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POP  |  STUDIO

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- Style : The Monkees , The Beatles , Paul Mccartney , George Harrison , Al Kooper, The Lemon Twigs
- Membre : John Lennon , Ringo Starr , Randy Newman

Harry NILSSON - Nilsson Schmilsson (1971)
Par LONG JOHN SILVER le 26 Juillet 2015          Consultée 1375 fois

Harry Nilsson a brûlé sa chandelle par les deux bouts, autant perfectionniste maladif que je m’en foutiste invétéré, capable d’opérer dans la rupture puisque ce disque contient sa toute dernière collaboration avec George Tipton, l'arrangeur de la première heure, pour "I’ll Never Leave You" ( ironie du sort ?), les deux hommes ne se reparleront jamais plus. Harry s’en va enregistrer à Londres, chasser sur les terres des BEATLES éternels un peu comme le fit Tintin lorsqu'il partit jadis en Amérique y exercer son métier de journaliste. La crème des session men « anglais »* est convoquée pour accueillir dignement l’ami américain et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle s'est mise au diapason de la voix prodigieuse de NILSSON. Richard Perry, producteur consensuel – américain lui aussi - succède à Rick Jarrard, le son devient plus rock tout en conservant le cachet soyeux de la pop délicate. De plus ici, Harry consent le plus souvent à étirer le format au delà des 2’30 de bonheur. Prouesse stylistique qui permet d’alterner les moments lisses en apparence et d’y glisser subrepticement des choses nettement plus borderline.

Car Harry est un fêtard indécrottable et anxieux qui manie l’humour et la dérision à merveille. Déjà qu’il apparaît sur la pochette en peignoir dans sa cuisine, une pipe à la main, l’air pas trop éveillé… "Gotta Get Up", petite merveille classic pop qui ouvre donc opportunément l’écrin se pare d’arrangements toujours plus fournis à mesure que déroulent ses 2 ’24, c’est à la fois superbe et on pressent que le bonhomme est largement capable de partir en vrilles… chose qu’il finira par commettre vraiment sur "Jump Into The Fire", sommet du disque qui s’étale sur 7’, soit du rock garage bâti sur un unique riff hypnotique, le titre tourne, devient noisy et psyché, cela bien avant les exploits des groupes britanniques de la fin du XXe siècle. "Coconut", sorte de "ménage à trois" également jouée sur un accord et dont le balancement exotique déjanté est irrésistible n’est pas très loin de l’asile non plus, tout ça sent la drogue et l’alcool tout bien comme il faut.

On retrouve néanmoins le Harry qu’on connaît bien avec les splendides "Driving Along", "The Moonbeam Song" et "I’ll Never Leave You" aux arrangements somptueux servis par des musiciens d’exception. Qu’il se frotte seul au standard calypso blues "Early In The Morning" et on a l’impression qu’il est en train de chanter dans le salon. Et on n’oublie pas le rythm’n’blues, "Let The Good Times Roll" et son piano funky. "Down" propulsée par les cuivres stoniens est très rock, la prestation vocale d’Harry, rien moins qu’ébouriffante.

Si la surprise bien rock "Jump Into The Fire" est bel est bien le pic de l’album, il se niche là-dedans quelque chose comme LA chose, LA pépite absolue qui luit depuis sur toute la carrière de NILSSON, qui plane loin au dessus de nos têtes (et dedans) entre la stratosphère et quelque part dans l'infinité de l’espace infini (1), j’ai nommé le slow de TOUS les étés depuis les origines de la création, le machin de la morkitu qui aurait pu sombrer dans le ridicule le plus risible mais bien au contraire s'est élevé par delà les cimes enchanteresses, "the killer song of all times" selon (st) Paul McCARTNEY : "Without You". OUF... Cette chanson du groupe BADFINGER, alors passée à la trappe de l'oubli, NILSSON la joue en studio, d’abord persuadé qu’il s’agit là d’un titre des BEATLES. Richard Perry qui n’est donc pas sourd finit par persuader Harry de l’enregistrer alors que ce dernier la trouve trop mièvre. De fait il consent à essayer et pose ses vocaux d’une traite sur la bande, dans le studio tout le monde se tait… écoute le son prodigieux qui sort de la cabine. Recueillement général. Allez en paix.

Nilsson Schmilsson va grandement bénéficier du succès international de cette chanson qui deviendra n°1 ça et là, cet album marquant l’apogée commerciale de son créateur dans la foulée. "Without You" C’EST NILSSON, aucun doute là dessus, il suffit d’en écouter la version originale pour s’en persuader, la chanson de BADFINGER est transfigurée, l’interprétation magistrale qu'en propose l'ami Harry la rendant inoubliable… et que ceux qui pensent à cette gourgandine de Mariah (laquelle n’a jamais entendu parler de BADFINGER) se repentent : "You always smile but in your eyes your sorrow shows/ Yes it shows"... c’est Harry !

L’album paraît en 1971, la même année que Hunky Dory de BOWIE, qu’ Imagine de LENNON ou RAM de McCARTNEY. Il tient la dragée haute à tous. Et puis mine de rien, Harry aura également réalisé l’exploit de sortir trois LP cette année là. Pour être plus complet, signalons que le disque a été réédité augmenté de bonus pas inintéressants du tout. Outre l'inénarrable version espagnole de "Without You"**, on en retirera que la version alternative de "Gotta Get Up" nous ramène à Aerial Ballet (1968) et que les inédits sont des embryons plus ou moins évolués de pépites qu’on a laissé en plan, notamment "Lamaze", courte dinguerie (francophone ?) pas loin d'être jouissive. De ce point de vue on pourrait dire que NILSSON est le genre de type parfaitement énervant tant il en conserve sous le pied. Laissons cela aux esprits jaloux, le bonheur c’est simple comme un disque de pop parfaitement agencé finalement.
La collaboration avec Richard Perry sera donc reconduite, un fils sera donné à Nilsson Schmilsson : le nettement plus turbulent Son Of Schmilsson.

1) oui, je sais…
* Ils sont anglais ou américains sauf Klaus Voormann qui est allemand, néanmoins on retrouve la plupart d’entre eux dans l’entourage de John LENNON, George HARRISON ou Ringo STARR mais aussi dans celui d’Eric CLAPTON et des ROLLING STONES.
** Harry a également enregistré pas mal de ses chansons en Italien pour un rendu croquignolet tout plein.

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Harry Nilsson (chant, piano, mellotron, claviers)
- Jim Gordon (batterie)
- Klaus Voormann (basse, guitare)
- Chris Spedding (guitare)
- Herbie Flowers (basse)
- John Uribe (guitare)
- Jim Price (trompette, trombonne)
- Bobby Keys (saxophone)
- Jim Keltner (batterie)
- Gary Wright ( piano, orgue)
- Roger Pope (batterie)
- Caleb Quaye (guitare)
- Jim Webb (piano)
- Ian Duck (guitare)
- Henry Krein (accordéon)
- Roger Coolan (orgue)
- Richard Perry (percussions, mellotron)


1. Gotta Get Up
2. Driving Along
3. Early In The Morning
4. The Moonbeam Song
5. Down
6. Without You
7. Coconut
8. Let The Good Times Roll
9. Jump Into The Fire
10. I'll Never Leave You
11. Si No Estas Tu (without You Esp Bonus)
12. How Can I Be Sure Of You (bonus)
13. The Moonbeam Song (demo Bonus)
14. Lamaze (bonus)
15. Old Forgotten Soldier (bonus)
16. Gotta Get Up (alter Take Bonus)
17. Nilsson Schmilsson Radio Spot (bonus)



             



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