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 Spoon Can (1030)

CAN - Tago Mago (1971)
Par ONCLE VIANDE le 12 Octobre 2006          Consultée 8662 fois

Après la parenthèse « Sountracks », Can reprend le cours de son histoire et « Tago Mago » constitue donc son deuxième véritable projet. Cet album s’inscrit dans la tradition des disques extrêmes qui sortirent en nombre anormalement élevé au cours de la période bénie 1968 / 1971. L’album est double (on s’en serait douté) et exploite à merveille cette dualité. Un premier volume rock et un second électro-bruitiste.

Le premier met la touche finale au rock tribal et répétitif initié sur « Monster Movie ». Trois morceaux enchaînés sur la face 1, véritables joyaux de musique hypnotique, et sur la face 2, la nouvelle pièce marathon du groupe, « Halleluhwah », suite logique de « Yoo Doo Right », la maîtrise en plus.
Le second volume, s’il s’achève par le titre le plus serein du disque « Bring me a coffee of tea », est dominé par deux longues plages hors norme où la folie furieuse de Can éclate enfin, libérée de toutes contraintes structurelle, rythmique et mélodique. « Aumgn », cérémonie païenne, véritable mur de sons abrasifs entrecoupé de frottements rugueux et d’incantations possédées. La grand-messe s’achève dans un concassage de toms, comme si Can ne pouvait plus longtemps retenir sa nature et son goût pour la pulsion binaire.
« Pekin O » enfin, ou comment inventer le rock psychiatrique en onze minutes. Articulée autour d’une boîte à rythmes dont les tempi s’emballent au rythme des cris de démence de Damo Suzuki, cette dernière coulée de lave éprouvera définitivement la résistance de l’auditeur.

Dans sa globalité, Tago Mago est remarquablement pensé, j’ai même envie de dire qu’il est perfide. Il se veut un voyage initiatique aux substances hallucinogènes ou à un quelconque rite païen, l’ambiguïté est d’ailleurs intelligemment entretenue. Sa première partie commence en douceur pour prendre l’auditeur dans ses filets puis, à force de montées en puissance successives, de paliers judicieusement espacés, sape progressivement les neurones de celui-ci afin de le préparer au grand trip que constitue la seconde partie, et là, un conseil, équipez vous d’un scaphandre avant de sauter car ce qui se trouve tout en bas peut laisser des séquelles irréversibles.
Trente cinq ans d’âge et toujours déconseillé aux oreilles sensibles. Le chef d’œuvre de Can.

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   (4 chroniques)



- Holger Czukay (basse)
- Michael Karoli (guitare, violon)
- Jaki Liebezeit (batterie)
- Damo Suzuki (chant)
- Irmin Schmidt (claviers)


1. Paperhouse
2. Mushroom
3. Oh Yeah
4. Halleluhwah
5. Aumgn
6. Pekin O
7. Bring Me A Coffee Or Tea



             



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