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Elton JOHN - Revamp/restoration: The Songs Of Elton John & Bernie Taupin (2018)
Par MARCO STIVELL le 10 Mai 2018          Consultée 430 fois

Un album hommage à Elton JOHN. Cela vous surprend-t-il, au moment où l'artiste dit vouloir arrêter la scène et y croit fermement ? Et en plus, à une époque où les stars tombent les unes après les autres, emportées par une faucheuse qui se croit au supermarché. C'est la roulette russe, soit le disque est réalisé à temps, soit il n'arrive qu'après.

Du coup, c'est un double disque séparé qui voit le jour "à temps", et que nous réunirons en un seul, quitte à sacrifier une pochette (celle qui fait le moins mal aux yeux, hélas). Revamp, comme Restoration, rendent hommage aux chansons de Bernie Taupin et sir Elton, mais de deux façons différentes. La partie Revamp colle (du moins, est censée) au plus près des versions d'origine, tandis que Restoration fait remonter à la surface l'identité la plus folk et country développée depuis le tout premier album, Empty Sky en 1969 et sur nombre d'albums remarquables d'Elton JOHN, de Tumbleweed Connection (1970) à Songs from the West Coast (2001).

Revamp d'abord, nous fait pleurer de dépit et de rage avec une pochette aussi kitsch, d'un niveau flashy qui n'a d'égale que son indigence ; notre artiste, dont la sexualité est connue depuis bien longtemps, a bien quelques pochettes pauvres à son actif, mais il ne s'est jamais risqué sur ce terrain-là. Au moins, Restoration, plus terne, est plus sympathique également.

Et ce n'est pas tout, Revamp commence avec un truc bien horrible, une reprise de "Bennie and the Jets", tube de 1973, en version rap-"wha wha wha"-urban-street-c'est-trop-cool-c'est-dans-l'air-du-temps. En bons esthètes, on critique souvent la mode, mais dans certains cas, son caractère éphémère est salvateur. Or le rap, surtout le rap actuel "froid", n'est plus une mode, cela fait trop longtemps à présent qu'il est sous les feux des projecteurs, et personnellement, j'en ai marre, sans rien enlever aux meilleurs artistes du genre, qu'ils s'appellent IAM ou EMINEM.

Du coup, entendre P!NK déployer sa verve "ouah, c'est chant-mé, c'est ça être cool !" avec un rappeur dont la "logic" m'échappe ici, sampler le bégaiement d'Elton jusqu'à plus soif, c'est tout sauf réussir une entrée en matière, surtout pour une icône de la musique 70's et au-delà. Plus loin, Q-TIP et Demi LOVATO plombent "Don't Go Breaking My Heart" dans un effort qui se veut plus pop, au sens minimaliste actuel, tandis que sur le merveilleux (au départ) "Sorry Seems to Be the Hardest Word", Mary J. BLIGE se charge de la part r'n'b + Auto-Tune qui manquait pour compléter l'ensemble, ou pas. Auto-Tune n'est plus une mode non plus ; ça traîne, ça traîne, et naturellement, c'est infâme. Même la reprise d'Elton himself avec BLUE en 2002 était plus vivante, c'est dire.

Plusieurs artistes viennent apporter le même genre de mixture passe-partout, genre COLDPLAY ("We All Fall in Love Sometimes") et THE KILLERS sur "Mona Lisas and Mad Hatters", avec la boîte à rythmes "type" d'aujourd'hui, tellement fade qu'elle peut envier beaucoup la rudimentaire Hugh, premier modèle des années 70. La même chanson est présente sur les deux CDs, et Maren MORRIS, jeune chanteuse de country, s'en sort beaucoup mieux sur Restoration, avec les honneurs, tout comme la jeune Alessia CARA sur "I Guess That's Why They Call It the Blues" (Revamp). Les voix féminines douces sont sans doute celles qui incarnent le mieux l'esprit Elton JOHN à l'heure actuelle, et les arrangements derrière sont de taille, avec des cuivres et saxophones qui ressortent joliment sur ces deux titres.

