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1992 Gotthard
1993 Dial Hard
1996 G
1997 D-frosted
1998 Open
2001 Homerun
2002 One Life, One Soul - Bes...
2005 Lipservice
2006 Made In Switzerland - Li...
2007 Domino Effect
 

- Style : Bonfire
- Membre : Tommy Heart
- Style + Membre : Coreleoni
 

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GOTTHARD - #13 (2020)
Par GEGERS le 30 Mars 2020          Consultée 448 fois

Comme beaucoup de gens de ma génération, et aussi de la génération précédente, j’ai grandi avec les classiques de la bande dessinée franco-belge. Tintin, bien sûr, auquel je préférais néanmoins et de loin Boule et Bill, Astérix, Les Schtroumpfs ou encore Lucky Luke. Autant de séries qui se sont poursuivies une fois leur(s) créateur(s) disparu(s). Astérix vient immédiatement en tête, naturellement, du fait de la disparition récente de son dessinateur Uderzo, devenu scénariste à la mort de son comparse Goscinny, mais toutes ont le point commun d’avoir résolument baissé en qualité une fois reprises. Bien sûr, l’âge faisant, les éblouissements ressentis pendant l'enfance se font moindres, le regard sur le monde plus critique. Il est vrai également que certaines séries non reprises ont largement décliné (il était temps que Cauvin décide de stopper Les Tuniques Bleues, ne trouvez-vous pas ?), tous les auteurs n’ayant pas la présence d’esprit (ni le talent) de Derib qui a su stopper son génial Buddy Longway avant le déclin.

Nous ne sommes pas là pour parler B.D, pensez-vous. C’est vrai, mais pourtant l’analogie est toute trouvée. Il y a le sentiment, depuis l’arrivée de Nic Maeder au sein de GOTTHARD, que le groupe a fait l’objet d’une reprise, que son essence s’est perdue en route. Le chanteur n’y est pour rien bien sûr. S’il n’a ni le charisme ni le talent de Steve Lee, le sieur Maeder reste un vocaliste fort compétent, dont le timbre est parfaitement adapté au hard-rock des Suisses et dont la sympathie sur scène et hors scène fort appréciable. Non, c’est le groupe dans son ensemble qui semble avoir baissé les bras, comme si derrière la locomotive disparue les wagons se trouvaient orphelins. Leo Leoni reste capable de grandes choses, et certains morceaux publiés depuis 2012 sont dignes du "grand" GOTTHARD, mais le guitariste semble s’épanouir tout autant sinon plus au sein de son projet CORELEONI, qui le voit justement reprendre des morceaux issus du répertoire de GOTTHARD enregistré en compagnie de Steve Lee. Voici qui est paradoxal.

Toujours est-il que le groupe débarque en ce mois de mars contaminé avec #13, son treizième album, vous l’aurez compris. Doté d’une pochette tout helvétique, illustrant le célèbre "Combat de reines", tradition du Valais, l’album a le mérite d’être le plus rock et mordant proposé par GOTTHARD depuis longtemps. A la première écoute, c’est d’ailleurs ce qu’on retient : une impression de fun, de même qu’une volonté de revenir à un hard rock old school plus brut et naturel que les réalisations récentes du groupe. "Bad News", qui ouvre l’album sur un cri de forcené de Nic Maeder, se fait l’exemple parfait de cette volonté. Il y a de l’accroche, des refrains qui fonctionnent, et une envie d’en découdre qui fait plaisir à entendre après une série d’albums ménageant trop la chèvre et le chou.

Il y a, comme toujours chez GOTTHARD, cette volonté de satisfaire tout le monde, en ne proposant pas une musique aussi engagée que celle d’AC/DC dont le groupe s’est longtemps inspiré. On retrouve donc, à côté de l’enlevé "Every time I die", particulièrement réussi, le plus léger et accessible "Missteria", aux sonorités orientales et au refrain très efficace, qui se rapproche dans la construction du tube "Lift U Up". La batterie se fait tribale et les guitares affûtées sur ce morceau qui fait partie des bonnes surprises de l’album. Des bonnes surprises qui vont aller s’amenuisant à mesure que ce dernier progresse. Il faut bien reconnaître un certain charme à la reprise du "S.O.S." de ABBA, porté par un Nic Maeder ici très en voix, et qui est sans doute derrière ce choix audacieux et payant. Plus loin, "Better than love", introduit par des claviers, prend d’abord des airs BON JOVIesques avant de se transformer en un gros hard rock bouillant dans son refrain. Un des meilleurs morceaux proposés par le groupe depuis le début de la décennie. Un qualificatif qui sied également à "Save The Date", particulièrement bluffant. Ce titre qui évoque ostensiblement les débuts du groupe est hanté par des lignes vocales que l’on croirait chantées par Steve Lee, le timbre et les intonations de Nic Maeder rappelant ici son prédécesseur. Une madeleine de Proust saisissante. "Man of a mission", avec ses faux airs de "Travellin’ Man", fait également partie des moments forts de l’album, précédent "No Time To Cry", qui est pour sa part le chef-d’œuvre de cet opus ! Résolument moderne dans sa construction, porté par un mariage réussi entre guitares mordantes et arrangements symphoniques, ce morceau prend des airs de "Stay With Me" musclé, et se fait LA pépite de l’album.

Dans les interstices, de petites déconvenues viennent empêcher GOTTHARD de signer l’album de son grand retour. "10 000 Faces", malgré son gros riff, sonne fatigué. Tout comme "Better than love", sorte de titre rock vaguement soul, qui semble tout droit issu des sessions d’enregistrement plus mollassonnes de Silver, l’album des 25 ans. Et puis, il y a LA ballade de l’album, "Marry You", d’une mièvrerie désolante. Un échec surprenant, GOTTHARD ayant toujours réussi à proposer des ballades de qualité. Sa camarade électro-acoustique "I can say I’m Sorry", que l’on trouve en fin d’album, se fait plus réussie, même si l’émotion semble forcée, peu naturelle. Le titre final, anodin, parvient tout de même à s'imposer grâce à une outro aussi lourde que du Black Sabbath, surprenant !

Ce #13 fait donc plaisir à entendre puisqu’il voit GOTTHARD renouer avec des velléités hard rock qui lui siéent si bien. Le groupe, ce qui ne gâche rien, parvient à proposer une demi-douzaine de morceaux résolument efficaces et inspirés qui lui permettent de prouver que son nom ne se décline pas uniquement au passé. Quelques travers et facilités, néanmoins, handicapent un album qui, posé à côté d’un Lipservice ou Domino Effect, paraît somme toute assez faible. Reste le plaisir de retrouver à un bon niveau nos rockers Suisses qui, finalement, cherchaient surtout une bonne raison de partir nous cueillir de nouveau sur les routes. Toujours ça de pris !

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   GEGERS

 
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- Nic Maeder (chant)
- Leo Leoni (guitare)
- Freddy Scherer (guitare)
- Marc Lynn (basse)


1. Bad News
2. Every Time I Die
3. Missteria
4. 10.000 Faces
5. S.o.s.
6. Another Last Time
7. Better Than Love
8. Save The Date
9. Marry You
10. Man On A Mission
11. No Time To Cry
12. I Can Say I'm Sorry
13. Rescue Me



             



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