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FAIRPORT CONVENTION - Rising For The Moon (1975)
Par MARCO STIVELL le 9 Janvier 2013          Consultée 1184 fois

Rising for the Moon, ou le climax des aventures de Fotheringay Convention. Ce sobriquet que s'attire le FAIRPORT ne trouve jamais autant de sens qu'en cette année 1975 où Sandy Denny rejoint le groupe. Mariée au guitariste Trevor Lucas, elle les a accompagnés durant leur tournée 1974 et les rejoignait parfois sur scène. L'idée de refaire un album ensemble était donc alléchante. Mais pour le coup, la tendance se trouve renversée car les deux Dave restent les seuls gardiens du temple, Dave Mattacks le quittant à cause de son désaccord avec le producteur Glyn Johns. Ils ne sont plus que deux face aux trois ex-Fotheringay et doivent trouver un batteur pour achever les sessions du nouvel album, pas encore en tant que membre officiel. Johns propose Bruce Rowland, musicien qui a en grande partie accompagné Joe Cocker, on peut le voir entre autres sur la prestation à Woodstock.

Avec ce dixième disque, FAIRPORT CONVENTION était convaincu de renouer avec les charts comme au temps de Liege & Lief. La douche n'en sera que plus froide, Rising for the Moon se faisant timidement une place à la 52ème place des charts anglais pendant une petite semaine. Comme c'est triste, surtout sachant combien le groupe misait là-dessus. Il avait même orné le projet d'une pochette nettement plus stylée que ce que les précédentes ont pu offrir (Nine en particulier !)...

Mais en fait, cela aurait encore plus râlant si l'ensemble du disque avait eu le potentiel pour réellement figurer parmi les indispensables de 1975, or ce n'est une nouvelle fois pas le cas. Certaines compositions sont plus marquantes, mais ce n'est dû qu'au retour de Sandy Denny qui signe au moins cinq des onze compositions à elle seule. «Rising for the Moon» (la chanson) par exemple avait tout d'un bon tube porteur, avec une mélodie folk puissante, une ambiance ballade accélérée où le violon de Swarbrick et la guitare de Donahue se fondent en reel. Mais ce sera le seul titre de ce calibre, au point d'être trompeur. Denny apporte ensuite deux ballades courtes, «What Is True» où elle joue du piano Wurlitzer et «Stranger to Himself». Sur cette dernière, le dulcimer, les guitares, les percussions tribales et militaires ainsi que le pédalier basse installent une ambiance très prenante, proche des hymnes passés du groupe. Néanmoins on a toujours l'impression qu'il manque un petit quelque chose, le final de «Stranger to Himself» paraît incomplet. En outre, la voix de Sandy n'a plus la brillance d'avant, elle semble parfois plus rauque et on y note quelques difficultés pour lier les notes avec la délicatesse qu'on lui connaissait. Mais enfin ces chansons restent plutôt honorables. C'est déjà moins le cas pour «After Halloween», une autre ballade mais sans flamme aucune. Et en revanche, on la retrouve sur le véritable sommet de l'album, l'extraordinaire «One More Chance», long de huit minutes. La voix récupère son éclat et il y a une longue partie instrumentale où la guitare et le violon s'expriment avec brio. Tout cela fait de cette chanson un bijou inespéré, comme les quatre ou cinq autres de l'album.

En fait ce disque est plein de bonnes idées, mais il leur manque un traitement qui les rendrait plus passionnantes. Cela ne concerne bien sûr pas le début du disque où l'on rencontre la ballade «Restless» de Trevor Lucas, assez inspirée avec ses choeurs, sa mandoline et son envolée de violon, de même que «White Dress», composition de Swarbrick offerte à Denny et qui possède un savoureux arrangement d'autoharpe, de guitare «aquatique», de violon en nappes et de grelots, sans oublier ce cher Dave Pegg à qui l'on donne pour une fois l'occasion de se mettre bien en avant. Mais par contre, «Night-Time Girl» n'a d'enthousiasmant que ses choeurs sur le refrain. Swarbrick et Pegg se débrouillent un peu mieux avec «Let It Go» où le second se révèle particulièrement inspiré à la basse, mais là encore le final semble avoir été réalisé à la va-vite. Lucas propose encore un blues-rock sympathique avec «Iron Lion» bien qu'il soit chanté sans grande conviction. L'effet nerveux de Donahue y est appréciable, tout comme celui de la présence de la guitare classique sur «Dawn». Cette dernière est encore une chanson en demi-teinte, révélant une jolie ambiance feutrée sur les couplets mais qui retombe sensiblement pour les refrains.

Vous aurez remarqué que je n'ai parlé d'aucun élément traditionnel pour le coup. Le groupe voulait sans doute profiter au maximum de la présence de Sandy Denny, qui se révèlera effectivement éphémère. Après ce disque, elle (qui mourra trois ans plus tard d'une chute dans les escaliers), son mari Trevor Lucas ainsi que Jerry Donahue déclareront forfait. On aurait pu espérer que cet album bon mais encore fragile puisse remettre le groupe sur les rails du succès financier mais aussi et surtout artistique, hélas à ce sujet la douche se révèlera bien froide... pour nous cette fois-ci.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sandy Denny (chant, pianos)
- Trevor Lucas (chant, guitare acoustique)
- Dave Swarbrick (chant, violon, mandoline, dulcimer)
- Jerry Donahue (guitares lead)
- Dave Pegg (basse, mandoline, choeurs)
- Dave Mattacks (batterie)
- Bruce Rowland (batterie)


1. Rising For The Moon
2. Restless
3. White Dress
4. Let It Go
5. Stranger To Himself
6. What Is True ?
7. Iron Lion
8. Dawn
9. After Halloween
10. Night-time Girl
11. One More Chance



             



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