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Bruce SPRINGSTEEN - Western Stars (2019)
Par MARCO STIVELL le 18 Juin 2019          Consultée 1912 fois

Le livre, un bel objet (pas besoin d'être libraire pour le dire), on peut le lire, du début à la fin, en long, en large, en travers, sélectionner les chapitres que l'on veut... Ce livre, on peut l'écrire soi-même, et le syndrome de la page blanche n'est pas irrémédiable, loin de là. Certains affirment qu'il faut tourner la page, mais ça, c'est naturel, et de fait ils emploient un ton et une conviction auxquels l'expression "passer à un autre livre" convient mieux. Il n'est pas forcé de ne lire qu'un seul livre, mais tout en ayant conscience, l'envie de rester sur un seul, d'y revenir, de vouloir en améliorer la lecture/l'écriture permet de mesurer à quel point on y tient. Et puis, en acceptant le changement, même si on a été déçu par un livre, le suivant attendu du même auteur peut rattraper le coup.

Du coup, après l'écoute de Western Stars, j'attends l'album suivant de Bruce SPRINGSTEEN, car :

1) L'annonce du retour à un effort solo, sans le E STREET BAND a quelque chose d'enthousiasmant, mais quand on apprend que Ron Aniello (producteur de Wrecking Ball, 2012) est aux manettes et que l'intention du Boss est de se rapprocher du son de Working on a Dream (2009), il y a de quoi tempérer légèrement. Non pas que le résultat était mauvais dans les deux cas, mais il était quand même très connoté. Très produit, comme on dit.

2) Par ce disque, SPRINGSTEEN rend hommage à la pop californienne des années 60-début 70, notamment Glen CAMPBELL et, pour rester à la même génération, son idole de toujours, Roy ORBISON, principale influence de son chant le plus crooner. Il le fait bien et comme il se doit, avec le son folk qu'on lui connaît et que Ron Aniello se charge de remplir de cordes, avec son bon vouloir.
Ces cordes, on les entend depuis The Rising (2002) et peut-être cela commence-t-il à faire beaucoup. Les choeurs aussi, ces choristes soul/doo-wop qui ont commencé à fleurir réellement sur Working on a Dream. Le SPRINSTEEN folk des The Ghost of Tom Joad et Devils & Dust, n'est pas celui qu'on retrouve ici, ou si peu hélas.

3) Western Stars, c'est de la crème, qu'on nous présente fraîche, mais qui mène à l'indigestion. Pas tout le monde, loin de là, puisque beaucoup encensent ce disque. Personnellement, je trouve les mélodies trop simples, trop répétitives (la même mélodie est parfois utilisée sur quatre vers d'une même strophe), idem pour les phrasés instrumentaux - syndrome "Wrecking Ball", la chanson. Simples, et simplettes : beaucoup ont reproché à "Kingdom of Days" en 2009 son aspect "rose bonbon", "niais". On verra ce qu'ils pensent de "There Goes My Miracle" ! C'est joli mais "too much" pour moi aussi.
Ou alors, c'est moi qui perds la mémoire et qui oublie que Bruce nous a resservi plusieurs fois le même type de répétition mélodique. Il l'arrangeait mieux avant, sans doute.

4) Le seul mot "western" nous met la puce à l'oreille, car Bruce dédie ce disque aux personnes habitant les grands espaces qui nous font tant rêver, mais qui signifient pour elles la solitude, l'isolement, bien souvent. La guitare-baryton et la pedal-steel, fortement présentes tout comme l'acoustique du Boss ou le piano, sentent bon le désert, les routes et highways, mais malgré ses qualités qui poussent à l'évasion, malgré tous les moyens employés, le western ici est convenu, plus une série B qu'autre chose.
L'auto-stoppeur ("hitch hiker") qui vagabonde sur les routes, épris de liberté, on l'écoute avec sympathie mais sans plus. Malgré ses références, la chanson-titre ne me donne pas envie de revoir John Wayne, Dean Martin et Ricky Nelson dans Rio Bravo, ni Henry Fonda dans La Poursuite Infernale, ni de chevaucher aux côtés des monstres sacrés Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn et les autres des Sept Mercenaires.

