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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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John WILLIAMS - Star Wars : Episode V - L'empire Contre-attaque (1980)
Par RED ONE le 16 Janvier 2015          Consultée 1485 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Quel âge aviez vous en 1980 ? Pour ma part, je n'étais pas né. Comme beaucoup de retardataires de la deuxième génération des fans de la saga galactique de George Lucas, j'ai donc découvert STAR WARS dans les années 1990, à une époque où la franchise américaine produisait probablement ses meilleurs produits dérivés. Si comme moi vous avez épuisé votre vieux PC en dézinguant du chasseur TIE sur Rebel Assault II, ou en tuant du stormtrooper sur Dark Forces, vous savez de quoi je parle.
Le premier film de 1977 ayant été un succès inespéré, George Lucas et son gang savent qu'il doivent frapper encore plus fort pour pérenniser la franchise. Concernant le scénario, aucun problème : après un premier épisode héroïque et chevaleresque à souhait, terminant sur un happy end à la limite du risible (aaah cette scène gênante de la remise de médailles), maître Lucas décide d'orienter son récit vers quelque chose de plus sombre et de beaucoup plus pessimiste, à l'atmosphère quasiment gothique. De fait, dans L'Empire Contre-Attaque, tout s'écroule pour nos héros : le Faucon Millenium tombe en morceaux, Han Solo est congelé vivant, Luke Skywalker est défiguré dès les premières minutes du film et son X-Wing s'enfonce pitoyablement dans la vase de Dagobah.

Cinématographiquement, il y a beaucoup à dire sur le génie de ce film que George Lucas a eu l'intelligence de ne pas diriger lui-même et de confier à un réalisateur confirmé, à savoir son vieux maître Irvin Kershner. Un acte qui a probablement sauvé l'avenir de la franchise à lui tout seul, puisque L'Empire Contre-Attaque demeure à ce jour l'opus de la série le plus apprécié par les cinéphiles, de par sa narration complexe et brillante, son scénario impitoyablement tragique et ses effets spéciaux réellement virtuoses.
Mais L'Empire Contre-Attaque, c'est aussi une bande originale, rentrée comme celle du film précédent dans la mémoire collective de l'Humanité.
De nombreux thèmes du premier film sont assez largement réutilisés ici, évidemment, notamment ceux relatifs aux personnages principaux. On ne sera donc pas étonné de retrouver les partitions relatives à Luke et à Leia à plusieurs reprises au détour d'un passage. Mais L'Empire Contre-Attaque porte bien son nom : de fait, la musique de ce second opus est ténébreuse, obscure, et radicalement lourde. Les violons se font oppressants, les cuivres se font durs et sévères, les bois se font angoissants... Les percussions sont plus martiales que jamais, et installent une atmosphère aussi glaciale que la planète Hoth toute entière.

John WILLIAMS continue d'emprunter massivement à Sergueï PROKOFIEV ses meilleures recettes. Lorsque les Airspeeders de l'Alliance se lancent à l'assaut des TB-TT de l'Empire, on jurerai presque apercevoir Nikolai Cherkasov en train de harranguer ses moujiks dans le célèbre "Alexandre Nevski" d'Eisenstein.
Même lorsque nos héros semblent s'en sortir, la partition de maître WILLIAMS est là pour nous remettre les pendules à l'heure : "Han Solo And The Princess", premier thème d'amour de la saga, est un exemple typique de ce cas. Pendant que le cynique contrebandier corellien roucoule avec la princesse d'Alderaan, le sinistre thème de l'Empire nous rappelle que c'est bel et bien un Seigneur Noir des Sith qui s'apprête à leur tendre un piège terrible sur Bespin. On entendrait presque Boba Fett ricaner en coulisses...
Puisqu'on vient d'évoquer l'Empire, parlons en : "The Imperial March", également connu sous le nom "Darth Vader's Theme", est probablement l'extrait de cette B.O. le plus connu du grand public. On ne peut que se laisser porter par ce thème extrêmement dictatorial, qui dépeint à merveille l'absolutisme grandiloquent du pouvoir militariste des Sith. Il ne manque plus que le rugissement spatial des TIE Fighters pour que l'envoûtement musical soit total.
Le Côté Obscur de la Force est également à son plus haut niveau sur "The Battle In The Snow" et sur "City In The Clouds". L'espoir est pourtant là, les Rebelles se défendent comme ils le peuvent, que cela soit par la force de leurs blasters ou par celle de leur amour naissant, mais rien n'y fait, l'Empire a momentanément gagné la partie. Le thème impérial, véritable leit motiv de la partition, est répété à l'envie à plusieurs moments clés du film ("The Asteroid Field", "The Duel", "Hyperspace"...) et atteint son apogée lorsque Dark Vador révèle sa véritable identité à Luke. Un moment mythique du cinéma, superbement souligné par l'oeuvre de John Williams. Abandonne toi au Côté Obscur, petit Jedi, il n'y a plus aucun espoir dans la Galaxie !

