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KRAUTROCK  |  STUDIO

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FAUST - Faust (1971)
Par ONCLE VIANDE le 20 Octobre 2006          Consultée 4007 fois

L’Allemagne est au rock ce que l’Italie est au western : une nation qui n’a pas inventé le genre mais qui va se l’approprier pour mieux le passer à la moulinette déformante de sa culture.
Ainsi, de même qu’il existe « le western spaghetti » il existe le « rock choucroute » (« Krautrock » en allemand). Si Can et Amon Düül II en sont les premiers vrais représentants, c’est initialement pour Faust que le terme fut inventé avant d’être étendu à tous les groupes d’avant-garde teutons, étiquetage oblige.
Cet ovni a tout du disque précurseur. Il lance un groupe, un terme, une esthétique, une approche et même une spécificité nationale. Tout y est neuf et aucune influence n’y est clairement identifiable. Même graphiquement, « Faust » est un objet venu d’ailleurs : vinyle blanc, emballage et pochette plastifiés transparents, lignes de notes rouge, radiographie d’une main : un design froid et épuré, presque industriel, très intellectualisé et totalement hors du temps.
Le contenu ne dément pas la première impression visuelle : Faust vient effectivement d’une autre planète. Sa musique, à l’instar de celle de Can, mise davantage sur le « geste » créateur que sur l’élaboration de la musique elle-même. Dit plus simplement, la manière prime sur le but. Jailli alors aux oreilles de l’auditeur l’héritage d’un demi siècle de musique européenne. Bruits divers, instruments détournés de leur emploi traditionnel, sons électroacoustiques, improvisations et collage de bandes. Un joyeux foutoir que la magie du montage dompte et refaçonne. Si la colonne vertébrale de Faust reste toujours rock (basse, batterie, guitare et voix), elle n’est qu’un support aux délires sonores les plus fantasques. Fanfare, orage, messe, récitation, crissements de métaux sont alors autant d’objets sonores qui prennent part à la fête et reconstruisent un ensemble, une unité.
Trois longs titres se taillent ici la part du lion. Trois formes libres, ouvertes, mais jamais abstraites.
Ce premier essai est un coup de maître, et Faust accède par ce seul disque, et sans le vouloir vraiment, au statut de groupe culte. Dommage que Polydor n’ai pas vu les choses du même œil. La maison de disque fit pression pour que le groupe amorce un tournant plus « pop » à l’avenir.
Liberté et rentabilité, une histoire vieille comme le monde. Une chose est certaine, si l’indépendance artistique de certains artistes relève plus de l’auto persuasion que d’une réalité tangible, celle de Faust elle, ne souffre aucune discussion, et ceci est suffisamment rare pour être souligné.

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   ONCLE VIANDE

 
   JOVIAL

 
   (2 chroniques)



- Hans-joachim Irmler (orgue)
- Werner Diermaier (batterie, percussions)
- Jean-hervé Peron (chant)
- Gunter Wusthoff (synthétiseur, saxophone)
- Arnulf Meifurt (chant)
- Rudolf Sosna (basse, chant)


1. Why Don’t You Eat Carrots ?
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3. Miss Fortune



             



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