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INDOCHINE - 3sex (2020)
Par RICHARD le 1er Décembre 2020          Consultée 1087 fois

"3ème Sexe" vient juste de fêter ses 35 ans. Ce titre à l'instar de "L'Aventurier", le hit synthétique de l'été 1983 ou de "J'ai Demandé à La Lune", la comptine de la renaissance de 2002 est assurément le plus connu et le plus emblématique d'INDOCHINE. Véritable hymne à la tolérance, il a traversé avec force et conviction les années grâce à ses paroles fédératrices et sa mélodie diablement entêtante. Ce morceau, le deuxième single extrait de 3, l'album de la consécration des années 80 a connu mille et une vies. Il s'est aussi bien retrouvé propulsé comme bande-son dans les manifestations étudiantes de l'automne 1986 que dans les Amours Imaginaires du Canadien Xavier NOLAN. Il aura même l'honneur d'être repris par la géniale MISS KITTIN au début de ce siècle, les esprits les plus caustiques décrétant même sa version meilleure que l'originale. Si les avis concernant INDOCHINE sont rarement nuancés, et c'est peu de le dire, le thème abordé dans ces quatre petites minutes ne doit normalement pas souffrir de ses habituelles et éternelles oppositions.

C'est lors d'un séjour à Londres en 1984 en pleine vague new-wave que Sirkis est intrigué par le look et la liberté affichée par certains de ses habitants. Les clones de BOY GEORGE ou Robert SMITH qui se promènent bien tranquillement dans les rues font sur le petit Nicolas de l'effet. Il se dit que ceci pourrait servir de socle à une dénonciation des jugements hâtifs, jugements qui ne s'attacheraient d'ailleurs pas qu'exclusivement aux apparences vestimentaires. N'ayant jamais caché son attrait pour l’ambiguïté dégagée par le ZIGGY de BOWIE ou l’androgynie de Patti SMITH, le leader va agrémenter tout ceci de ses marottes et voici comment prend forme "3ème Sexe". Cet anniversaire est donc l'occasion de découvrir une relecture* de ce morceau phare avec CHRISTINE AND THE QUEENS. Si MANSET, MURAT ou FURNON ont écrit par exemple pour INDO, les artistes ayant accompagné le groupe se font eux beaucoup plus rares. Pour un Brian MOLKO, une Asia ARGENTO ou un Didier WAMPAS, que d'artistes sans doute gênés par une telle proposition musicale. C'est d'autant plus notable que Sirkis est souvent présenté comme un repoussoir facile et par trop évident, ce groupe traînant toujours avec lui ce sentiment de honte et de refus poli.

La Nantaise ne semble pas vraiment s'en soucier et relève le défi. C'est tout à son honneur. A bien y réfléchir, sa présence auprès de Sirkis et inversement est comme une évidence puisque toute sa discographie et son image questionnent le(s) genre (s). Le fait qu'elle se définisse comme genderqueer ne fait que renforcer un peu plus la pertinence des mots du chanteur d'INDOCHINE. Le danger serait cependant d'y voir un opportunisme mercantile ou d'y déceler un militantisme de bas-étage, ce qui n'est pas heureusement ici le cas. Les deux artistes pop poil à gratter n'ont plus rien à prouver. Musicalement, il vous faudra faire abstraction de l'ambiance initiale pop tissée par Dominik NICOLAS. En 2020, exit la guitare cristalline, les percussions, les claviers prégnants so 80's et les petits coups de saxo. Place à une electro soft et dynamique qui laissera parfois passer une guitare plus lourde. Il y a incontestablement dans ces notes une alliance réussie des deux univers. Le propre d'une collaboration pourriez-vous me rétorquer. Les plus sceptiques pourront trouver quant à eux que tout ceci sonne comme une compilation M6 Dance Hit Machine vendue par CHARLY et LULU mais non. Le morceau s'est dépouillé de quasiment tout. Il garde l'essentiel et ses douces pulsations accompagnent une forme d'épure qui lui va plutôt bien.

"3 SEX", comme il faut désormais le nommer, c'est bien l'école du minimalisme. Ce refus d'en faire trop passe également par les voix. Tel un grand sage qui est revenu de tout, Sirkis comme un passeur de flambeau, chante ici de façon calme, particulièrement posée comme en retrait. C'est lissé, mais pas lisse. Ses iéééé qui ponctuaient chaque mot il y a plus de trois décennies ne sont plus que de lointains souvenirs. Ce qui est appréciable, c'est qu'aucun des protagonistes n'essaie de prendre le dessus sur l'autre. Chris si elle débute en hoquetant façon Michael JACKSON trouve rapidement ses marques. Les paroles du leader n'ont jamais autant sonné "masculin/féminin", unisexes, même si elles sont toujours dénuées d'évidence flagrante. Après toutes ces écoutes, je ne sais toujours pas en effet à quoi correspond par exemple «le retour de JUPITER». C'est peut-être aussi ce qui fait l'attrait de ce groupe. L'imaginaire et ses interprétations personnelles sans réponse à défaut de compréhension. Qu'importe, passé la surprise initiale, le rendu est vraiment bon, les voix se répondent et se complètent naturellement. L'essence même d'une rencontre bénéfique sans doute.

Si cette relecture ne fera pas évidemment l'unanimité, le message exposé par INDOCHINE et CHRISTINE AND THE QUEENS est quant à lui toujours aussi fort et nécessaire. Ces quatre minutes m'ont tout l'air en définitive d'une belle réussite. On se prend la main alors ? Ben oui, et même plutôt deux fois qu'une !

* Ce titre n'est paru pour l'instant que sous format digital. Il sera néanmoins présent entre autres sur la double compilation CD INDOCHINE -Singles Collection -1981-2001- qui sortira ces jours-ci .

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