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 The Illustrated Elton John Discography (1973)

Elton JOHN - The Lockdown Sessions (2021)
Par MARCO STIVELL le 8 Novembre 2021          Consultée 1274 fois

Deux disques d'Elton JOHN sortent en cette fin d'année 2021 : The Lockdown Sessions ainsi que son tout premier album des années 60, Regimental Sgt. Zippo, demeuré inédit jusqu'à la parution du coffret Jewel Box, rempli de démos et autres raretés, paru l'an dernier. Comme pour s'excuser doublement auprès des fans pour le temps d'attente depuis le dernier album (A Wonderful Crazy Night, 2016). Les actualités n'ont pas manqué depuis concernant Sir Elton, entre hommages en disques et au cinéma, mais la création véritable en solo n'est pas à l'ordre du jour !

Bien entendu, sur le plan médiatique actuel, un seul des deux album doit capter l'intérêt général. The Lockdown Sessions joue, comme son nom l'indique (et la pochette !), la carte 'confinement', avec les rencontres diverses qui ont pu avoir lieu pendant au moins un an et par ordinateurs interposés. Le lot de nombreux artistes musiciens, stars ou non, en somme. À l'écoute d'un album CD ou vinyle, toutefois, cela se remarque moins, heureusement !

Un bon tiers des chansons en duo proposées étaient audibles depuis deux ans environ sur les albums des artistes partageant le micro avec Sir Elton (GORILLAZ pour "The Pink Phantom" notamment), ou alors les projets en commun également estampillés 'tribute' ("Nothing Else Matters"). Puisqu'on parlait de création véritable, il y en a quand même un peu ici mais pas solo du coup, au contraire en compagnie d'autres auteurs-compositeurs et afin de permettre à quelques grands interprètes établis de venir se greffer, comme Stevie WONDER, Stevie NICKS ou Eddie VEDDER, quand ce ne sont pas des étoiles 'nouvelles' comme Charlie PUTH. Glen CAMPBELL, placé ainsi en fin d'album, apparaît sur le duo/slow langoureux "I'm Not Gonna Miss You", chanson d'abord incluse au documentaire dédié à l'artiste américain datant de 2014, trois ans avant sa mort. De quoi constituer à la fois un hommage et un adieu émouvants à une légende.

Une armada de musiciens de sessions est requise, contraste net avec la superbe tournée ultime de Sir Elton centrée sur son groupe historique (Nigel Olsson, Davey Johnstone, Ray Cooper). Toutefois, non seulement JOHN lui-même est content du résultat global, mais en plus, cette période confinement/Zoom (logiciel vidéo favori des musiciens en cette période, avec les webcams qui se superposent) lui a, de ses propres dires, permis de se redécouvrir en tant que 'sessionman', simple accompagnateur au piano ou aux choeurs, tel qu'il a pu l'être durant les années 60, avant le succès immense.

De plus, avec "Cold Heart" en particulier, il renoue avec les top charts à un moment insoupçonné pour son grand âge, partageant la scène avec la jeune chanteuse et nouvelle coqueluche Dua LIPA. Habillés musicalement par le trio dance australien PNAU, leur duo est une refonte pop-lounge de diverses chansons d'Elton plus ou moins connues et mises ensemble : "Sacrifice" (pour les couplets et le titre choisi), "Rocket Man", "Where's the Shoorah?" (sur la quatrième face du double l'album Blue Moves en 1976) et "Kiss the Bride" (extrait de l'album Too Low for Zero, 1983, le même que "I'm Still Standing").

Le procédé, louable, ne présente toutefois rien d'original par rapport à l'album Good Morning the Night (2012) commun avec PNAU et déjà fait de collages. L'ensemble s'écoute bien, même si la première fois, en l'entendant de loin, j'ai soupiré devant une énième dénaturation moderne et facile de grandes chansons. Ce n'est pas non plus transcendant, mais Sir Elton (dont la voix d'époque et le synthé cristallin de "Sacrifice" n'ont manifestement pas vieilli !) parle aux djeun's de la décennie 2020 et, au moins, se retrouve numéro 1, comme lorsqu'il engendrait 2% des recettes mondiales de l'industrie discographique dans les années 70.

