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BIOSPHERE - Patashnik (1994)
Par JOVIAL le 22 Septembre 2019          Consultée 454 fois

En 1994, si le nom de BIOSPHERE est déjà plus ou moins connu du milieu electro, ce n'est qu'avec Patashnik que le natif de Tromsø va se faire connaître à l'international. Le clip de « The Shield » devient immédiatement l'un des standards de l'émission Chill Out Zone sur MTV Europe et l'année suivante la marque Levi's utilise « Novelty Waves » pour sa nouvelle campagne publicitaire. Mais même avant cela, Patashnik avait connu dès sa sortie un succès critique et commercial, au point d'atteindre en mars 1994 la première place du classement NME. Succès mérité pour un excellent disque, inaugurant une longue liste d'œuvres magistrales qui ont propulsé Geir JENSSEN au rang d'incontournable de la scène électronique.

Les derniers effluves de Microgravity laissaient présager un second album confirmant l'abandon des beats techno au profit de lentes nappes froides et bleutées. Cette voie royale, toute tracée, BIOSPHERE ne l'emprunte finalement pas. Au contraire, il fait marche arrière et se repenche sur Microgravity. La formule était bonne mais l'exécution perfectible. Cet alliage d'electro et d'ambient laissait entrevoir encore bien des possibilités, on pouvait mieux faire.

Et on repart donc pour les aventures interstellaires de Geir JENSSEN. Ce dernier s'est mué en « patashnik », terme soi-disant russe qu'il a en vérité lui-même inventé, désignant un cosmonaute dont le câble de sécurité s'est rompu. Tout un programme. On démarre pourtant sur Terre, encore engourdi de sommeil, la tête pleine de phantasmes et de brumes. La Voie Lactée s'étire de toute sa splendeur au-dessus de nous, des myriades de constellations luisantes sur une toile d'encre noire. La contemplation néanmoins est de courte durée. Le camarade norvégien vient d'apporter l'ordre de mission. Lentement, les moteurs s'allument tandis que s'affolent les voyants des panneaux de contrôle. Direction, la station Mir ! On ne peut s'empêcher de tourner la tête pour contempler encore une fois notre vieille boule bleue. Les anticyclones brassent à une vitesse exagérement lente. Mais plus le temps de rêver, le commandant nous appelle. On doit participer au projet SETI, vous savez, celui qui recherche la vie extraterrestre. Merde, il y a un problème. Impossible de contrôler l'engin, l'attraction est trop forte, on dérive. Nous voici donc officiellement premier satellite humain de la planète Terre. Forcément, ça fait un peu tourner la tête. Par chance, la coque tient bon alors que l'on traverse l'atmosphère. Parachute. Le froid nous mord le visage. C'est la taïga, la Sibérie ! On est rentré. Déjà nostalgique, on mâchouille un peu d'écorce de boulot en attendant les secours. L'aube est proche et déjà les premières étoiles se sont éteintes.

Patashnik a été pensé comme un récit. Pas seulement un voyage, un « trip », mais une histoire, immersive, où les images surgissent d'elles-mêmes devant nos yeux. Le tableau est souvent minimaliste mais jamais aride. Geir JENSSEN joue avec les couleurs. La performance est d'autant plus impressionnante qu'il « saute » d'un style à un autre durant toute la durée de l'album : de l'ambient bien sûr (« Phantasm », « Startoucher », « Mir », « Mestigoth ») mais également beaucoup d'autres choses, de la techno plus énervée (« SETI Project »), de l'électro contemplative (« Decryption »), de la house (« Novelty Waves ») voire des titres parfois à la limite du trip-hop (« The Shield »). Le dernier morceau, « En-Trance », offre même une hypnotique conclusion à la guitare acoustique.

Un peu oublié suite à la sortie de l'immense Substrata, Patashnik reste pourtant l'un des albums de musique électronique les plus emblématiques de cette première moitié des années 90, au même titre que les Selected Ambient Works d'APHEX TWIN, U.F.Orb de The ORB ou encore Incunabula de AUTECHRE pour ne citer qu'eux. BIOSPHERE signe là une grande et étrange œuvre, toujours apte plus de vingt-cinq ans plus tard à devenir un disque de chevet.

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- Geir Jenssen (tout)


1. Phantasm
2. Startoucher
3. Decryption
4. Novelty Waves
5. Patashnik
6. Mir
7. The Shield
8. Seti Project
9. Mestigoth
10. Botanical Dimensions
11. Caboose
12. En-trance



             



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