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STEELEYE SPAN - Commoners Crown (1975)
Par MARCO STIVELL le 21 Février 2013          Consultée 1195 fois

Commoners Crown est le septième album de STEELYE SPAN, et le second avec son line-up le plus célèbre. Il doit son nom à une sculpture des Shirtsleeves Studios qui représente une couronne formée par des centaines de minuscules visages humains. On peut les retrouver dans le livret du disque, quoi qu'il en soit on sait que ce nouveau disque sera marqué par le sceau british une fois de plus !

Produit par Robin Black (qui a travaillé avec Jethro Tull, Black Sabbath et tant d'autres) et le groupe lui-même, Commoners Crown est, à l'instar de son prédécesseur, toujours bien ancré dans la période des classiques de STEELEYE SPAN, tout en restant également quelque peu mensonger. Les six membres nous proposent une formule qui s'éloigne de leurs débuts typiquement folk pour incorporer plus d'éléments rock, avec l'appui solide de Nigel Pegrum, Rick Kemp et Bob Johnson. Ce disque est l'un des préférés des fans, en réalité il aurait pu figurer comme un nouveau chef-d'oeuvre, mais il n'arrive qu'à être un très bon disque. C'est déjà beaucoup certes, mais l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'il aurait pu être meilleur encore, solidifié par une réalisation plus travaillée. Non pas qu'il ait été fait à la va-vite, mais le groupe semble perdre petit à petit de l'audace qui le caractérisait sur les grands Below the Salt et Parcel of Rogues. Ce qui nous donne notamment une seconde partie d'album plus modeste.

«Galtee Farmer» repose sur une rythmique ternaire à la mandoline, Maddy Prior y chante très bien comme à son habitude, mais l'on remarquera que malgré un superbe travail sur le dulcimer et la guitare grinçante en fond sonore, l'arrangement ne progresse pas et forme un ensemble plus lisse, ce qui ne veut pas dire ennuyeux. Même chose pour «Weary Cutters», une complainte hivernale chantée en polyphonie par Maddy seule, servant d'introduction à la curiosité de l'album et qui a toujours de quoi faire réagir : «New York Girls». Le groupe a, à sa propre surprise, réussi à faire venir l'acteur et joueur de ukulélé Peter Sellers pour l'une des très rares partitions de ce dernier à un album de rock durant sa carrière. La chanson ne l'est pas cependant, rock, STEELEYE SPAN a donné à cette sucrerie un côté très hawaïen et fun, où chaque homme parmi les membres (sauf Nigel Pegrum) chante un couplet obligatoirement intercalé par les refrains de Maddy qui se transforme en jeune vahinée. C'est frais, amusant et bien sûr toujours ancré dans la volonté du groupe de produire quelque chose de décalé.

Le reste de l'album est cependant plus à l'avenant. Certains morceaux bien que n'étant pas d'une durée conséquente demanderont un peu de temps avant de révéler leur potentiel. Je pense à «Dogs and Ferrets» dont le début est très métallique avec le dulcimer et les cordes frappées, pour être prolongé par une polyphonique réjouissante ainsi qu'un bon final sur une rythmique impaire. «Elf Call» aussi, pourra par bien des aspects nous faire revenir au temps où Martin Carthy était présent, avant que la batterie ne rentre et que la chanson ne révèle un joli travail sur les voix en questions-réponses. Notons encore la partie instrumentale finale où la guitare se fait troublante. Dans la deuxième partie, le morceau le plus généralement apprécié reste «Demon Lover», cette complainte en slow au refrain plus rapide et très inspirée, tandis que l'arrangement nécessite de l'autoharpe, une batterie lourde et un magnifique final où planent la flûte et le hautbois. Le texte est traité avec une certaine douceur, quand on sait qu'il s'agit en réalité du Diable allant rendre visite à l'une de ses anciennes partenaires et qu'il trouve avec un mari et un enfant...

Le début de Commoner's Crown reste néanmoins la partie la plus réussie. «Little Sir Hugh» est à l'origine une chanson antisémite (ce saint anglais ayant été tué par les Juifs), mais le groupe en a enlevé tous les éléments douteux à ce sujet. Cette chanson entraînante emploie à merveille tous les éléments qui font la réussite du groupe dans sa période classique. «Bach Goes to Limerick» est, comme son nom l'indique, une tentative de faire sonner la musique du créateur du Clavier Bien Tempéré à la manière irlandaise (c'est la seule composition -collective- du disque). Sacrilège diront certains, et pourtant l'arrangement de violons très typé Hymne à la Joie en plus décadent, le début à l'orgue et au hautbois ainsi que la jig baroque ont de quoi en convaincre plus d'un comme quoi ces styles ne sont pas si éloignés (ce serait insulter Turlough O'Carolan). Le premier trésor du disque s'appelle «Long Lankin». C'est la chanson la plus longue du groupe, avoisinant les neuf minutes, et tout aussi sordide que «Demon Lover» (un homme tue une femme et un enfant). Il s'agit d'une complainte mélancolique chantée par Maddy, magnifiquement entrecoupée par une slip jig en mode majeur interprétée avec force par le choeur d'hommes et particulièrement Bob Johnson en lead. Amazing !

Le groupe s'est donc assagi, mais sait toujours nous proposer des pépites de ce genre, ce qui sera un peu moins évident avec l'album suivant.

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   MARCO STIVELL

 
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- Maddy Prior (chant)
- Tim Hart (chant, guitares, dulcimer)
- Bob Johnson (guitares lead)
- Rick Kemp (basse, batterie)
- Peter Knight (violon)
- Nigel Pegrum (batterie, hautbois, flûte traversière)
- + Peter Sellers (ukulélé, voix)


1. Little Sir Hugh
2. Bach Goes To Limerick
3. Long Lankin
4. Dogs And Ferrets
5. Galtee Farmer
6. Demon Lover
7. Elf Call
8. Weary Cutters
9. New York Girls



             



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