Au rayon des médiocres/passables, il y a Don HENLEY des EAGLES, en duo avec le chanteur country Vince GILL le temps d'un "Sacrifice" qui perd pas mal de sa sensualité pour devenir une ballade pop-folk lambda ; MUMFORD & SONS qui reprennent "Someone Saved My Life Tonight", mais aussi LADY GAGA, pourtant reine dans son élément piano-chant. C'est juste que sa grosse voix colle mal avec "Your Song", difficile là encore d'oublier une finesse à laquelle on a été habitués... Par opposition, Lee Ann Womack retravaille "Honky Cat" à la manière blues, dobro, orgue Hammond, accordéon pour remplacer les cuivres, plutôt agréable. Sur Revamp, les interprétations de "Tiny Dancer" (FLORENCE + THE MACHINE) et "Goodbye Yellow Brick Road" par les QUEENS OF THE STONE AGE, bien assagis, sont tout à fait appréciables, preuve que quelques classiques ont réussi à survivre dans un bon gros quitte ou double.

Restoration contient naturellement la plus grande part de réussites, y compris "Please" (Dolly PARTON & Rhonda VINCENT), rare extrait "récent" de la sélection, tiré de l'album Believe (1995) et "Roy Rogers", plus une berceuse qu'une ballade, mais que Kacey MUSGRAVES ne dénature pas pour autant. Les interprètes country sont à la fois des "grands" (PARTON, Willie NELSON, Emmylou HARRIS), et des plus jeunes, sans qu'on s'en trouve dérangé. Quant à la sélection, elle est attendue mais comporte quelques surprises, comme une belle mise en avant de l'année 1970, que ce soit à travers "Border Song", "My Father's Gun" ou "Take Me to the Pilot". La carrière d'Elton et Bernie demeure trop vaste pour être abordée équitablement (surtout, la période 78-82 se devait d'être écartée).

Cependant, et je n'aurais pas cru pouvoir dire ça un jour, celle qui s'en sort le mieux, c'est Miley CYRUS. Parce qu'elle est présente sur les deux disques, parce qu'elle vole la vedette à LADY GAGA pour "Don't Let the Sun Go Down on Me", là où on aurait dû entendre cette dernière, et parce qu'elle est la seule - je dis bien la seule – à s'être rappelé qu'Elton JOHN, à une époque, était autant un rockeur qu'un chanteur de ballades. Au bout de 23 morceaux, oui mais quand même, arrive "The Bitch is Back", et elle colle très bien à la peau de la chanteuse polémique qui s'est enfin laissé repousser les cheveux longs. La reprise de Lita FORD il y a quelques années était mieux vitaminée, elle intégrait les saxos qui nous manquent ici, mais ça reste bien chouette.

À boire, à manger, beaucoup de très bonnes choses, d'autres qui ne le sont que peu, pas, voire pas du tout. Le déséquilibre est marqué clairement entre Revamp et Restoration, l'effort est copieux, il manque cruellement de diversité (de fait, merci Miley !), mais ça vaut le coup d'oreille. Notes réelles : 2 pour Revamp, 3,5 pour Restoration.

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   MARCO STIVELL

 
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- revamp
1. Bennie And The Jets
2. We All Fall In Love Sometimes
3. I Guess That's Why They Call It The Blues
4. Candle In The Wind
5. Tiny Dancer
6. Someone Saved My Life Tonight
7. Sorry Seems To Be The Hardest Word
8. Don't Go Breaking My Heart
9. Mona Lisas And Mad Hatters
10. Daniel
11. Don't Let The Sun Go Down On Me
12. Your Song
13. Goodbye Yellow Brick Road

- restoration
1. Rocket Man
2. Mona Lisas And Mad Hatters
3. Sacrifice
4. Take Me To The Pilot
5. My Father's Gun
6. I Want Love
7. Honky Cat
8. Roy Rogers
9. Please
10. The Bitch Is Back
11. Sad Songs (say So Much)
12. This Train Don't Stop There Anymore
13. Border Song'



             



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