"Always Love You" démarre comme une ballade au piano tout ce qu'il y a de plus classique par un mister JOHN bien de son âge cette fois, et qui s'aide d'Auto-Tune, dont je ne vais pas faire à chaque fois l'abattage en règle ; il suffit d'écouter le résultat, de mesurer la grandeur qui subsiste derrière si on parvient à en faire abstraction. Même constat face au rap de YOUNG THUG (ou plus loin, aux minauderies hip-hop dégoulinantes de 6LACK et Damon Albarn sur "The Pink Phantom", où seul brille le piano virtuose) ; cela dit et chose rare, Nicki MINAJ sauve elle aussi un peu le morceau. "One of Me" avec LIL NAS X est sans âme. Sans surprise, le meilleur du 'black power' ainsi distillé en musique vient de Stevie WONDER pour un chouette "Finish Line", piano et harmonica conducteurs, voix pas trop trafiquées.

Un rien gâché par les sons modernes, "After All" avec Charlie PUTH mérite cependant que l'on s'y attarde, grâce à une belle intro au clavier Fender Rhodes, une mélodie sucrée agréable. Dans le genre, "Chosen Family", avec la nippone-londonienne Rina SAWAYAMA (qui l'a écrite seule) rattrape joliment le caractère factice de sa production. Bon point également pour Brandi CARLILE, chanteuse de country américaine : sur "Simple Things", la voix du master et la sienne se complètent parfaitement. Mais une nouvelle fois, c'est l'âge et le statut qui l'emportent. Il est difficile de ne pas voir l'arrivée de Stevie NICKS, ex-FLEETWOOD MAC sur "Stolen Car" comme salvatrice, de ne pas voir ce morceau comme le chef-d'oeuvre de l'album, folk-rock puissant avec synthés cosmiques. Notre Erwin l'a déjà écouté 200 fois, par amour pour Stephanie certes, mais pas que, heureusement !

Même si on retrouve les excès dont JOHN peut faire preuve en termes d'électro quand il se rapproche d'autres (en l'occurrence l'Anglais Olly Alexander/YEARS & YEARS), "It's a Sin" emprunté aux PET SHOP BOYS n'est pas dérangeant avec sa touche néo-classique technoïde, loin de là (loin surtout de ce qu'il avait commis malencontreusement avec RuPAUL en 1993 sur son album Duets pour "Don't Go Breaking My Heart"). Quant à "Nothing Else Matters", 'l'une des plus grandes chansons de tous les temps' aux yeux de Sir Elton, elle capte elle aussi l'attention même si beaucoup ont déjà pu l'entendre un mois plus tôt sur la Metallica Blacklist, hommage au plus célèbre groupe thrash de la planète.

La seule évocation de Miley CYRUS peut poser des problèmes, mais même si elle empiète un peu sur le terrain de LADY GAGA pour ce qui est du rapprochement avec les metalleux californiens, c'est pour mieux se rendre méconnaissable, faire oublier Disney Channel, le twerk et autres idioties nympho-suggestives, boule de démolition ou non. Elle avait déjà associé son nom à celui d'Elton pour chanter "The Bitch is Back" sur l'hommage ReVamp en 2018 et il est bon de les retrouver dans un contexte rock, même slow. Le piano du master supplante les arpèges de guitare réverbérés pour les premières mesures seulement, et la fin avec le violoncelle de YO-YO MA insiste sur le caractère "Sonate pour piano n°14 - Clair de Lune" de BEETHOVEN. Le reste reprend la structure classique, avec WATT aux guitares énervées et pleines de feeling, la frappe 'dure' de Chad Smith (RED HOT CHILI PEPPERS certes mais aussi CHICKENFOOT) et Robert Trujillo en personne qui joue la basse et garde un oeil sur tout ce petit monde. Le supergroupe d'une chanson, reprise qui plus est, mais classieux. Et meilleur que SANTANA quand il tente de faire pareil comme il y a onze ans !

