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 The Illustrated Elton John Discography (1423)

Elton JOHN - Rocketman (music From The Motion Picture) (2019)
Par MARCO STIVELL le 8 Juin 2019          Consultée 504 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Le dernier film de Claude Lelouch s'appelle Les Plus Belles Années d'une Vie. Sans trop en dire, sachez au moins que les dernières minutes sont un concentré interminable de boboïtude parisienne d'il y a 40 ou 50 ans mais visiblement toujours très appréciée : accordéon et piano jazz, duo de voix froides et blasées sur des images de Paname, poésie plaid-tisane de dimanche après-midi morne, pluvieux et haussmanien qu'on peut anticiper en la singeant juste avant qu'elle n'arrive pour de vrai. Au lieu de dire que je suis méchant, sachez que ce ressenti émane de la personne proche présente avec moi ce soir au cinéma qui, elle, aime vraiment Paris, et à qui j'ai simplement dit "J'osais pas le dire, déjà le penser j'avais honte"... Le multiplexe a cru bon de projeter le Lelouch dans la même salle où, ensuite, il doit lancer sa séance quotidienne de Rocketman en VOST. Nous on était en avance, mais on a attendu ce dernier avec fièvre. Conclusion, volontiers simpliste : la France a sa propre manière de se concentrer sur son passé culturel glorieux, les Anglo-Saxons ont la leur.

Elton JOHN n'est pas un exemple, c'est vrai ; déjà, au milieu de passionnés de musique, en parler est délicat. Comme Phil COLLINS. D'ailleurs, je rêve d'un biopic sur GENESIS de la même teneur que Rocketman et Bohemian Rhapsody, mais un film dédié à un groupe centré sur la musique, sans homosexualité ni dérives sex drugs & rock'n'roll risque de ne pas intéresser grand-monde, me dit-on, derrière les moqueries. Machine à tubes ? Histoire exceptionnelle ? Et alors ? Elton JOHN lui, il réunit tout cela. Et il est immortalisé jeune avec brio par Taron Egerton (Kingsman...).

Depuis 20 ans, Sir Elton a tenté de se mettre ainsi à l'écran, indirectement. D'abord par DISNEY et Justin Timberlake qui devait l'incarner, ensuite par Focus Features, avec l'acteur Tom Hardy cette fois. Mais dans ce petit bijou de Rocketman, réalisé par Dexter Fletcher pour la Paramount, Taron Egerton est sublime, dans ce que le rôle qu'il endosse a de plus excessif, de plus sensible. Reginald Kenneth Dwight, véritable boulet pour son père dépourvu d'affection, à peine considéré par sa mère, surdoué de la musique grâce à son oreille et son jeu de piano virtuose dès l'enfance. Reg étudiant au Royal College of Music de Londres, puis accompagnateur de groupes soul, avant de devenir Elton JOHN, de rencontrer Bernie Taupin (son parolier éternel ou presque), d'aller en succès en succès, en excès (cocaïne...) et en costumes scéniques toujours plus extravagants...

Une histoire bouleversante et rendue avec intelligence, jusque dans l'utilisation de la comédie musicale, style que beaucoup de sceptiques (coucou, personne proche susmentionnée !) ont redécouvert avec La La Land il y a deux ans. Et comme on le constate, ne serait-ce qu'avec "Crocodile Rock", qui fait danser les hippies et trembler les murs du Troubadour, salle de Los Angeles, tremplin de la carrière d'Elton aux USA, la comédie musicale peut être un élément naturel découlant de sa musique, autant que les notes lui viennent instantanément pour la composition. Excellent d'ailleurs, ce refrain "lalala" ralenti et donné à une chorale gospel ! Et puis la scène dansée sur "Saturday Night's Alright (for Fighting)" (ma favorite d'Elton, toujours !) de nuit dans le parc d'attractions, pour marquer son arrivée à l'âge adulte, c'est du grand art.

Le film, parti de l'enfance de JOHN et qui fait la part belle à ses débuts - quelques surprises comme "Lady Madonna" et "Thank You for All Your Loving" restés à l'état de singles -, s'arrête en 1983, ses retrouvailles avec Bernie Taupin et le fameux "I Still Standing" qui relance sa carrière. Sans parler bien sûr du final qui résume la suite, mais on note aussi un gros anachronisme avec "I Want You", extraite de Songs From the West Coast (2001). La chanson "(I'm Gonna) Love Again", générique de fin est écrite spécifiquement pour le film par Taupin et JOHN afin que celui-ci l'interprète en duo avec Taron Egerton. Style disco, bourré de cuivres, de cordes et de choeurs comme plein de nouvelles versions proposées ici, mais bien fichu et franchement efficace !

