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- Style : Maxime Le Forestier , Georges Brassens

Francis CABREL - Vise Le Ciel (2012)
Par GEGERS le 11 Novembre 2012          Consultée 1909 fois

Cela faisait longtemps, quinze ans au moins, selon les dires de l'artiste, que Francis CABREL souhaitait proposer un album-hommage au patrimoine musical de Bob Dylan. Le moustachu se souvient parfaitement du jour où, à douze ans à peine, il a découvert « Like a Rolling Stone » sur le 45 tours Highway Revisited qu'un copain avait ramené d'Angleterre. Le coup de foudre, une passion naissante qui le marquera durablement. Dans chacun des albums de CABREL, il y a un peu de Dylan, dans le verbe ou les mélodies. L'hommage s'est fait plus appuyé lorsque le chanteur a pris le parti d'enregistrer des reprises en langue française de l'Américain sur ses propres albums : « Shelter From The Storm » / « S'abriter de l'orage » sur Les beaux Dégâts en 2004, ainsi que « She belongs to me » / « Elle m'appartient » sur son dernier album en date, Des Roses et Des Orties. Si l'envie de rendre hommage à Dylan se faisait pressante, c'est une panne d'inspiration, un creux l'empêchant d'avancer dans l'écriture de son prochain album, qui lui a permis de concrétiser son album-tribute. Lorsque les mélodies tardent à surgir, se replonger dans ses classiques est, après tout, loin d'être une mauvaise idée.

Vise Le Ciel prend donc le parti de résumer Dylan en 11 titres. A la découverte de l'album, les doutes sont mesurés. En matière de reprises, CABREL est un cador, transcendant le « Mama Don't » de JJ Cale (« Madame n'aime pas » sur Des Roses et des Orties), transfigurant le « Rosie » de Jackson Browne (sur Sarbacane). Toujours respectueux des artistes auxquels il se frotte, le chanteur sait aussi apposer sa patte et inscrire les reprises dans son univers. Cet album ne fait pas exception. En fin connaisseur de l’œuvre de Dylan, CABREL a pioché quelques classiques (« All along the Watchtower », « Just Like a Woman ») et a pris un malin plaisir à dégoter un bon paquet de titres plus obscurs et confidentiels que les amateurs « occasionnels » de la musique de Dylan prendront plaisir à découvrir à l'occasion de cet album. Accompagné de ses comparses habituels, parmi lesquels le batteur Denis Benarrosh et le bassiste Bernard Paganotti, CABREL prend le parti de « niveler » les compositions choisies, leur donnant une touche tantôt folk, tantôt bluesy. Les arrangements (un harmonica par-ci, un bottleneck par là) font bon effet, et l'on se laisse bien vite happer par ces relectures à la fois fidèles et trop timides.

Comme intimidé par l'ombre de Dylan qui plane tout naturellement sur cet album, CABREL laisse de côté toute audace pour coller au plus près des versions originales. Si le chanteur prétend avoir préféré travailler le sens des images que proposer des traductions littérales, certaines rimes sonnent creux, certaines associations de mots trop faciles, et l'on frise le ridicule à plusieurs reprises. « Tout se finit là, bébé bleu » (« It's all over now », baby blue ») ou « Tout en haut de la tour du guet » (« All along the watchtower ») aurait mérité un meilleur traitement du texte, quite à moins coller aux images originelles. CABREL, qui met de côté toute l'urgence apportée par le débit si particulier de Dylan, déçoit à plusieurs reprises, se faisant trop « plan-plan » sur « On ne va nulle part » (« You Ain't goin' nowhere ») ou sur le blues grabataire de « L'histoire d'Hollis Brown » (« Ballad of Hollis Brown »). Globalement néanmoins, l'album se fait plutôt satisfaisant. « Comme une femme » (« Just like a woman »), qui gagne quasiment une minute sur sa version-single, se voit greffer un final instrumental doté de chœurs féminins poignants. On frissonne, également, à l'écoute de « Je te veux » (« I want you »), dont l'accordéon se fait porteur d'une infinie tendresse. Malgré une traduction un peu fébrile, « D'en haut de la tour du guet » reste, avec sa mélodie aux allures de grand huit, un moment de bonheur intense, tout comme la méconnue « Comme Blind Willie McTell », solennelle et porteuse d'une profonde émotion.

Le reste séduira plus les amateurs de CABREL que les fans de Dylan, malgré la présence de pièces méconnues. A trop respecter le maître, le disciple semble figé et intimidé, n'osant pas prendre ces morceaux au corps pour ses les approprier pleinement. Reste que, dans l'attente d'un nouvel album studio qui se fait de plus en plus désirer, Vise Le Ciel constitue un petit interlude sympathique aux allures de récréation bienvenue pour un CABREL en manque d'inspiration.

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   GEGERS

 
   BAYOU

 
   (2 chroniques)



- Francis Cabrel (chant, guitare)
- Bernard Paganotti (basse)
- Denis Benarrosh (batterie, percussions)
- Michel Françoise (claviers)


1. Comme Une Femme (just Like A Woman)
2. Quinn L'esquimau (quinn The Eskimo)
3. D'en Haut De La Tour Du Guet (all Along The Watcht
4. Je Te Veux (i Want You)
5. On Ne Va Nulle Part (you Ain't Goin' Nowhere)
6. Un Simple Coup Du Sort (simple Twist Of Fate)
7. La Dignité (dignity)
8. Il Faudra Que Tu Serves Quelqu'un (gotta Serve Som
9. Tout Se Finit Là, Bébé Bleu (it's All Over Now, Ba
10. L'histoire D'hollis Brown (ballad Of Hollis Brown)
11. Comme Blind Willie Mc Tell (blind Willie Mctell)



             



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