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STEELEYE SPAN - Storm Force Ten (1977)
Par MARCO STIVELL le 11 Décembre 2013          Consultée 922 fois

Bob Johnson et Peter Knight s'en sont allés, mais STEELEYE SPAN n'est pas réduit à un quatuor pour longtemps. Afin d'honorer le contrat qui les lie à Chrysalis, le groupe va puiser dans son passé. Il propose à Martin Carthy, l'un des protagonistes de l'année 1971 et des albums jumeaux de revenir tenir la guitare. Il manque un sixième membre, ce sera John Kirkpatrick, que Carthy avait déjà proposé en remplacement des Woods au début de la décennie, mais qui s'était vu préférer Peter Knight. Kirkpatrick n'est pas violoniste mais accordéoniste, c'est un compagnon de longue date de Carthy, mais aussi d'Ashley Hutchings et plus tard de Richard Thompson, un sacré palmarès dans le milieu du folk-rock britannique.

Avec cette nouvelle (mais éphémère) équipe, STEELEYE SPAN publie son dixième album, d'où le nom choisi, bien que cette bourrasque ne puisse suffire en 1977 à tempérer l'ardeur des jeunes crêtés venus donner un coup de pied dans la fourmilière un an plus tôt à grands coups de "No future !". Et pourtant, le groupe qui a pris plus de temps à peaufiner cette oeuvre que la précédente malgré des tensions internes à leur paroxysme, livre ici une création digne de son talent. A noter déjà ce qui représente selon moi leur plus bel artwork, fruit du travail d'Adrian Chesterman qui travaillera ensuite pour Motorhead, Chris Rea...

Storm Force Ten est fondamentalement différent de ses prédécesseurs car Martin Carthy n'a pas cherché à reproduire la férocité du son Johnson. Si l'on peut encore noter quelques guitares légèrement grésillantes, globalement Carthy préfère un son clair qui tend à rapprocher un peu plus STEELEYE SPAN d'un registre typiquement folk, et l'accordéon de John Kirkpatrick va aussi dans ce sens. Autant en France nous ne sommes toujours pas arrivés à nous sortir du complexe bal musette concernant cet instrument, autant en Angleterre il occupe depuis cette époque une place prépondérante dans le renouveau folk et en particulier grâce à Kirkpatrick. L'entendre dans la musique de STEELEYE SPAN est étrange au départ, mais une excellente opportunité que nous offre ce disque, unique aurais-je envie de dire (si l'on excepte le live). Même en étant plus aéré, ce folk-rock reste d'une puissance incomparable parmi les grands groupes des seventies et particulièrement à cette époque.

Pour bien ce faire, le disque s'ouvre avec «Awake, Awake», la chanson grâce à laquelle STEELEYE SPAN a remporté ma faveur. Paraphrase du Cantique des Cantiques non moins élégante que l'originale, cette chanson d'amour en mode ballade nous offre des couplets où Maddy Prior et Tim Hart chantent en duo alternativement ou en choeur avec les autres membres, et relevés par un ton musical dense et rêveur qui n'appartient qu'au nord-ouest de l'Europe. Une merveille. «Sweep, Chimney Sweep» est emprunté à la Copper Family (anciens chanteurs traditionnels) dont la tradition a-cappella est respectée, pour le meilleur de ce que STEELEYE SPAN a pu produire en la matière. «The Wife of the Soldier» ainsi que «The Black Freighter» sont deux textes de Bertolt Brecht interprétés en complainte et auxquels Maddy Prior donne un doux parfum de cynisme. Les guitares et la basse sont divines sur la première, tandis que «The Black Freighter» (déjà reprise par Judy Collins sous le nom «Pirate Jenny») est un peu plus contrastée et voit la participation de Mike Batt, l'ex-producteur du groupe aux nappes de synthétiseur.

STEELEYE SPAN nous avait déjà régalés de quelques longs morceaux fort savoureux, mais ils atteignent ici un point culminant avec «The Victory». La manière dont ils arrivent à remplir ces huit minutes trente grâce à des couplets lents survolés par des flûtes et cors, des refrains rapides en polyphonies vibrantes, et même un pont acoustique onirique, est époustouflante. «Some Rival» est une nouvelle chanson d'amour servie dans un arrangement très folk et sublime, Maddy chantant sur les guitares acoustiques en étant rejointe par la flûte et le hautbois de Nigel Pegrum. Plus sombre, «Treadmill Song» parle du quotidien des prisonniers du XIXème siècle et de leur routine. Chantée par Tim Hart, le côté lancinant y est fortement accentué nonobstant les montées de guitares et on se laisse facilement prendre à cette ritournelle mélancolique. A l'inverse, «Seventeen Come Sunday» qui viendrait en partie de Robert Burns, dépeint l'amour de jeunesse avec beaucoup de légèreté, l'accordéon virevoltant et la mélodie entraînante chantée conjointement par Prior et Kemp sauront nous réjouir et faire danser, la chanson étant à son tour augmentée d'un développement instrumental final au goût joliment relevé.

J'aurais voulu mettre 5 à cet album qui est à l'origine de mon amour pour le groupe, mais je me retiens uniquement dans un souci d'objectivité, et même si je ne sais plus vraiment ce que ce mot veut dire.

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   MARCO STIVELL

 
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- Maddy Prior (chant)
- Tim Hart (guitares, chant)
- Martin Carthy (guitares, chant)
- Rick Kemp (basse, chant)
- Nigel Pegrum (batterie, flûte, hautbois)
- John Kirkpatrick (accordéon, chant)


1. Awake, Awake
2. Sweep, Chimney Sweep
3. The Wife Of The Soldier
4. The Victory
5. The Black Freighter
6. Some Rival
7. Treadmill Song
8. Seventeen Come Sunday



             



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