Il y a bien sûr de nombreuses tournures propres aux biopics ou films biographiques, puisqu'on parlait d'anachronismes. "Don't Go Breaking My Heart" (ici avec Rachel Muldoon pour Kiki DEE) n'a certainement pas été entendue avant "Bennie and the Jets" ni après "I Guess That's Why They Call It the Blues" (citée durant l'audition auprès de Dick James, patron de DJM Records). Au moment où il assume son orientation sexuelle, la magnifique "Your Song", venue à Elton très simplement en lisant les paroles à vue, son premier tube, est décrite comme symbole de son rapport avec Bernie Taupin (acteur Jamie Bell). La phrase "I'm not one of those who can easily hide", "je ne suis pas de ceux qui peuvent se cacher facilement" prend plus de sens.

De même, "Sorry Seems to Be the Hardest Word" pour la relation de JOHN avec ses parents, chantée avec approximation, logique dans un moment de marasme. Malgré le caractère ultra-factice du mariage avec Renate Blauel, leur rapprochement sur "Don't Let the Sun Go Down on Me" est très beau. "Amoreena" sauve Tumbleweed Connection in extremis et la production de l'ire d'un fan de la veille. Empty Sky, tout premier album et flop total à l'époque, n'est pas oublié (contrairement à Captain Fantastic) : sa pochette apparaît dans l'une des scènes les plus glaçantes... À l'inverse, merci pour ce moment bref hilarant où on entend "Victim of Love". (Personne proche qui ne connait pas : ) "C'est quoi ça ?! Houla, c'est pas glorieux..." Non, décidément !

Giles Martin, fils de George (le cinquième BEATLES) et le producteur Greg Kurstin se chargent d'emballer cette sélection musicale, orientée greatest hits forcément et avec pas mal de Elton John (l'album de 70) et Honky Château mais heureusement pas plus que de Goodbye Yellow Brick Road. En parlant de ce dernier, le thème de la chanson-titre est un favori parmi les quelques instrumentaux orchestraux, tous basés sur des citations de tubes d'Elton JOHN. Magie de la formation classique chez un rockeur...

Si les cuivres sont parfois lourds, le son de la voix trop passé aux effets modernes comme en témoigne l'intro de "Sorry Seems to Be the Hardest Word", c'est peu de chose face au rendu sonore, la puissance des titres rock et du génial "I'm Still Standing", les ballades globalement bien amenées. "Et pas l'ombre de "Candle in the Wind", ouf !" dixit personne proche susmentionnée ; "Mais euuuh, je l'aime moi !" pensai-je très fort. Il vaut mieux se rendre dans une salle avec un son pas trop timide, parce que je peux vous assurer que "The Bitch is Back", chanson/danse d'ouverture avec sa nappe d'orgue Hammond ronflante et la voix très prometteuse de Sebastian Rich (Elton jeune), méritait mieux que cela !

Et puisqu'on parle de chant, même si Taron Egerton n'a pas le grain unique et chaleureux d'Elton dans sa jeunesse, il s'en sort avec les honneurs. Question caméra, acting et restitution visuelle, c'est aussi grandiose que la série HBO Vinyl en 2015. Après, on peut toujours trouver à redire. Pas de sessions d'enregistrement de Goodbye Yellow Brick Road... Pas un mot sur les musiciens, et du coup beaucoup de gens ne sauront pas que ceux présents au moment où le magistral "Tiny Dancer" est créé en 1971 sont les mêmes qu'on entend sur "Saturday Night's Alright (for Fighting)", "I'm Still Standing" et plein d'autres morceaux ultérieurs, qu'on voit sur chaque tournée, etc : Dee Murray (RIP), Nigel Olsson, Davey Johnstone et Ray Cooper. Le groupe d'Elton, quoi. Pas de Gus Dudgeon (producteur), pas de Paul Buckmaster (arrangeur), autres grands fidèles... Mais bon, ça ne dérange pas grand-monde que Bohemian Rhapsody considère que QUEEN était pour majorité écrasante son chanteur moustachu, depuis le scénario jusque sur l'affiche du film, alors...

Si Rocketman, portrait d'un talent immense, fuite vers une enfance jamais eue, gloire internationale, ne peut marcher aussi bien – hélas... -, il faut le voir lui aussi !

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   MARCO STIVELL

 
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- Taron Egerton (chant principal)
- Sebastian Rich, Kit Connor (chant)
- Jamie Bell, Richard Madden (chant)
- Rachel Muldoon, Celinde Schoenmaker (chant)
- Gemma Jones, Bryce Dallas Howard, Steven (chant)


1. The Bitch Is Back
2. I Want Love
3. Saturday Night's Alright (for Fighting)
4. Thank You For All Your Loving
5. Border Song
6. Rock And Roll Madonna
7. Your Song
8. Amoreena
9. Crocodile Rock
10. Tiny Dancer
11. Take Me To The Pilot
12. Hercules
13. Don't Go Breaking My Heart
14. Honky Cat
15. Pinball Wizard' (interlude)
16. Rocket Man
17. Bennie And The Jets
18. Don't Let The Sun Go Down On Me
19. Sorry Seems To Be The Hardest Word
20. Goodbye Yellow Brick Road
21. I'm Still Standing
22. (i'm Gonna) Love Me Again (générique De Fin)



             



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