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FAIRPORT CONVENTION - Gottle O'geer (1976)
Par MARCO STIVELL le 9 Février 2013          Consultée 1044 fois

Le chiffre 6. Comme dans 1976, année de sortie de Gottle O'Geer. Les membres les plus anciens et fidèles de FAIRPORT CONVENTION que sont Dave Swarbrick et Dave Pegg se remettent difficilement du départ subit des ex-Fotheringay, et notamment Sandy Denny. Réduits à deux, ils engagent Bruce Rowland en tant que membre officiel. Ils doivent honorer leur contrat avec Island Records et publier encore un effort discographique. Le nouvel album doit paraître mais chose curieuse, c'est parti pour être un projet solo de Dave Swarbrick et non du groupe mythique. Island vient mettre son grain de sel (rappelons que le choc pétrolier est arrivé il y a quelques temps et que nous ne sommes plus dans les trente glorieuses) et forcera Swarbrick à publier ce disque sous le nom simple Fairport, quand ce ne sera pas Fairport featuring Dave Swarbrick aux USA...

Le chiffre 7. Non pas celui de l'album (onzième dans cette discographie), mais qui symbolise malgré tout une malédiction. En 1969, FAIRPORT CONVENTION sort coup sur coup trois disques cultes du folk-rock britannique, avec un line-up légèrement changeant mais majoritairement solide et se suffisant à lui-même. Sept ans et pas moins d'albums plus tard, le seul rescapé publie Gottle O'Geer avec ses acolytes. Et là, on se dit «ouille !». Ce disque à l'origine solo, en plus de ne comporter qu'une seule chanson de Swarbrick seul, est réellement un projet de FAIPORT CONVENTION, avec même le crédit du retour d'un membre historique : Simon Nicol ! Echappé de l'Albion Band, le guitariste s'est vu demander par ses anciens comparses de venir au moins s'occuper de l'enregistrement, ce qu'il fait avec enthousiasme. On commence à en ressentir un peu nous-mêmes, et là on apprend la suite. Island ou plutôt Chris Blackwell, «le couillon le plus riche, nul et sans scrupules que j'aie jamais rencontré» dira Swarbrick, force ce dernier à adopter une formule et à rajouter tout un tas de musiciens additionnels pour les sessions. Certains des albums précédents en avaient révélé quelques-uns, mais c'était très occasionnel contrairement à ici ! Et ce ne sera même pas l'arbre qui cache la forêt, puisque sur ce disque il n'y aura presque rien pour se rassurer. Gottle O'Geer, album nommé ainsi en hommage aux ventriloques qui ne peuvent pas prononcer «bottle of beer», se présente comme l'expérience la moins fructueuse parmi tout ce qu'aura proposé FAIRPORT CONVENTION.

Swarbrick est un grand fiddliste, tous les pratiquants de cet instrument dans le domaine du rock peuvent aisément se réclamer de son héritage. Par contre, il maîtrise moins la composition et l'arrangement, et si je prends le temps de le redire c'est parce que Gottle O'Geer en est le symbole. C'est bien simple, il commence avec la seule chanson que l'on peut trouver vraiment agréable et bien réalisée, «When First Into This Country». Comme sur d'autres titres, on rencontre les claviers de Bruce Rowland ainsi que la guitare très inspirée d'Eric Johns.

«Our Band» se réclame d'un esprit blues en mode ballade, alors que «Don't Be Late» le fait de manière plus élancée, saxos à l'appui et à foison. Mais ces exercices peinent grandement à convaincre, et pourront même déconcerter (sur «Don't Be Late», la seule idée que l'on retient est l'harmonica de Robert Palmer). Idem pour le slow «Lay Me Down» étiré sur cinq minutes et qui donne l'impression de ne jamais finir. «Friendship Song» tente de faire ressortir la présence du célèbre tandem Lyle & Gallagher -qui figure sur la plupart des choeurs de Gottle O'Geer-, sans succès. Sandy Denny offre à Swarbrick une nouvelle ballade que celui-ci chante avec la voix qu'on lui connaît, mais avec toujours aussi peu de conviction. L'instrumental «Cropredy Capers» emploie un rythme funk avec basse en avant, mais l'arrangement n'y est pas assez poussé pour le rendre passionnant. Pareil pour «Limey's Lament» où l'on peut tout juste noter la présence de Simon Nicol à la guitare électrique. Le violon est confiné à un registre simpliste et ne se lâche que sur la polka «The Frog Up the Pump», tout comme les mandolines.

On pourrait au moins remercier Swarbrick d'avoir réduit la durée de ce disque à une simple demi-heure. Bien entendu, c'était son droit le plus strict de proposer autre chose que le folk-rock de FAIRPORT CONVENTION devenu... conventionnel. Mais hélas Gottle O'Geer peinera à marquer les mémoires, sinon en mal.

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   MARCO STIVELL

 
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- Dave Swarbrick (chant, fiddle, alto, mandoline, mandoloncelle, gui)
- Dave Pegg (basse, mandoline, choeurs)
- Bruce Rowland (batterie, percussions, piano, orgue, choeurs)
- + Eric Johns (guitare électrique)
- Nick Judd (piano)
- Martin Carthy (guitare acoustique)
- Ian Wilson (guitare électrique)
- Jimmy Jewel (saxophones)
- Henry Lowther (trompette, bugle)
- Robert Palmer (harmonica, choeurs)
- Bob Brady (choeurs)
- Roger Burridge (choeurs)
- Benny Gallagher (accordéon, choeurs)
- Graham Lyle (dobro, choeurs)
- Simon Nicol (guitare électrique)


1. When First Into This Country
2. Our Band
3. Lay Me Down Easy
4. Cropredy Capers
5. The Frog Up The Pump
6. Don't Be Late
7. Sandy's Song
8. Friendship Song
9. Limey's Lament



             



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