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- Style : Seven Nations, Runrig, Acoustic Revolution
- Membre : John Jones , Ray Cooper
 

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OYSTERBAND - Diamonds On The Water (2014)
Par GEGERS le 27 Janvier 2014          Consultée 1655 fois

La glace pourra fondre. Le vent pourra souffler, la mer se déchaîner. Les volcans pourront cracher leur lave ravageuse, le ciel pourra s'écrouler sur nos têtes. La terre pourra trembler, OYSTERBAND sera là, dans nos oreilles. Car le groupe britannique EST les éléments, en atteste l'interview de son leader John Jones disponible sur le blog. En 35 ans d'une carrière bien remplie, le combo n'a eu de cesse de chanter et de défendre la Terre face à certains de ses occupants qui pensent pouvoir la privatiser. Tout d'abord « ceilidh band » (groupe de bals), faisant danser ses congénères jusqu'au milieu des années 80, le groupe s'est fait plus rock, plus engagé, plus contestataire également dans le courant des années 90 (« Leave this land alone », chante-t-il à l'attention des constructeurs autoroutiers sur « We'll be there », en 1995) avant de vivre et répandre son amour de la terre nourricière par le biais d'un folk ambitieux, depuis le début des années 2000. Les membres du groupe vont et viennent. Mais si OYSTERBAND enregistre, avec Diamonds On The Water, son premier album sans le bassiste / contrebassiste Ray Cooper, membre du groupe depuis 1989 parti voguer vers des cieux plus solitaires, l'essence-même du groupe, elle, n'a pas changé. Tout comme son amour de la nature.

Diamonds On The Water n'est pas qu'une collection de protest-songs écologistes. Ce serait bien trop simple, et beaucoup trop réducteur. Ce nouvel album de la bande à John Jones est une œuvre complète et complexe, qui articule son folk autour de thèmes à la fois très personnels et universels. Trois ans après l'excellent Ragged Kingdom, qui marquait le deuxième volet d'une fructueuse collaboration avec la chanteuse June Tabor, OYSTERBAND semble décidé à se recentrer sur son savoir-faire. Sans Ray Cooper, pièce importante du groupe, le groupe se recentre sur son noyau dur d'auteurs-compositeurs, qui semblent chercher à se rassurer plus qu'à innover et voguer vers de nouveaux paysages musicaux. Cet état de fait n'est en aucun cas synonyme d'un manque d'ambition, puisque le groupe livrent des morceaux qui, s'ils peuvent paraître simples dans leur structure, se font porteurs d'une beauté complexe et d'un sens profond qui émeuvent, parfois jusqu'aux larmes. Prenez par exemple « A river runs », sa rythmique enlevée, sa ligne de violon céleste, et le chant pur et clair d'un John Jones dont la voix n'a quasiment pas changé malgré le poids des ans. Voici un titre à la fois mélancolique et entraînant, dont la thématique simple (les méandres de l'amour) suffit à en faire une petite merveille. Cette ambivalence entre tristesse apparente et jovialité, grandiloquence des mélodies se retrouve à plusieurs reprises sur l'album, et l'on saluera le travail réalisé sur le magnifique « Spirit of dust », agrémenté de la voix de la chanteuse Rowan Godel, dont le chant léger se marie fort bien avec celui de John Jones.

La nature, si elle n'est pas nécessairement au centre des thèmes de l'album, se voit magnifiée sur « The Wilderness », dont le texte inspiré par une randonnée dans le massif des Rockies, au Canada, se fait l'un des plus puissants de l'album. Sur la mélodie folk, à nouveau magnifiée par un violon et un accordéon délicats, John Jones répète à l'envie la ligne « You're not the master here » (« Tu n'es pas le maître en ce lieu ») qui replace l'homme dans sa (minuscule) condition face à la toute-puissance des éléments. Fidèle à son histoire, OYSTERBAND livre quelques titres rappelant son histoire, à l'image de l'enjoué « No Ordinary Girl » qui se pose en référence directe aux albums de la fin des années 90. Parmi les autres grands moments, retenons la relecture du traditionnel « Once I Had A Sweetheart », réarrangé et mis en valeur par Alan Prosser, ainsi que la superbe ballade finale « Like a Swimmer in the Ocean », dont le minimalisme instrumental ne fait que renforcer l'impact de cette petite pépite folk à la fois légère et délicate, qui conclut l'album de la meilleure manière possible.

Dans l'adversité (comment survivre au départ de Ray Cooper ? Comment se renouveler après 35 ans de carrière?), OYSTERBAND livre un album inspiré et inspirant, qui s'inscrit parfaitement dans sa discographie fournie et se révèle être un album de folk à la fois très actuel et intemporel. La beauté pure des mélodies, couplée à un sens littéraire fascinant, permet au groupe d'accoucher d'un album formidable de bout en bout. Long live the Oysters !

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   GEGERS

 
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- John Jones (melodeon, chant)
- Alan Prosser (guitare)
- Ian Telfer (violon, concertina)
- Dil Davies (batterie)
- Rowan Godel (chant)


1. A Clown's Heart
2. A River Runs
3. Spirit Of Dust
4. Lay Your Dreams Down Gently
5. Diamonds On The Water
6. The Wilderness
7. Palace Of Memory
8. Once I Had A Sweetheart
9. No Ordinary Girl
10. Call You Friend
11. Steal Away
12. Like A Swimmer In The Ocean



             



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