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 Spoon Can (1032)

CAN - Ege Bamyasi (1972)
Par ONCLE VIANDE le 9 Novembre 2006          Consultée 4757 fois

Ege Bamyasi est souvent présenté comme une suite simplifiée de Tago Mago, et ma foi, cette assertion est tellement juste que je la reprends sans honte à mon compte. Le double album de 1971 fut si riche qu’il fallut un disque entier pour le prolonger, mais ne nous y trompons pas, s’il se nourrit des trouvailles de son aîné, Ege Bamyasi ne se résume pas à une simple copie condensée.
Les expérimentations sont allégées et sont ramenées à des proportions plus humaines. Elles perdent en intensité ce qu’elles gagnent en épaisseur, et le son y trouve une profondeur nouvelle. En compactant ses titres, Can s’oblige à intégrer ses délires bruitistes à ses chansons et ne dissocie plus ces deux pôles dans sa musique. On peut ainsi entendre une pièce hybride comme « Soup » qui, après cinq minutes de bons et loyaux services rock (riffs de plomb à l’appui), glisse soudainement dans une seconde partie électronique et improvisée digne d’un Pekin O.

Le rythme possède désormais une sensualité évidente, un « groove germanique » dont Can est le meilleur ambassadeur, ses confrères d’outre Rhin privilégiant les climats planants et vaporeux (Tangerine Dream, Klaus Schulze) voire robotiques (Kraftwerk).
Ege Bamyasi entreprend un travail rythmique qui ne va cesser de se densifier sur les disques à venir. Percussions doublées et bruitages divers viennent enrichir le jeu de Jaki Liebezeit qui s’affirme plus que jamais comme le poumon du groupe, et qui se permet d’introduire toutes les finesses de la batterie jazz dans un jeu qui reste binaire. Un génie de la technique invisible.
Ege Bamyasi est aussi le plus rock des disques de Can, et l’on peut ici et là percevoir des lignes de guitare et de chant qu’un Led Zeppelin n’aurait pas renié (« Soup »). Damo Suzuki n’a jamais été aussi à l’aise dans ses habits de « non chanteur », et à la manière de ses collègues, improvise la plus grande partie de ses interventions vocales, s’affirmant ainsi comme un cinquième musicien.

Ce quatrième opus dévoile un peu mieux la stratégie à long terme du gang de Cologne. Le groupe semble évoluer par paliers : un album expérimente, défriche et ouvre de nouveaux horizons, et l’album suivant approfondit la voie ainsi tracée, l’exploite et la finalise par un travail souvent plus accessible.
Une autre caractéristique apparaît enfin et se confirmera par la suite. Le groupe élargit son champ d’action et diversifie ses compétences à mesure qu’il avance. A l’inverse de la plupart des groupes, dont le cheminement naturel consiste à se chercher un style propre autour duquel ils se focalisent, Can ne semble jamais tendre vers une voie précise et prend un malin plaisir à brouiller les références stylistiques, disque après disque. Cet éparpillement conduira certains observateurs à ne plus savoir vraiment dans quelle mouvance musicale situer le groupe.

Ege Bamyasi diversifie ses sonorités pour colorer et aérer sa musique (le clapotis d’eau sur « Sing swan song », les sifflements de flûte entre « Vitamin C » et « Soup », ou encore la richesse sonore proprement écoeurante de « Pinch »), et alterne systématiquement titres complexes et chansons, rendant ainsi l’écoute beaucoup plus facile.
Outre sa pochette fameuse, forcément emblématique, il contient le premier tube de Can (tube, si l’on peux dire…), « Spoon », qui donnera son nom au label du groupe. Chanson certes simpliste et très moyenne, mais qui contribuera à assoire un peu plus sa notoriété en Europe.

Ce disque reste parmi les plus célèbres du groupe et vaut pour son équilibre parfait entre titres pop et recherches. Il propose un aperçu fidèle du style Can sans avoir recours à des procédés trop extrêmes. La carte de visite de Can, idéal pour se forger une première impression, mais insuffisant pour évaluer les capacités réelles du groupe. Un classique auquel il manque toutefois ce petit « plus » qui fait toute la différence… un titre majeur peut-être, ou un sursaut génial.

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   (2 chroniques)



- Holger Czukay (basse)
- Michael Karoli (guitare)
- Irmin Schmidt (claviers)
- Jaki Liebezeit (batterie)
- Damo Suzuki (chant)


1. Pinch
2. Sing Swan Song
3. One More Night
4. Vitamin C.
5. Soup
6. I’m So Green
7. Spoon



             



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