À ce véritable hymne du Côté Obscur s'oppose heureusement un autre thème, symbole de lumière et d'espoir : il s'agit bien évidemment du "Yoda's Theme", gai et joyeux, reflet d'un bonheur sage et apaisé, où les flûtes et les violons virevoltent à nous en faire perdre la tête. Ce thème est ensuite développé sur "The Training Of A Jedi Knight" et "Yoda And The Force".
De subtiles notes d'optimisme, souvent jouées à la harpe ou à la flûte traversière, apparaissent quelquefois ailleurs, au détour d'une mesure. Et pour cause : le jeune Jedi est miraculeusement sorti vivant de son duel face au Mal et le traître Lando Calrissian retourne sa veste pour se racheter de ses fautes. Une annonce évidente que la saga de la famille Skywalker est loin d'être terminée, et que l'Empire n'a qu'à bien se tenir !

Oui, c'est bel et bien en 1980 que la saga musicale STAR WARS prend toute sa dimension : en introduisant de nouveaux thèmes pour illustrer la montée en puissance du Mal et souligner la dimension tragique de l'histoire de Lucas, John Williams donne enfin à STAR WARS ses véritables lettres de noblesse musicale. La partition de ce qu'on a fini par appeler l'Episode IV était certes déjà brillante est magistrale, mais il manquait quelque chose. Un "truc" véritablement lourd, pesant et maléfique, amené à propulser le récit initiatique de la famille Skywalker vers les abîmes du Mal galactique pour mieux le sublîmer. C'est ici chose faîte avec cette oeuvre intemporelle qu'est la B.O. de l'Episode V, dont les thèmes sont indubitablement les plus emblématiques de toute la saga, et qui n'ont jamais été égalés depuis.
Avec la B.O. de L'Empire Contre-Attaque, John WILLIAMS signe peut être sa meilleure composition à ce jour. Certes, de nombreuses autres bandes originales du compositeur américain sont demeurées dans les mémoires, mais nulle autre n'égale la puissance terrible de cette partition.

"Viens avec moi, Luke !"

Note : cette chronique de B.O. se base sur la réédition de 1993, qui comporte quelques passages réorchestrés et rallongés. Une autre version sensiblement plus longue de la B.O. de L'Empire Contre-Attaque a été ensuite éditée au début des années 2000 lorsque la trilogie originale a été rééditée en DVD.

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- The London Symphony Orchestra
- John Williams (composition, direction)


1. 20th Century Fox Fanfare (alfred Newman)
2. Main Title / The Imperial Probe
3. Luke's Escape
4. Luke's Rescue
5. The Imperial March (darth Vader's Theme)
6. The Battle In The Snow
7. Luke's First Crash
8. The Rebels Escape Again
9. The Asteroid Field
10. Yoda's Theme
11. Han Solo And The Princess
12. The Training Of A Jedi Knight
13. The Magic Tree
14. Yoda And The Force
15. City In The Clouds
16. Lando's Palace
17. The Duel
18. Hyperspace
19. Finale / End Credits



             



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