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ELOY - Ocean (1977)
Par WALTERSMOKE le 9 Juin 2015          Consultée 1087 fois

Ocean est un vrai mystère. Une anomalie darwinienne, du même style qu'un tyrannosaure au Paléogène. Comment se fait-il qu'un tel album puisse voir le jour ? Plus précisément, comment se fait-il que le groupe de rock progressif ELOY ait pu créer Ocean, disque on ne peut plus proche des canons/clichés du genre, et ce en cette punk année 1977 ? D'aucuns diront que le rock progressif n'est pas encore tout à fait mort, et que des disques dignes de dinosaures sortent encore. Soit. Mais alors, comment expliquer qu'Ocean ait pu se classer numéro un des ventes en Allemagne, loin devant Genesis et Queen ? Drôle de mystère, à moins que ce soit encore un facétieux dommage collatéral des voyages en TARDIS.

Bref, ELOY frappe fort avec Ocean. Deuxième étape de l'âge d'or, cet album présente le quatuor se plonger encore une fois dans l'exercice de l'album-concept. Après des voyages dans le temps (Power and the Passion) et une histoire d'amour fantasque (Dawn), voilà que c'est au tour de la mythologie grecque de passer chez les Allemands. Le batteur Jürgen Rosenthal, également parolier, a pu mettre en place le concept énoncé par Frank Bornemann, et tisser ainsi des textes à volonté fantastique, certes, mais aussi philosophiques. Il est d'ailleurs presque inutile de rappeler combien le mythe de l'Atlantide, largement évoqué sur Ocean, a pu inspirer les artistes. D'ailleurs, la couleur est donnée dès la pochette, très explicite bien qu'assez moche.

À sa sortie en 1977, bien des critiques se sont montrés sceptiques à l'écoute d'Ocean. D'aucuns y dénonçaient un concept bancal servi par des paroles pas très éloignées du risible (ELOY sera même interdit de Rockpalast pour ce point, ce qui est ridicule). Le public, pour sa part, a immédiatement accroché, se chargeant de faire de l'album un beau petit succès inespéré bien que travaillé. Avec un bon gros recul, et en comparaison avec les autres albums, il faut reconnaître que les critiques n'ont pas eu tout à fait tort : Ocean est fort bon, mais pas au point de laisser pantois. ELOY a pris ici le risque de se jeter dans des structures bien connues du rock progressif, et s'y est un peu embourbé.

D'un côté, l'engouement pour Ocean est assez compréhensible. D'abord, la musique en elle-même est toujours aussi bien jouée, notamment les claviers d'un Detlev Schmidtchen qui a pris en assurance et en importance. La production, assurée par le groupe lui-même, est également aux petits oignons, bref, certains aspects de la forme sont idéaux. D'autres sont en revanche moins maitrisés, comme la longueur des morceaux, et bien évidemment le fond pose problème. Ocean ne contient en effet que quatre morceaux, dont le plus court dure 8 minutes. Dans le cadre du genre, il faut savoir composer de solides passages et travailler ses transitions, au risque de se planter mémorablement.

Ce n'est pas totalement gagné. Ocean s'écoute avec un plaisir certain, certes, mais ce n'est pas exactement le genre d'album que l'on sortira dès lors qu'on cherche du rock progressif qui claque. Et pourtant, les bons moments ne sont pas rares. "Poseidon's Creation" vaut ainsi pour ses parties chantées, assez prenantes et épiques, mais qui font suite à des passages instrumentaux difficiles à encaisser. "Decay of the Logos", pour sa part, est une véritable démonstration de force, surtout au niveau des claviers, et passe pour le meilleur morceau de l'album, même avec un chant franchement pas top. Impossible de comprendre en revanche le dernier morceau, ou du moins comment il a pu plaire. Commençant par une narration, "Atlantis' Agony at June 5th-8498,13P.M. Gregorian Earthtime" (ce titre...) possède une première moitié franchement dispensable, car plate et stérile. Il faut attendre la seconde moitié, plus animée et musicalement riche, pour en fin de compte apprécier un morceau bien mais sans plus, pas de quoi se relever la nuit. Ah, « petite » précision, ce morceau dure 15 minutes. On aura vu plus varié et excitant, y compris chez ELOY lui-même – rappelons-nous de Land of No Body, foutraque mais très intéressant.

En un mot comme en cent, Ocean est un album en retard d'une guerre. Il serait sorti trois ans plus tôt, on l'aurait tout de suite remarqué et mis de suite au même niveau que les Relayer et autres The Lamb. En théorie seulement, car l'album a été le premier grand carton d'ELOY. C'est franchement inédit, surtout quand on constate que l'album n'est finalement pas exactement une pépite. Le pire, c'est que la suite immédiate sera tout aussi bonne pour Eloy. Et cette fois de manière justifiée.

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   WALTERSMOKE

 
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- Frank Bornemann (chant, guitares)
- Klaus-peter Matziol (basse, choeurs)
- Detlev Schimdtchen (claviers, synthés, vibraphone)
- Jürgen Rosenthal (batterie, percussions, flute)


1. Poseidon's Creation
2. Incarnation Of The Logos
3. Decay Of The Logos
4. Atlantis' Agony...



             



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