte, ne serait-ce que dans certains cercles post-punk/underground, et lui donne la possibilité d'influencer durablement bien des artistes et des genres. Oui mais voilà, en 1990, un événement particulier se produit : FAUST se reforme ! Jean-Hervé Péron, Hans-Joachim Irmler et Zappi Diermaier réactivent le monstre, avec cependant la notable absence de Günther Wüsthoff et Rudolf Sosna. Le trio, aidé par divers musiciens dont certains de SONIC YOUTH, se met à tourner, y compris aux États-Unis, et sort en 1994 son premier album depuis IV, j'ai nommé Rien.

Drôle de nom pour le cinquième album de FAUST. Il convient parfaitement, d'un autre côté, à qualifier la deuxième moitié du morceau-titre, qui se résume à du silence. Rien. Fallait le faire, FAUST l'a fait. Certes, on n'est pas au même niveau que le légendaire "4'33" de John CAGE, mais pas loin tout de même. FAUST reste cohérent tout de même, et propose du bruit sur tout le reste de l'album. Ou pour être plus précis, de l'indus : si FAUST est une référence du krautrock, il a également posé certains jalons du genre lors de son âge d'or, et s'y plonge deux décennies plus tard. La première moitié de "Rien" en témoigne : percus à gogo et ambiance d'usine désaffectée sont de rigueur. Le pavé "Listen to the Fish" associe pour sa part les univers indus et krautrock dans une transe musicale d'un quart d'heure, dont on ressort tout de même un peu groggy. Les enjeux restent les mêmes pour FAUST, seule change la formule qui se modernise et explore d'intéressantes contrées.

FAUST parvient ainsi à se diversifier, comme en témoigne "Eroberung der Stille, teil II". Il est facile d'y ressentir une tension extrême, typique d'une situation de guerre, comme l'indiquent les arrangements de cordes qui sonnent cependant comme du larmoyant hollywoodien. "Eroberung der Stille, teil I", plus convaincant, joue sur le minimalisme indus finement bruyant. FAUST expose également une maîtrise quasi-cinématographique de sa musique avec "Long Distance Calls in the Desert", aussi vivant que froid.

Pour un album intitulé Rien, il faut dire que la cinquième livraison de FAUST a des choses à dire. Le hiatus du groupe n'a pas entamé sa créativité qui s'exprime de manière toujours aussi pertinente. Rien reste tout de même une oeuvre qu'il convient de ne pas aborder de manière abrupte tant elle est difficile d'accès, mais le jeu en vaut la chandelle.

Note réelle : 3,5/5

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- Werner 'zappi' Diermaier (batterie)
- Jean-hervé Péron (basse, voix)
- Hans-joachim Irmler (orgue)
- Keiji Hano (guitare)
- Steven Wray Lobdell (guitare)
- Michael Morlay (guitare)
- Ferrara Brain Pan (flute turque)
- Erling Wold (des trucs)


1. Rien
2. Long Distance Calls In The Desert
3. Eroberung Der Stille, Teil Ii
4. Listen To The Fish
5. Eroberung Der Stille, Teil I
6. Fin



             



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