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Bruce SPRINGSTEEN - Live In New York City (2000)
Par MARCO STIVELL le 8 Juin 2018          Consultée 238 fois

Arrivent d'abord Roy "le professeur" et Danny "le ministre du mystère", ensuite Garry "la terreur du Tennessee", puis Patti "love" et Steven "le ministre de l'amitié", puis Max "tout-puissant" et Nils "le parrain de la 6 cordes", enfin Bruce en personne et... comment... dois-je dire son nom ?! Dois-je vraiment dire son nom ???!!! Clarence. Lui et le Patron posent fièrement dans l'ombre sur la pochette du CD, signe des bons temps retrouvés.

Le E STREET BAND revient, dix ans après sa séparation, sans compter les sessions de 1995 pour le Greatest Hits. En grande forme, il a repris la route pendant plusieurs semaines, plusieurs mois même, une grosse année en fait. Si le premier concert d'une reformation de cette envergure est souvent le plus marquant, ici c'est l'inverse : nous ne parlons pas de Barcelone avril 1999, mais de New York juin et juillet 2000, la route s'arrêtant au 1/07 et au Madison Square Garden, au moins aussi connu pour ses combats de boxe mythiques et ses diverses représentations sportives que musicales.

Ces soirées-là, ça cogne fort de nouveau mais c'est dans les amplificateurs et les coeurs des quelques chanceux qui assistent aux concerts. À propos de sono, j'en connais qui ont dû bien s'amuser aussi, pendant tout ce temps, à donner le meilleur corps possible à un groupe de neuf musiciens : rien que des guitares, il y en a cinq, dont une basse et une acoustique. En tout cas, le rendu est splendide pour le premier live de SPRINGSTEEN à domicile -il faut bien le dire pour lui qui a forte tendance à capturer de tels souvenirs ailleurs-, ou presque puisqu'on est à New York et que c'est toujours moins bien que le New Jersey, comme il le rappelle avec humour dans "Light of Day".

Il est drôle de citer une chanson peu connue et restée inédite pour commencer, mais il l'est tout autant de savoir qu'une autre du même rang démarrait le 1er juillet, l'excellent "Code of Silence" co-écrit avec Joe Grushecky, rockeur-star de Pennsylvanie. Sur le CD pourtant, et conformément à la vidéo, c'est "My Love Will Not Let You Down", piochée dans la même époque que "Light of Day", juste après la sortie de Born in the U.S.A., par ailleurs bien peu représenté ici. Il y a le son d'antan, les gros accords balancés, l'orgue de Danny qui rugit, le piano cristallin de Roy mêlé au glockenspiel électronique de Danny... Cela démarre fort et on le voit en images, Bruce fait de grands gestes, Max cogne comme un dingue, Garry discret mais content d'être là, tout comme Steve qui alterne avec les moues de gangster comme celui qu'il joue pour les Soprano à l'époque.

Steve partage le micro avec Bruce pour plus ou moins de panache sur "Prove It All Night" (un des rares moments de ce début de concert où Clarence passe en force) et "Two Hearts" ; cette sincérité, cette chaleur, on les sent, on les vit. En trois chansons, nous sommes déjà au tapis, et ce n'est pas fini, car bien que plus calme, il ne faut surtout pas sous-estimer "Atlantic City" dans sa meilleure version live, avec la mandoline de Steve, les montées en puissance vocales... "Mansion on the Hill" amorce une parenthèse folk acoustique d'abord prétexte pour se rapprocher de la belle Patti, avec Nils à la pedal-steel et Danny à l'accordéon (il reste mon musicien favori du groupe). C'est de toute beauté, sans parler de la refonte totale de "The River" juste derrière, dans la même configuration mais avec le sel de l'harmonica et du saxophone inédit en plus. C'est très très émouvant, une rivière de larmes avec un brin d'improvisation, Bruce dit à Clarence où s'arrêter...

