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ELOY - Silent Cries And Mighty Echoes (1979)
Par WALTERSMOKE le 23 Juin 2015          Consultée 1364 fois

Avec Ocean, ELOY a séduit son monde tout comme il a rendu sceptique certains critiques – excluons d'office ceux qui du jour au lendemain crachaient sans raison sur le prog. Le quatuor allemand a même réussi à s'imposer dans les ventes, devant de grosses pointures anglo-saxonnes, et avait, pour certains fans, atteint son apogée, étant même capable de s'arrêter là et de descendre un peu sans souci. Seulement, il faut retenir deux choses : primo, la chute sera forcément dure (mais à quel point, voilà la variable), et secundo, Ocean n'est pas le sommet d'ELOY.

Non, pour cela, il faut attendre 1979 et la sortie d'un album qui fera un score encore meilleur en termes de ventes. Silent Cries and Mighty Echoes, tel est son nom, conforte ELOY sur la scène teutonne et lui permet de tenir tête à la vague destructrice qui engloutit bon nombre de groupes qui n'ont alors plus que leurs yeux pour pleurer, et encore. Cependant, alors qu'Ocean était un peu massif et cliché, son successeur studio peut se targuer d'être le meilleur album jamais réalisé par ELOY, du moins dans les années 70. Vraiment, s'il ne fallait en retenir qu'un seul, ce serait Silent Cries and Mighty Echoes.

Et pourtant, et pourtant... la face A permet aux détracteurs de la bande à Bornemann de se lâcher de manière presque légitime. On accuse ainsi, de manière générale, le groupe de sonner trop proche de Pink Floyd, ce qui n'est pas faux. Mais avec "Astral Entrance/Master of Sensation", ce constat est encore plus vrai, notamment quand on note d'étranges similitudes avec l'intro d'un certain "Shine on You Crazy Diamond". Pis, la section centrale de "The Apocalypse" y mêle également une quasi-repompe du thème principal de "I Know What I Like", premier single « commercial » de Genesis [1]. C'est flagrant, certes. Mais quelle importance quand le plagiat n'est finalement pas atteint et surtout quand ces inspirations ne font que servir des compos originales et maîtresses d'elles-même ? "Astral Entrance/Master of Sensation" voit une nouvelle fois tout le monde se donner à coeur joie pour donner le meilleur de soi-même, et le résultat est une cavalcade progressive où la guitare de Frank Bornemann et les claviers de Schmidtchen sont rois. Difficile d'y rester insensible, même en incluant le chant du leader d'ELOY. "The Apocalypse" n'est pas aussi dévastateur et rageur que pourrait le suggérer son titre, mais il n'en reste pas moins un morceau aux ambiances fines et irréelles – mais un peu kitschouilles aussi, admettons-le. Non, décidément, rejeter ces deux morceaux juste parce que ce serait du prog allemand ou juste du prog, c'est franchement idiot.

La note maximale, cependant, ne peut se justifier par la face A de Silent Cries and Mighty Echoes. C'est là qu'intervient la face B, plus fractionnée. Enfin, façon de parler, puisqu'il y a en fait trois morceaux au lieu de deux. Pour faire simple, "De Labore Solis" est le morceau le plus faible, non pas parce que Jürgen se contente de frapper quelques toms de manière majestueuse, mais bien parce qu'il traine un peu en longueur. Cependant, placé dans l'album, il mérite tout à fait sa place en tant que respiration entre deux pavés riches en... hé bien, en tout. "Pilot to Paradise" est a priori un clone de "Master of Sensation", mais il paraît aisé de constater que ce morceau sait garder son identité propre, et se permet d'ailleurs d'être plus concis. "Mighty Echoes", morceau à moitié titre de l'album, commence avec une belle mélodie au glockenspiel, avant d'enchainer sur une nouvelle compilation de mélodies rêveuses, de poésies bien écrites (n'oubliez pas les paroles [2]) et de soli de guitare redoutables.

S'il fallait faire un reproche, ce serait au niveau de la section rythmique, qui se fait parfois un peu monotone. Cela rappelle que Silent Cries and Mighty Echoes n'est pas quasi-parfait, et que le modèle restait encore bien perfectible. Quand on voit ce qui restait à améliorer, cependant, on ne peut que rester pensif et admiratif devant le travail abattu par ELOY. ELOY qui conclut avec beauté les années 70, avant de commencer une nouvelle décennie pleine de défis.

Note réelle : 4,5/5

[1] : oui, parce que pour rappel, cela n'a pas commencé avec le départ de Peter et/ou Steve
[2] : désolé...

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- Frank Bornemann (chant, guitares)
- Klaus-peter Matziol (basse, pédales)
- Detlev Schmidtchen (claviers)
- Jürgen Rosenthal (batterie, percussions, flute)


1. Astral Entrance/master Of Sensation
2. The Apocalypse
3. Pilot To Paradise
4. De Labore Solis
5. Mighty Echoes



             



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