"Nothing Else Matters" pourrait être tout aussi isolé que "It's a Sin" dans son genre sur ces sessions iconoclastes, mais un peu plus loin, les amateurs de son massif et de grosses guitares peuvent savourer une nouvelle fois la part rocker de JOHN, bien assagie depuis les années 80. En compagnie d'Eddie VEDDER (PEARL JAM), "E-Ticket" tombe à pic, apparaît juste et par le ton rhythm'n'blues, fait penser à un nouveau "Grey Seal", par celui qui tenait à finir son Farewell Yellow Brick Road tour avant que la Covid-19 ne s'en mêle. En concert, il étonne toujours, joue les tubes comme les inattendus, développe et improvise parfois avec tact et majesté. Avec The Lockdown Sessions, on est loin de tout cela, mais pas toujours. À écouter une fois en entier, pour n'en garder finalement que la moitié ; ce qui, par rapport à Duets, n'est pas si mal !

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   MARCO STIVELL

 
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- Elton John (chant, piano, claviers)
- Dua Lipa, Miley Cyrus (chant)
- Charlie Puth (chant, claviers, programmations)
- Nicki Minaj, Young Thug (rap)
- Lil Nas X (rap)
- Eddie Vedder, Jimmie Allen (chant)
- Gorillaz, 6lack (rap, piano, claviers)
- Rina Sawayama, Olly Alexander (chant)
- Glen Campbell (chant, guitare)
- Stevie Wonder (chant, piano, harmonica)
- Stevie Nicks, Brandi Carlile (chant)
- Andrew Watt (guitares, basse, claviers, choeurs)
- Louis Bell (claviers, programmations)
- Nicholas Littlemore, Sam Littlemore (prog synthés)
- Peter Mayes (prog synthés)
- Mathias Bylund (synthés, arrangements cordes et cuivres)
- Magnus Johansson, Janme Bjerger (trompette)
- Wojtek Goral (saxophone alto)
- Tomas Jonsson (saxophones ténor et baryton)
- Peter Noos Johansson (trombone)
- Mattias Johansson (violon)
- David Buchovinszky (violoncelle)
- Davide Rossi (cordes, arrangements)
- Danny L. Harle (piano, guitares, synthétiseurs, prog)
- Remi Kabaka Fr, Tom Norris (prog batterie)
- Stuart Price (claviers, prog)
- Robert Trujillo (basse)
- Chad Smith (batterie)
- Yo-yo Ma, Jack Ward (violoncelle)
- Ben Ward (contrebasse)
- Sg Lewis (instrumentations)
- Pino Palladino, Chris Chaney (basse)
- Matthew Pynn (pedal steel guitare)
- Derek Trucks (guitare slide)
- Danny Flam (cor, trompette)
- James Poyser, Benmont Tench (orgue)
- Abe Lubo Jr, Taylor Hawkins (batterie)
- Geoff Earley (piano)
- Josh Kinghoffer (claviers)
- Jasper Sheff, Taylor Bird (piano, prog batterie)
- John Cunningham (guitare, basse, batterie)
- Tim Hanserath, Phil Hanserath (choeurs)
- Sophie 'frances' Cooke (choeurs)


1. Cold Heart (pnau Remix) (avec Dua Lipa)
2. Always Love You (avec Young Thug And Nicki Minaj)
3. Learn To Fly (avec Surfaces)
4. After All (avec Charlie Puth)
5. Chosen Family (avec Rina Sawayama)
6. The Pink Phantom (gorillaz Feat. Elton John And 6l
7. It's A Sin (global Reach Mix) (avec Years & Years)
8. Nothing Else Matters (miley Cyrus Feat. Elton John
9. Orbit (avec Sg Lewis)
10. Simple Things (avec Brandi Carlile)
11. Beauty In The Bones (avec Jimmie Allen)
12. One Of Me (lil Nas X Feat. Elton John)
13. E-ticket (avec Eddie Vedder)
14. Finish Line (avec Stevie Wonder)
15. Stolen Car (avec Stevie Nicks)
16. I'm Not Gonna Miss You (avec Glen Campbell)



             



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