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 Spoon Can (1011)

CAN - Monster Movie (1969)
Par ONCLE VIANDE le 28 Septembre 2006          Consultée 7041 fois

Je ne sais pas si tous les chemins mènent au rock, mais à en juger par la reconversion des musiciens de Can, on serait bien tenté de le penser. Rien en vérité ne prédestinait les membres de la « boîte de conserve » à pratiquer cette musique populaire et juvénile. Voyez plutôt : Holger Czukay, élève de Stockhausen, contrebassiste de jazz, professeur de musique, Jaki Liebezeit, batteur de jazz ayant étudié les musiques ethniques, Irmin Schmidt, multi-instrumentiste et compositeur primé au conservatoire, direction d’orchestre, master classe avec Ligeti, et enfin Michael Karoli, guitariste et violoniste, qui fait presque figure de musicien de rue à côté de ses collègues, mais qui n’en demeure pas moins le plus fameux guitariste germanique.

Une telle association pouvait laisser présager le pire : « poussez vous les rockeurs, nous on fait de la vraie musique ! »
Tout faux ! Can fait du rock, du vrai qui sent sous les bras, sans sucre pop ni symphonisme ajouté. Le plus rock des groupes allemands, voire le plus rock de tous. C’est bien simple, à côté les Stones font du jazz et les Stooges animent des soirées twist.
Le rock ne doit pas s’embarrasser de prétentions académiques, et à cette conception de la musique, Can adhère. (superbe jeu de mot)

Le groupe s’enrichit d’un chanteur noir américain, sculpteur et néanmoins fêlé, à la voix déchirée : Malcolm Mooney. Trop différent de ces collègues européens, sa participation au groupe sera de courte durée mais il constituera un élément de contraste puissant qui donnera au Can des débuts un charme certain.
La force du groupe réside dans son recul vis-à-vis de son travail et de la musique en général, recul que seule une expérience musicale déjà longue (ils ont 30 ans en 1968) rend possible. Il serait néanmoins injuste d’accuser Can de vieillesse (c’est promis j’arrête).

Après des enregistrements laboratoires, le groupe réalise son premier album « Monster Movie » qui met en place LE style Can : frappes métronomiques, nappes incandescentes et improvisations marathoniennes. Toute l’artillerie est mise au service d’une transe collective qui n’a pas grand-chose à voir avec les lentes progressions du Pink Floyd, mais qui emporte l’auditeur dans une sorte de spirale ascendante, à la fois lourde et aérienne. Côté son, on évoquerait plus volontiers le terme de rock urbain, même de post-rock, celui-là même qui refera surface dix, vingt puis trente ans plus tard sous des formes diverses (Suicide, Joy Division, l’électro et l’indus au sens large).
D’emblée, Can se distingue des groupes de l’époque en assurant seul l’enregistrement, la production et l’édition de sa musique. Cette indépendance totale, qui s’apparentera parfois à une certaine autarcie artistique, explique le caractère unique, pour ne pas dire marginal, de leur production, ainsi que les aspérités inhérentes à leur son.
Monster Movie est enregistré en direct et sans public à Schlob Növenich, leur premier studio aménagé dans un château abandonné.
Des quatre plages ici présentes, deux resteront des classiques. « Father cannot yell », introduction volcanique et morceau le plus réussi du disque, puis « Yoo Doo Right », manifestation évidente de l’intérêt que le groupe porte aux plages de vingt minutes, seules à pouvoir installer les structures élastiques et les accélérations propre à leur art.
Pour son premier enregistrement, Can emprunte d’emblée une voie extrémiste et propose un disque à la personnalité forte. Le Krautrock est né.

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(+ 1 kro-express)

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   (3 chroniques)



- Holger Czukay (basse)
- Michael Karoli (guitare)
- Jaki Liebezeit (batterie)
- Malcolm Mooney (chant)
- Irmin Schmidt (claviers)


1. Father Cannot Yell
2. Mary, Mary So Contrary
3. Outside My Door
4. Yoo Doo Right



             



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