5) "Sleepy Joe's Cafe" est hors-sujet musicalement, et je ne l'aime vraiment pas.
"Somewhere North of Nashville" aussi se trouve isolée, une chanson dépouillée contrairement aux autres, et qui est en réalité la meilleure pour moi, celle qui rappelle le mieux The Ghost of Tom Joad (elle a dû être enregistrée partiellement à l'époque car Marty Rifkin officie à la pedal-steel). C'est aussi l'une des plus courtes du Boss, 1 minute 50, soit dix secondes de moins que "My Best Was Never Good Enough" en 1995. Pourquoi ?!
Puisqu'on parle du passé, il faut noter l'étonnante apparition de David Sancious, premier pianiste historique du E STREET BAND, parti en 1975 et reparu brièvement sur Human Touch en 1992. Cependant, le disque est bourré de claviers pas forcément audibles à cause de l'orchestre. Patti Scialfa dirige les choeurs et Charlie Giordano s'illustre un peu.

Allez, j'attends le suivant mais j'y reviendrai quand même de temps en temps, au moins pour la voix de SPRINGSTEEN, très belle tout le long, qui ne donne jamais un seul instant l'impression de fêter bientôt ses 70 ans (fin septembre). Le cow-boy est trop endimanché sans doute, mais il reste quelques belles chansons en tête comme "Chasin' Wild Horses" (envolée orchestrale réussie, là au moins), "Tucson Train", "Moonlight Motel", "Hello Sunshine" qui fait penser à un autre Américain baroudeur mais bien français celui-là, étoile disparue aussi, Johnny HALLYDAY et sa chanson "J'ai oublié de vivre". Une de ses plus émouvantes et qui use du même rythme country/variété.
Bonjour soleil, route, vacances ; que ceux qui aiment Western Stars pour cela sans trouver à redire, continuez ainsi !

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   MARCO STIVELL

 
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   (2 chroniques)



- Bruce Springsteen (chant, guitares, banjo, claviers, percussi)
- Ron Aniello (piano, guitare, contrebasse, basse, claviers, ba)
- Jon Brion (claviers, batterie, timbales, guitare électrique)
- Patti Scialfa (choeurs, arrangements des choeurs)
- Charlie Giordano (accordéon, piano)
- Gunnar Olser (batterie)
- David Sancious (piano, orgue hammond b3)
- Matt Rollings (piano)
- Matt Chamberlain (batterie)
- Marc Muller (lap-steel, pedal-steel guitare)
- Rob Lebret (guitare électrique, guitare baryton)
- Marty Rifkin (pedal-steel guitare)
- Greg Leisz (pedal-steel guitare)
- Lenny Castro (percussions)
- Toby Scott (loops, programmations)
- Soozie Tyrell (choeurs, violon)
- Michelle Moore, Curtis King (choeurs)
- Cindy Mizelle, Matthew Koma (choeurs)
- Curt Ramm (trompette, bugle)
- Barry Danielian (trompette)
- Ed Manion (saxophone)
- Clark Gayton, Dan Levine (trombone)
- Rachel Drehmann, Leelanee Sterrett (cor)
- Alden Banta (basson)
- Andrew Sterman (flûte alto)
- Charles Pillow (hautbois)
- Luis Villalobos (violon)
- Avatar Strings (cordes)
- Rob Mathes (arrangement et direction des cordes)


1. Hitch Hikin'
2. The Wayfarer
3. Tucson Train
4. Western Stars
5. Sleepy Joe's Café
6. Drive Fast (the Stuntman)
7. Chasin' Wild Horses
8. Sundown
9. Somewhere North Of Nashville
10. Stones
11. There Goes My Miracle
12. Hello Sunshine
13. Moonlight Motel



             



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