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STEELEYE SPAN - Parcel Of Rogues (1973)
Par MARCO STIVELL le 18 Novembre 2012          Consultée 1061 fois

Les années avancent et STEELEYE SPAN justifie toujours un peu plus son statut de leader du folk-rock britannique durant les seventies. Parcel of Rogues voit le groupe orienter son inspiration vers les contrées écossaises pour la première fois sur tout un album. En fait, il a tenu à donner une représentation théâtrale du Enlevé ! de Robert Louis Stevenson à Edimbourgh, et en la montant avec le mouvement jacobite écossais pour toile de fond, il a pu acquérir de grandes connaissances en matière de poésie écossaise du XVIIIème siècle. Elle est donc devenue la trame de ce Parcel of Rogues, qui emprunte son titre aux paroles de la chanson «Rogues in a Nation» de Robert Burns écrite à cette époque.

Ce disque se situe dans la continuité des précédents pour ce qui est de reprendre des traditionnels en jouant sur l'ambivalence folk et rock tout en mettant en valeur la première, sans batterie donc... ou presque, on y reviendra. Il commence par «One Misty Moisty Morning» où en dehors de la chanson normale superbement interprétée par Maddy Prior, on retrouve ce goût pour les cordes assénées ainsi qu'un remarquable arrangement de Bob Johnson à la wah-wah. Dans le même style, «Alison Gross», son ambiance pesante et mystérieuse nous ravissent d'abord pour le contrepoint vocal masculin/féminin, et ensuite pour ces violons et guitares jouées de manière alarmante, ces dernières se faisant carrément dévastatrices sur le final. C'est l'une des rares chansons à l'esprit fantastique de ce disque, racontant comment une sorcière laide tente de punir un homme qui n'a pas voulu être son amoureux.

En réalité beaucoup de chansons mentionnent la vie politique et sociale de l'Ecosse du XVIIIème siècle. «The Weaver and the Factory Maid» sur les débuts de l'industrialisation (le vieux qui la dénonce alors que le jeune apprécie le fait de trouver à l'usine des femmes à aborder) est introduite de manière lancinante en rythme ternaire par Prior et Knight, avant d'être développée en chanson binaire où le violon joue de manière répétitive et contenant un thème mélodique royal, pour se terminer en polyphonie a-cappella où la chanteuse officie seule ! La chanson de Robert Burns, «Rogues in a Nation» dénonçant l'acte d'Union de 1707 qui a uni l'Ecosse à l'Angleterre, est interprétée de la même manière mais par tout le groupe, et avec seulement une percussion en mode noire pointée-croche-blanche (pour les solfégistes) qui donne une ambiance très noire, comme une condamnation (pour les autres !). Il y a encore le très fameux «Cam Ye O'er Frae France» écrit pendant la révolution jacobite, que Maddy Prior chante de manière cynique avec l'accent écossais, tout en étant accompagnée par une caisse claire et des mandolines militaires ornées par une nappe d'orgue, et bien sûr les guitares cinglantes de rigueur. Textuellement, la chanson a néanmoins connu le même dessin que l'oeuvre de William Shakespeare : le sens était courant à l'époque (le roi George Ier et ses maîtresses) mais aujourd'hui, il peut facilement échapper à l'auditeur.

STEELEYE SPAN se fait de plus en plus amateur de contrastes et il le prouve en faisant se suivre le très traditionnel et amusant «The Ups and Downs» chanté en polyphonie, et «Robbery With Violins». Instrumental, ce morceau de même pas deux minutes a de quoi surprendre avec ses guitares lourdes, sa basse funky et ses violons modifiés, mais c'est un interlude bien senti et trouvé. A noter qu'une version plus fidèle à la tradition sera employée dans le film Titanic de James Cameron de nombreuses années plus tard. «The Bold Poachers», seule chanson du disque interprétée par Tim Hart en lead, présente une ritournelle acoustique embellie par les choeurs de Prior et des guitares évanescentes qui jouent ensuite en slide et avec un arpège différent. Splendide, tout comme «Hares on the Mountain», valse lente chantée par Bob Johnson qui, avec ses mandolines et flûtes à bec doublées ainsi que sa nappe d'harmonium, est l'une des réalisations du groupe de l'époque qui contient le plus d'overdubs. Comment enfin ne pas citer «The Wee Wee Man», chanson fun sur un tout petit homme, soutenue par la rythmique de Rick Kemp (le fameux responsable de la batterie sur le disque, eu égard de son passé de pur rockeur) et qui fait office de véritable tube potentiel pour cet album...

De toute évidence, ce disque qui aura obtenu le meilleur succès dans la carrière de STEELEYE SPAN jusqu'alors (il a atteint le Top 30 des charts anglais) est tout comme son prédécesseur un sacré chef-d'oeuvre, amorçant une sorte de transition avec une future inspiration plus rock.

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   MARCO STIVELL

 
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- Maddy Prior (chant)
- Tim Hart (chant, guitares, dulcimer)
- Bob Johnson (chant, guitares lead)
- Rick Kemp (basse, batterie)
- Peter Knight (violon, alto, mandoline, piano, harmonium, flûte à)


1. One Misty Moisty Morning
2. Alison Gross
3. The Bold Poachers
4. The Ups And Downs
5. Robbery With Violins
6. The Wee Wee Man
7. The Weaver And The Factory Maid
8. Rogues In A Nation
9. Cam Ye O'er Frae France
10. Hares On The Mountain



             



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