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INDOCHINE - Black City Parade (2013)
Par SUNTORY TIME le 23 Août 2013          Consultée 6768 fois

INDOCHINE revient, comme toujours, en créant autant d'enthousiasme que de crainte quant à sa nouvelle offrande. C'est ainsi depuis que la Bande de Nicolas Sirkis refait parler d'elle. Depuis l'inattendu et grandiose Paradize, il y a déjà plus de 10 ans, chaque album est scruté et comparé à ce dernier, ainsi qu'aux chefs-d'oeuvre inconnus précédents. Dès Alice & June, l'unanimité s'est effritée, permettant aux détracteurs de toujours de se refaire une santé. La République des Météores est loin d'avoir arrangé les choses. Désormais, le groupe a retrouvé la situation inconfortable du temps de sa gloire des années 80, c'est-à-dire coincé entre des fans hystériques, et parfois gênants, et les fameux détracteurs qui n'attendent qu'une bonne occasion pour le flinguer à nouveau.

Ce qu'on peut déjà dire de Black City Parade, c'est qu'il ne change pas la donne. Les fans hardcore adoreront, les anti-Indo, s'ils ont le courage d'écouter l'album, détesteront. Et les amateurs lambda, qui ne sont pas (ou plus) dans l'idolâtrie de Nico, Oli et les autres ? Ceux-ci seront plus partagés, car comme dans presque tout album d'INDOCHINE, il y a du bon grain et de l'ivraie.

La République des Météores avait surpris par son changement de style depuis le rock teinté d'indus de Paradize et d'Alice & June. Le ton était pop et électro, comme un retour aux sources, mais plutôt maladroit. Les guitares sonnaient façon new-wave, les riffs avaient quasiment disparu. C'était frustrant car les synthés et autres bidouillages électro ne remplacent pas la force exceptionnelle du rock. Malheureusement, Black City Parade reste dans la même voie.

Le disque reste résolument dans cette pop électronisante, mais ce néologisme ne veut pas dire que B. C. P est un mauvais album. INDOCHINE se reconcentre sur les mélodies, et il faut avouer que certaines sont particulièrement réussies. Il suffit d'écouter les refrains de "Black City Parade", les enthousiastes "Le Fond de l'Air est Rouge" et "Le Messie", la très dansante "Belfast" ou encore "Thea Sonata" pour s'en rendre compte. On a affaire a des chansons entraînantes dont on retient avec plaisir les mélodies accrocheuses.

Parlons de la chanson 'scandale' "College Boy". Déjà, une chanson en "boy", ça commence à suffire ! Il y en a une par album depuis Dancetaria. Après "Astroboy", "Mao Boy", "Lady Boy", "Play Boy" et "College Boy", ce sera quoi ? "Indo Boy" ? C'est le clip (excellent d'ailleurs) qui a choqué par sa violence excessive pour une chanson sur l'homophobie, du moins prétendue comme telle ? Au-delà de la polémique, la chanson est très bien foutue, aussi bien au niveau rythmique que mélodique. Idéal pour faire un tube.
Des tubes, à y regarder de plus près, Black City Parade en regorge : chaque arrangement fait mouche, comme les notes de guitares dans les couplets de "Nous Demain" qui sonnent comme du EDITORS (on en reparlera), ou les lalalala de "Kill Nico" qui seront repris à coup sûr en concert par une foule en délire.

Mais qu'est-ce qui cloche dans ce disque alors, si le côté pop a l'air plus abouti que sur La République des Météores ? Verdict : la trop grande homogénéité de l'album. Toutes les chansons sont du même registre, énergique et accrocheur, mais sur plus de 70 minutes, ça devient lassant, d'autant plus qu'elles font de nouveau des formats proches de Paradize, entre 5, 6 voire 7 minutes ("Memoria"). Cela s'étire en longueur, et ça peut devenir lassant. La seule chanson un peu plus calme et qui se démarque des autres, "Anyway", est particulièrement insipide. Heureusement, la longue et lente "Wuppertal" fait partie des compositions les plus originales et osées de l'album, avec la petite pointe d'indus qui manque tant à B. C. P.

Autre défaut, les textes. Autant Sirkis savait offrir des paroles originales aux précédents efforts, avec des mots simple, autant là, ça frise l'auto-caricature, même quand il veut faire dans l'anti-conformisme. Mais il faudrait peut-être avertir Nico que dire Sexe dans une chanson ne fait plus peur à grand-monde, hormis à Christine Boutin.

Quand le premier single "Memoria" est sorti, la principale réaction fut de trouver ça mou. Mais à l'écoute du morceau entier - plus de 7 minutes ! Ce qui en fait le deuxième plus long titre du groupe après "Dancetaria" - on finit par se laisser emporter par la montée en puissance des couplets avant le refrain aérien. La crainte de la déception était grande, elle a été en bonne partie repoussée. Il est clair que Black City Parade est un disque plutôt réussi pour de la pop, mais trop homogène et long. Et au souvenir de Dancetaria, Paradize ou Alice & June, le manque de rock se fait cruellement ressentir, même si la tournée de B. C. P va sûrement y remédier.

C'est un bon album au final. Mais bon dieu, Nico, Oli, etc. ! La prochaine fois, rebranchez les guitares, bordel !


P.S :
La version deluxe de B. C. P comporte un deuxième CD avec trois inédit. "Salomé" reste dans la veine de l'album en lui-même, énergique à souhait et aux synthés rétro, sympa sans être transcendant. Par contre, "The Lovers" est plus intéressante. C'est une chanson écrite par Tom Smith, leader des EDITORS, qui l'a offerte à INDOCHINE puis réinterprétée sur le dernier album des EDITORS sous le titre "What is this Thing Called Love". Chanson au piano, douce et planante, "The Lovers" apporte une note de calme qui manque cruellement à B. C. P, et Sirkis réussit à chanter en anglais à peu près convenablement, c'est dire ! Reste "Trashmen", instrumental électro avec samples en pagaille. Plutôt bien foutu.


Meilleurs titres :
"College Boy", "Memoria", "Le Fond de l'Air Est Rouge", "Wuppertal", "Le Messie", "Thea Sonata", "The Lovers", "Trashmen".

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   RICHARD

 
   (2 chroniques)



- Nicola Sirkis (chant, guitares, basse,synthés)
- Oli De Sat (guitares, claviers, basse)
- Mr Boris (guitare, choeurs)
- Mr Shoes (batterie, choeurs)
- Mr Eliard (basse)
- Mr Matu (claviers)
- Valérie Rouzeau (récitation sur black ouverture)
- Charline Kozmik (choeurs)
- Charlotte Vanhove (choeurs)
- Christa (chants sur 'wuppertal')


1. Black Ouverture
2. Black City Parade
3. College Boy
4. Memoria
5. Le Fond De L'air Est Rouge
6. Wuppertal
7. Le Messie
8. Belfast
9. Traffic Girl
10. Thea Sonata
11. Anyway
12. Nous Demain
13. Kill Nico
14. Europane Ou Le Dernier Bal

- bonus Cd
1. Salomé
2. The Lovers
3. Trashmen



             



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