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 Spoon Can (1048)

CAN - The Lost Tapes (2012)
Par WALTERSMOKE le 17 Mars 2015          Consultée 875 fois

Alors que les années 90 avaient vu CAN délivrer bien des trésors, et même se faire célébrer par la nouvelle garde électro, voilà que les archives du groupe sont restées peu bavardes la décennie suivante. En dehors d'un DVD référentiel parmi les fans de CAN, l'actualité du groupe a surtout été marquée par la mort du guitariste Michael Karoli, fauché par le cancer en novembre 2001. Et puis plus rien, jusqu'à la parution en 2012 de la compilation The Lost Tapes, qui aura su contenter les fans de CAN, avec du contenu inédit en veux-tu en voilà.

Dans la forme, ce rassemblement de matériel inédit, qui dormait dans de sombres caves de studio, n'est pas sans rappeler Unlimited Edition, qui proposait le même genre de contenu. The Lost Tapes tape cependant dans un approfondissement différent, ne serait-ce qu'en termes de contexte. CAN c'est bel et bien fini depuis 1989 (à quelques réunions près), et la compile se présente de facto comme une archive permettant de mieux comprendre à froid ce monstre merveilleux du rock.

The Lost Tapes, c'est d'abord un sacré défi pour qui aime gérer son temps. En effet, l'album s'étend sur 3 disques durant à peu près une heure chacun. Rien que ça, c'est énorme. Mais quand on constate en plus la qualité et la richesse des morceaux, le temps paraît tout d'un coup précieux, afin de ne pas louper une miette de la compilation. Au menu donc : des morceaux inédits et dont on ne s'explique pas l'absence sur vinyle, des versions alternatives ou dérivées de pistes déjà publiées, et un peu de live par-dessus. C'est là que fait l'un des plus gros reproches à faire à CAN : son refus de l'ordre. Les morceaux ne sont pas classés par ordre chronologique ou suivant une cohérence artistique, ce qui brouille une potentielle vision historique des cassettes perdues. Enfin, presque : le premier CD se concentre sur les premières années de CAN, et le second focalise l'attention sur les morceaux chantés par Malcolm Mooney ou Damo Suzuki.

The Lost Tapes, c'est donc des morceaux qui auraient gagné à être connus plus tôt. Comme par exemple "Millionenspiel", qui ouvre l'album avec fureur et virulence. À ce propos, il permet de faire découvrir le CAN préhistorique, sans chanteur mais avec David C. Johnson, qui s'occupait de bruitages et ici de flûtes. Ce CAN primitif et pourtant déjà fort puissant se retrouve quelques pistes plus loin, sur l'angoissant "Blind Mirror Surf", ainsi que sur "Oscura Primavera", qui reflète bien le caractère expérimental de ce qui s'appelait alors The Inner Space.

The Lost Tapes ne se résume pas qu'à ses débuts, évidemment. De nombreux morceaux de l'âge d'or du groupe constituent l'essentiel de la compilation, et notamment une version live enfin décente de "Spoon", qui se révèle et explose entièrement. "Dead Pigeon Suite", version alternative de "Vitamin C", est un morceau de bravoure krautrock redoutable, tandis que "Your Friendly Neighbourhood Whore" sera plus appréciable pour le jeu de Jaki Liebezeit plutôt que les gémissements de Mooney. Et qui dit CAN dit longs pavés bruts de décoffrage. Ça tombe bien, "Graublau" déboule en plein milieu du premier CD. Il faut s'accrocher pour l'écouter (et aussi bien connaître son CAN), mais cela en vaut la peine, et de loin.

Certains morceaux relativisent le côté « caverne d'Ali Baba » du tout, comme ce "Midnight Men" un peu plat (on dirait vraiment une ébauche de "Vernal Equinox"), ou bien le lassant "Waiting for the Streetcar", qui tape sur le système. Toujours au registre des doléances, une seule E.F.S. est présente ici, et la période post-Landed n'est représentée que par un "Barnacles" qui a tout de même le mérite d'imposer un groove marquant grâce à la basse de Rosko Gee. Des différences flagrantes au niveau de la production sont également à noter, comme par exemple avec "Networks of Foam", un peu faiblard – mais prise de son en concert oblige, on peut pardonner un peu.

The Lost Tapes est loi, très loin d'être une compilation de plus. Il s'agit d'un recueil indispensable, qui saura compléter à merveille la discographie pourtant bien riche de CAN. C'est également, et très probablement, le dernier disque du groupe, qui aura su de son vivant s'imposer comme un acte majeur de la musique moderne, et planter un héritage des plus fructueux.

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   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Holger Czukay (basse)
- Michael Karoli (guitare)
- Jaki Liebezeit (batterie)
- Irmin Schmidt (claviers)
- Malcolm Mooney (chant)
- Damo Suzuki (chant)
- David Johnson (flute sur 1-1, 1-7 et 1-8)
- Rosko Gee (basse sur 'barnacles')
- Gerd Dudek (saxophone sur 'millionenspiel')


1. Millionenspiel
2. Waiting For The Streetcar
3. Evening All Day
4. Deadly Doris
5. Graublau
6. When Darkness Come
7. Blind Mirror Surf
8. Oscura Primavera
9. Bubble Rap

1. Your Friendly Neighbourhood Whore
2. True Story
3. The Agreement
4. Midnight Sky
5. Desert
6. Spoon (live)
7. Dead Pigeon Suite
8. Abra Cada Braxas
9. A Swan Is Born
10. The Loop

1. Godzilla Fragment
2. On The Way To Mother Sky
3. Midnight Men
4. Networks Of Foam
5. Messer, Scissors, Fork And Light
6. Barnacles
7. E.f.s. N°108
8. Private Nocturnal
9. Alice
10. Mushroom (live)
11. One More Saturday Night (live)



             



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