Et ça reprend de plus belle avec "Youngstown", perle de l'album The Ghost of Tom Joad (1995), ou quand Bruce expérimente ses titres acoustiques en version électrique, et il y a largement de quoi frissonner, entre l'accordéon, les cris du patron et le solo de Nils à la fin. Il partage le boulot avec Bruce et Steve sur "Murder Incorporated", chacun dans un style différent. "Badlands" ensuite, plus classique, "Out in the Street" génial avec les choeurs de Patti, Steve etc et le fait de voir Clarence danser avec Nils, deux hommes de constitution largement différente. Ce medley grandiose débouche sur "Tenth Avenue Freeze-Out", étirée sur plus d'un quart d'heure et pendant lequel Bruce livre un de ses grands monologues, c'est son côté prêcheur, le plus sympa qui soit.

Le E STREET BAND est donc là, debout, puissant, que ce soit dans le choc électrique qui a fait sa renommée ou de rares moments plus intimistes. L'enregistrement est bizarrement agencé car, prélevé sur plusieurs dates, il ne reprend jamais l'intégralité d'une liste de chansons et certaines passent à la trappe, comme "The E Street Shuffle" ou "Blood Brothers" qui clôturait le dernier concert. On a quand même droit, sur le deuxième disque, à des moments d'anthologie : "Lost in the Flood" (pas joué depuis 1978), "Jungleland" où le tempo est ralenti mais Clarence impérial, "Light of Day" au son twist et mâtiné de surf-music dans les parties de guitare (triple solo là encore), "Backstreets" bien sûr... La place qu'aurait dû occuper "Blood Brothers" est donnée à "If I Should Fall Behind", seule rescapée de "l'autre époque", où les membres du groupe partagent le micro.

Ce procédé est repris pour "American Skin (41 Shots)", chanson emblématique de cette période, très mise en avant par les médias pour son hommage à Amadou Diallo, jeune black que la police a tué par erreur. Bruce aurait pu saper l'enthousiasme de la reformation avec la polémique, mais ça n'a heureusement pas été le cas. La chanson, avec ses vapeurs de claviers par Roy et Danny, a une saveur particulière, mythique. L'autre pierre angulaire, "Land of Hope and Dreams", n'est pas en reste : neuf minutes quarante, rythme mélangeant gospel, soul et folk-country, batterie en intro, mandoline en avant, solo de sax. Et une fin belle à pleurer, Bruce la pousse à son intensité maximum, la caméra insuffle très justement d'autres moments du concert avec brièveté. Cette chanson a été écrite pour symboliser une amitié qui ne sera jamais plus remise en cause. "Come on, this train..."

Plein les yeux, plein les oreilles, des sourires, des larmes, voilà un beau concentré de ce que SPRINGSTEEN sait faire, avec une sélection de chansons pour faire plaisir aux fans et des surprises qui fonctionnent largement, on peut parler de "The Promise" chantée seule au piano, ou de "Born in the USA" qui retrouve son identité première, comme si Bruce l'enregistrait pour Nebraska, seul avec sa guitare 12 cordes (é-no-rme !). Là, on a un vrai best-of, et en prime un groupe au top, quoique l'énergie de la cinquantaine passée se fait ressentir dans certains tempos ("Jungleland", le sorcier Roy ne s'en arrête pas si facilement). Mention spéciale à la première partie, toute à l'image de ce DVD généreux et plein de promesses tenues, encore vingt ans après.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Roy Bittan (piano, claviers)
- Clarence Clemons (saxophones, percussions, choeurs)
- Danny Federici (orgue hammond, accordéon, glockenspiel)
- Nils Lofgren (guitares, pedal-steel guitare, choeurs)
- Patti Scialfa (guitare acoustique, choeurs)
- Bruce Springsteen (chant, guitares, harmonica, piano)
- Garry Tallent (basse, contrebasse)
- Steve Van Zandt (guitares, mandoline, choeurs)
- Max Weinberg (batterie)


1. My Love Will Not Let You Down
2. Prove It All Night
3. Two Hearts
4. Atlantic City
5. Mansion On The Hill
6. The River
7. Youngstown
8. Murder Incorporated
9. Badlands
10. Out In The Street
11. Tenth Avenue Freeze-out
12. Born To Run
13. Land Of Hope And Dreams
14. American Skin (41 Shots)

1. Backstreets
2. Don't Look Back
3. Darkness On The Edge Of Town
4. Lost In The Flood
5. Born In The U.s.a.
6. Jungleland
7. Light Of Day
8. The Promise
9. Thunder Road
10. Ramrod
11. If I Should Fall Behind



             



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