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INDOCHINE - 13 (2017)
Par ERWIN le 18 Octobre 2017          Consultée 870 fois

Quand on est un Nicolas Sirkis, l'arrivée d'un treizième rejeton revêt une signification toute particulière. Tournons quelque peu la tête vers le rétroviseur... 12 albums, Bob Morane, le décès de son jumeau Stéphane, le départ de Dominique Nicolas, le rejet des médias et de la plupart des fans, l'improbable résurrection, le stade de France et ce statut de plus grand groupe français... Et Nicolas, seul et contre tous, désormais aux commandes du vaisseau asiatique. INDOCHINE, d'une blague potache, a fini par devenir le groupe phénomène qu'on écoute encore aujourd'hui. Alors, on l'attend cet énième opus, la question étant de savoir si le chanteur va parvenir à nous étonner une fois de plus. Quelques semaines après sa sortie, il est déjà platine... mais cela signifie-t-il vraiment quelque chose ? Allez, comme disaient les RAMONES... let's go !

On n'est pas surpris dès l'introduction de cette nouvelle livraison. « Black sky » est proprette, mignonne, une jolie guitare folk et un beat sympa. Pas de quoi captiver les foules, cela dit. Mais Nous avons un single qui domine d'ores et déjà les charts de notre hexagone, il s'intitule « La vie est belle », du Sirkis dans le texte... « Moi je suis né ici pour n'être qu'avec toi » et ainsi de suite. Rythmique à nouveau lambda, et les refrains trademark du chanteur font de suite sourire. C'est plutôt gai et enjoué.

Voila voilà... Le problème de ce skeud, c'est qu'au bout de X écoutes, vous serez sans doute comme moi, incapables de distinguer réellement les morceaux les uns des autres. Pour moi, OliDeSat ne s'est guère foulé sur ses riffs à la gratte. Alors, personnellement, je retiens plutôt les grosses guitares de « 2033 », plutôt réussie avec son beat de synthé à la GUETTA... Pardon, me voilà à balancer des gros mots ! Ce n'est pourtant pas si bête, et c'est bien le problème majeur de cet opus. Il souffre par trop de simplicité et de redites. On connaissait déjà la simplicité chez INDOCHINE, mais il ne me viendrait pas à l'idée de me plaindre du « baiser »... Là, c'est autre chose, une forme d'incapacité à se renouveler.

C'est la grosse fête de la new wave, voyez les synthés super pompiers de « Station 13 ». De la batterie en carton comme s'il en pleuvait... du bontempi à tous les étages... si, si. Ecoutez donc « Suffragette BB ». On dirait du TAXI GIRL sans la magie. Ce serait drôle si ce n'était pas pathétique. « Cartagène » nous replonge dans une transe new wave lorsque les Français l'évoquaient sous le nom de Cold Wave. Le chant de Nicolas est posé, avec un refrain presque psychédélique notable. Un chti piano langoureux introduit « Song for a dream ». On y retrouve les paroles toujours à la limite du neuneu de notre cher chanteur. Mais il pousse pas mal sur sa voix et la guitare saturée donne un aspect plus original à cette chanson. Comme à l'accoutumée, il y évoque ses drames et complexes sans détour : « J'aimerais aimer mon père ! ».

« Gloria » est un titre ambient ou Asia Argento mêle sa voix à celle de Nicolas. Cela reste comme pour tout le disque trop statique, trop linéaire. Pas de surprise : 3, 4 notes pour la ligne mélodique de base et un chant monocorde. L'intro en rocksteady de « Trump le monde » est vraiment trop juste, mais quand la chanson s'anime, le résultat n'est pas si mauvais. Prises individuellement, toutes ces chansons ne sont pas désagréables, mais l'impression générale est tout de même d'écouter en boucle la même composition, c'est d'ailleurs aussi l'impression de mon panel représentatif familial.

La conclusion s'impose d'elle-même. Le départ de Dominique Nicolas, il y a 20 ans, avait changé la donne, Nicolas ayant toujours été le parolier du groupe, en de rares cas le compositeur. Cette charge a alors été assumée par Oli de Sat et Boris Jardel – ce dernier étant un quasi clone de Dominique – et il faut dire que les gars ont assuré les cachous pendant quelques années. Mais voilà, il faut admettre que ce dernier album ne présente pas le moindre intérêt au niveau de la guitare. Et INDOCHINE sans le son ou les harmonies mélodiques des SHADOWS c'est une chose, mais retirer aussi l'aspect tranchant des compos du duo – on citera « Alice et June » - et c'est une catastrophe. Car la musique du groupe devient alors tributaire des synthés et des sequencers, et quand on s'appelle Nicolas, qu'on ne dispose pas d'un organe vocal démesuré et qu'on écrit des textes bubble-gum... Et bien, et bien... On tombe dans le lambda le plus total, des redites permanentes, des rimes pauvrettes qui n'ont pas l'avantage d'être secourues par une guitare volubile et aérienne.

Pas un naufrage, mais pas si loin. C'est écoutable et même parfois agréable, mais il n'y a là-dedans pas le moindre classique, pas même seulement une bonne chanson, juste du tout venant. Dur.

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   ERWIN

 
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   (2 chroniques)



- Nicola Sirkis (chant-guitare-claviers)
- Boris Jardel (guitare)
- Oli De Sat (guitare-claviers)
- Ludwig Dahlberg (batterie)
- Marc Eliard (basse)


1. Black Sky
2. 2033
3. Station 13
4. Henry Darger
5. La Vie Est Belle
6. Kimono Dans L'ambulance
7. Karma Girls
8. Suffragettes Bb
9. Un été Français
10. Tomboy 1
11. Song For A Dream
12. Cartagéne
13. Gloria
14. Trump Le Monde
15. La 13eme Vague



             



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