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Pat MARTINO - El Hombre (1967)
Par DERWIJES le 7 Juin 2020          Consultée 707 fois

Si comme moi vous ne connaissiez Pat MARTINO que de nom (et peut-être même pas du tout, il n'y a de honte à avoir qu'en refusant d'apprendre), vous allez vite vous demander comment vous avez pu passer à côté de lui tout ce temps.

Au moment où nous faisons sa rencontre nous sommes alors en 1967, et il a 22 ans. C'est un jeune homme discret, né à Philadelphie en 1944. Il se passionne très tôt pour la guitare et part tout aussi tôt - à 15 ans ! - tenter sa chance dans la Grande Pomme. Le hasard fait bien les choses pour le jeune guitariste en herbe qui partage un appartement avec Les PAUL, enfin, quand il n'est pas en train de jouer au Smalls Club à Harlem. Petit à petit le dur labeur finit par payer et il peut s'offrir une suite au President Hotel sur la 48th Street de Manhattan* et passer ses étés à jouer au Club Harlem situé à Atlantic City dans le New Jersey, l'un des plus gros clubs de jazz de la ville après le Cotton Club.

Il a donc 22 ans lorsqu'il enregistre son premier effort en tant que leader, El Hombre. Il sort en Mai 1967, soit deux mois avant la mort de John COLTRANE. Le jazz bouillonne alors d'idées qui exploseront véritablement pendant les prochaines années, avec Miles DAVIS qui sort son Sorcerer pendant que Sun RA et Pharoah SANDERS commencent leurs voyages vers les limites de la conscience. Pile au milieu entre ces expérimentalistes et les plus traditionalistes se situe notre Pat Martino qui vient proposer un effort à l'ambition discrète.
Accompagné Danny TURNER à la flûte, de Trudy PITTS à l'orgue Hammond, de Mitch FINES à la batterie, de Vance ANDERSON aux bongos et de Abdu JOHNSON aux congas il propose un jazz mâtiné de soul auquel on ne saurait rester insensible. Impossible aussi de ne pas remarquer l'influence de son maître à penser Wes MONTGOMERY, surtout dans son phrasé de guitare qui prend le temps d'articuler les notes et de les laisser respirer. Cette inspiration se fera de plus en plus importante au fur et à mesure de sa carrière, mais il est pour l'instant un fringant jeune homme plein d'enthousiasme qui vit dans l'air du temps. Outre le sieur Montgomery il cite aussi abondamment George BENSON, évidemment, en particulier pendant ses solos où il se met à jouer comme un autre homme. La présence assez importante des percussions inspirée des musiques africaines et orientales donnent à ce disque une certaine fragrance psychédélique pas trop prononcée mais qui rappelle que le Summer of Love n'est pas loin. Et mine de rien ce n'est pas anodin, surtout comparé à ses illustres aînés : en très majeure partie les premiers albums sont de sages reprises de standards, alors que là on a un petit nouveau avec peu d'expérience qui vient apporter sa propre tambouille à la cuisine, avec quasiment que des morceaux écrits par ses soins ? Quel choc !

Mais qui tombe pile-poil dans cette période où tous les codes de la musique sont bouleversés. Si Martino se met en avant dès le morceau d'ouverture « Waltz for Geri » où il s'autorise un solo de pas moins de quatre minutes, il laisse aussi la place à ses collègues. Ainsi Trudy PITTS a le droit à son propre solo d'orgue sur « Blues for Mickey-O » et il marche même sur les plates-bandes du patron pendant « Once I Loved » en se la racontant façon bossa-nova... Eh, ce n'est pas nous qui allons nous plaindre, ses interventions débordent de soul comme on aime !
J'aimerais bien trouver quelque chose de méchant à dire sur ce premier jet, mais il faut bien se rendre à l'évidence que c'est peine perdue... Je ne peux même pas râler sur la production puisque c'est le légendaire Rudy VAN GELDER qui s'en est chargé. A ce sujet, essayez d'ailleurs de préférez la « Rudy Van Gelder Edition » du disque, qui propose un son plus clair que l'édition CD d'origine. La différence entre les deux est subtile tout de même présente. Allez, la seule pomme de discorde que nous pourrions ramasser porterait sur la bonus track « Song for My Mother ». C'est une ballade calme dont certains pourraient considérer qu'elle brise le rythme de l'album, mais c'est aussi une manière de finir sur une petite douceur.
Pour résumer ce premier album à tout d'un grand. Pat MARTINO ne joue pas les timides et montre d'emblée sa versatilité à la six-cordes. Les morceaux sont construits pile-poil sur la bonne durée, pas trop longs mais juste assez pour développer les idées et offrir quelques belles improvisations. Léger et agréable, El Hombre s'écoute sans fin et sans faim !
*si des connaisseurs de la géographie new-yorkaise passent dans le coin, ils sont les bienvenus pour offrir quelques explications sur l'emplacement exact de cette rue !

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   DERWIJES

 
  N/A



- Pat Martino (guitare)
- Danny Turner (flûte)
- Trudy Pitts (orgue hammond)
- Mitch Fine (batterie)
- Vance Anderson (bongos)
- Abdu Johnson (congas)


1. Waltz For Geri
2. Once I Loved
3. El Hombre
4. Cisco
5. One For Rose
6. A Blues For Mickey-o
7. Just Friends



             



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