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John MELLENCAMP - Life, Death, Love And Freedom (2007)
Par ERWIN le 29 Juillet 2021          Consultée 873 fois

Allez je vous dis ? John MELLENCAMP a 57 ans sur cette photo. Vous admettrez avec moi que notre artiste semble avoir bu à la fontaine de jouvence, lui qui fut pourtant grand-père vers ses 35 ans. Il doit être arrière-grand-père aujourd'hui ! L'Indiana, ça rajeunit ? Surement pas, en revanche, cette capacité qu'à John de toucher à tous les arts, de s'intéresser, de se pencher sur les problèmes sociaux avec une vraie acuité lui donne peut-être une jeunesse éternelle. Ceci est son 20ème album, date importante dans son histoire personnelle, dont il décide de confier la production au légendaire T-Bone BURNETT. A titre personnel, John a toujours déclaré qu'il s'agit d'une de ses oeuvres préférées, il revendique d'ailleurs 'j'ai fait cet album pour moi' - 15 jours pour tout composer - , toujours aussi diplomate !

Le single "My Sweet Love" est chargé de nous plonger dans l'ambiance de l'opus, avec ses percussions tribales, un beat simple, une compo qui sonne très sixties, nous sommes presque sur du british boom, un véritable exercice de style mais qui ne doit surprendre personne tant John est un touche à tout. Bien sûr, les années 2000 n'y sont guère receptives. Mais c'est "Troubled Land" qui reste aujourd'hui dans les mémoires comme le porte-étendard de cette époque pour MELLENCAMP. Toujours un hammond issu des sixties, la chanson confirme la tradition des revolt songs à la MELLENCAMP. Elle manque un brin de ressort pour emporter clairement l'adhésion, mais mignonne. L'espoir est pourtant présent sur "A Brand New Song", plus gaie et insouciante que le ton général de l'album.

Et de la folk song classique ! "John Cockers" et ses intonations amérindiennes, qui nous plonge dans le grand bain des espaces insondables de la puissante terre américaine, est très réussie, carrément adictive. "Don't Need This Body", guitare fruste et crépusculaire, c'est de l'Americana dans toute sa splendeur, impossible de se tromper de continent. Ne vous trompez pas sur le ton désabusé, John évoque ici la mort au terme d'une vie de travail et d'amour bien remplie. Le ton est fataliste, mais pas résigné. On sent percer l'orgueil sous la couche de fatigue. Superbe. Un banjo et un orgue imposent une ambiance magnifique mais délétère à "Without A Shot" dont le bridge est saisissant, avec des réminiscences du "Kashmir" de LED ZEPPELIN. De toute manière, cette compo n'est pas sans rappeler le dirigeable sous bien des angles "The Battle Of Evermore".

Tout ceci est très crépusculaire ! On sourit devant le refrain de "Jena", tellement MELLENCAMPien ! Quelle facilité dans le fait de ne pas s'autoplagier chez John, un véritable talent. "Mean" nous plonge dans un bain dramatique, agrémenté comme à chaque fois des lueurs d'espoir habituelles chez le félin de l'Indiana. C'est doux, mais cela semble brûler d'un feu intérieur. A nouveau un grand moment ténébreux avec "County Fair", c'est la première fois que John en met autant sur un album. Toutes ces compos sont magnifiques et laissent à des lieux la concurrence. Le chant habité reste monocorde mais cela sert la chanson, une petite merveille ! La gratte crasseuse de "If I Die Sudden" achève de nous convaincre que l'artiste se penche sur sa vie avec les compos de cet album. L'ambiance générale me plonge dans un 'Tandis que j'agonise' musical de fort belle allure. C'est bien la première fois que j'imagine le terrifiant William Faulkner en musique. On reste super roots sur "Young Without Lovers", les guitar national sont de la partie et ça déboîte sévère.

L'album s'introduit sur "Longest Days", directement sorti des œuvres complètes du barde de Duluth. Il n'y manque que l'accent si grinçant de Bob. Une tranche de vie comme John aime à les conter, avec ce ton si fataliste qui n'appartient qu'à lui. On n'est pourtant pas sensé avoir la même dose de rébellion en soi à plus de cinquante ans, comme à vingt ! Pourtant, ça marche avec quelques-uns d'entre nous. John en est un exemple frappant. Du MELLENCAMP dans le texte, superbement exécuté. Deux titres moins remarquables : il chante "A Ride Back Home" en duo avec Karen FAIRDCHILD, sur un ton gospelisant, pour une supplique à Djizeus. On constate régulièrement que John chasse un peu sur les terres de Chris ISAAK, c'est encore le cas sur "For The Children" où il ne démérite pas, mais qu'on ne saurait comparer aux grands classiques du boxeur californien.

Un très bel album qui s'impose d'emblée comme l'un des grands classiques de John MELLENCAMP. Les nombreuses compositions 'désertiques' mettent en place une ambiance générale peu propice à la rigolade, mais on se laisse emporter par cet ensemble très homogène. Quelques esprits chagrins diront peut-être que l'artiste la ramène beaucoup et qu'il se prend au sérieux. Je ne le pense pas, je crois qu'il a juste mauvais caractère et mauvaise presse car il n'en a rien à secouer. Un personnage un peu à part dans le paysage musical, encore que le Boss SPRINGSTEEN n'est pas non plus connu pour sa passion des interviews, et que Tom PETTY était un redoutable homme d'affaires. Vous voyez, le Heartland rock n'est pas le lieu des rock stars les plus faciles. Il n'empêche que cet album est très recommandable, le meilleur depuis le Jubilee ! Je clos enfin la disco de John 'Cougar' MELLENCAMP débutée il y a près de douze ans pour les besoins de la cause.

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   ERWIN

 
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1. Longest Days
2. My Sweet Love
3. If I Die Sudden
4. Troubled Land
5. Young Without Lovers
6. John Cockers
7. Don't Need This Body
8. A Ride Back Home
9. Without A Shot
10. Jena
11. Mean
12. County Fair
13. For The Children
14. A Brand New Song



             



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