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- Membre : Little Steven

Bruce SPRINGSTEEN - Born To Run (1975)
Par SUNTORY TIME le 8 Mai 2010          Consultée 10549 fois

Il est des choses qui frappent par leur évidence, comme le fait de se dire d'un disque, rien qu'à la vue de sa pochette, qu'il ne peut qu'être culte. C’est un peu ce que l’on ressent à la vue de la pochette de Born to Run, le 3ème album de Bruce SPRINGSTEEN. Le jeune Bruce pose, appuyé contre le dos de Clarence Clemons (visible sur le verso de la pochette), le blouson de cuir très viril, la guitare fièrement dressée (ne cherchez pas d’allusion tendencieuse, SVP !), le badge en hommage à Elvis Presley, et le sourire aux lèvres. La couleur est donnée; c’est un album de rock puissant en enjoué que nous avons entre les mains.

Bruce SPRINGSTEEN sait, en enregistrant cet album, que c’est celui de la dernière chance. Ses deux premiers disques, malgré de multiples qualités, n’ont pas eu le succès espéré. Mais les nombreuses présentations scéniques que le jeune Bruce va donner par la suite lui valurent d’être remarqué par un certain John Landau, qui deviendra alors son manager et producteur. Born to Run est donc le fruit de la double production de Landau et de Mike Appel (ce qui ne sera pas sans causer nombre d’ennuis juridiques à SPRINGSTEEN par la suite).

Le E Street Band trouve sa forme finale avec l’arrivé de Roy Bittan aux claviers et de Max Weinberg à la batterie, et se lance dans l’enregistrement de cet album, qui obtiendra enfin le succès esperé à sa sortie.

Si l’harmonica et le piano introduisent délicatement « Thunder Road », c’est un déluge d’électricité, d’énergie brute qui domine tout l’album. Pas de temps morts ou presque, SPRINGSTEEN enchaîne les chansons enjouées (« Tenth Avenue Freeze Out ») et rageuses (« Night »), jusqu’à l’épique « Backstreet », véritable morceau de bravoure entre tempo lent et efficacité redoutable.

Que dire du morceau-titre ? Hymne springsteenien devant l’éternel, relatant les difficultés de se construire. Mais l’espoir est toujours présent, car nous sommes « nés pour courir » vers l’avenir. Batterie enragée, saxo salvateur, débit de parole encore très Dylanien, font de cette chanson une véritable pièce d’anthologie.
Quand à « Thunder Road », deuxième grand classique du disque, il traite des mêmes sujets, mais est construit tout en crescendo, pour finir par un solo de saxo joué par un Clemons touché par la grâce.

Autre grand moment, « She’s the One » et ses fabuleux riffs de guitare mêlés au piano mélodieux. Puis « Meeting Across the River », petite chanson qui se démarque des autres par son calme et sa trompette omniprésente.

Quand à « Jungleland », c’est la chanson la plus ambitieuse jamais écrite par Bruce, où chaque instrument a droit à ses minutes de gloire. Le piano introduit et conclue ce géant de plus de 9 minutes, les guitares s’emportent magnifiquement dans le passage le plus rock, et le saxo est une fois de plus divin ! Sans oublier la voie de SPRINGSTEEN qui atteint des sommets d’émotion dans le final. Ce morceau, long, épique et complexe est le dernier de ce genre dans la carrière du Boss en herbe, qui retournera ensuite vers des compositions plus sobres, sans toutefois perdre le mordant du rock.

Il est frappant de voir l’évolution de la production, la maîtrise et l’énergie qui habitent cet album, au regard des deux essais précédents. La batterie est bien plus puissante, sans doute grâce à Max Weinberg, qui sous ses allures de premier de la classe se révèle être un batteur rapide et terriblement efficace. Le clavier Roy Bittan, lui, va donner une palette sonore immédiatement reconnaissables aux compositions de Bruce. Quand aux cuivres, ils sont beaucoup mieux maîtrisés, on échappe aux sonorités « fête foraine » qui alourdissait l’opus précédent.
Certains voient en Born to Run un opéra rock. Je n’irai pas jusque là, mais il est claire qu’une ambiance, un thème particulier, baigne l’ensemble des morceaux. C’est un album urbain, une ode à la ville avec ses déboires et ses joies ; de l’impasse de « Backstreets » à la jungle urbaine de « Jungleland ». On retrouve New York à chaque couplet, chaque refrain (« Tenth Avenue Freeze Out »), la Big Apple devient le théâtre des protagonistes des chansons.

Malgré toutes ces qualités, Born to Run pèche par sa trop grande énergie. C’est un album éprouvant à écouter dans le sens où il ne présente presque aucun temps mort. Heureusement que « Meeting Across the River » marque une sorte de pause mélancolique mais chaleureuse avant que l’on se laisse emporter par un « Jungleland » particulièrement jouissif. L’autre défaut du disque est qu’il soit trop court. Là où les chansons de The Wild (…) s’étirent en longueur, celles de Born to Run sont trop expéditives, trop compactes. C’est le cas de « Tenth Avenue… », « Night » et même « Backstreets » malgré ses 6 minutes et quelques.

Un 4/5 qui peut paraitre un poil sévère pour cet album qui a marqué, plus qu’aucun autre de la discographie du Boss, l’histoire du rock. Si Bruce SPRINGSTEEN n’a rien inventé musicalement, il a redonné un nouveau souffle au rock, à l’époque où le punk n’allait pas tarder à lui piquer la vedette. Un rock brut, ravageur, qui sent la sueur, mais qui reste pourtant sophistiqué, avec des textes très travaillés. Vous l’aurez compris, Born to Run est un album d’anthologie, jouissant d’un enthousiasme éclatant, malgré des textes plus sombres qu’à l’accoutumé (mais toutefois moins que sur son successeur). Un indispensable de toute bonne discothèque rock.

En 1975, l’Amérique s’est trouvée une nouvelle idole, un show man hors pair, « l’Avenir du Rock N’Roll » assurément. So let’s rock, baby !

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   (2 chroniques)



- Bruce Springsteen (chant, guitares, harmonica)
- Roy Bittan (piano, piano électrique, orgue, clavecin, chœurs)
- Clarence Clemmons (saxophone)
- Garry Tallent (basse)
- Max Weinberg (batterie)
- Danny Federici, David Sancious (orgue)
- Randy Brecker (trompette)
- Michael Brecker (saxophone)
- David Sanborn (saxophone baryton)
- Wayne Andre (trombone)
- Ernest Carter (batterie)
- Suki Lahav (violon)
- Mike Appel, Steve Van Zandt (chœurs)


1. Thunder Road
2. Tenth Avenue Freeze-out
3. Night
4. Backstreets
5. Born To Run
6. She’s The One
7. Meeting Across The River
8. Jungleland



             



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