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- Style : Deep Purple, Pink Floyd
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ELOY - Ra (1988)
Par WALTERSMOKE le 20 Juillet 2015          Consultée 632 fois

1986, en cette période de tempête tranquille dans les charts, Frank Bornemann mène sa vie comme il peut, comme il veut. Cela fait deux ans qu'ELOY, le groupe qu'il menait contre vents et marées depuis 1972 (et qu'il avait cofondé en 1969) s'est dissous. Une belle saga, commencée sous les drapeaux du rock progressif et terminée dans les méandres du rock FM, sans que ce soit pour autant franchement honteux. Sauf que le Destin se mêle de l'histoire du groupe, et fait se rencontrer le chanteur-guitariste et le claviériste Michael Gerlach. Les deux hommes sympathisent, et petit à petit, l'idée de ressusciter ELOY apparaît dans leurs esprits. Elle fait son chemin, et finalement se concrétise au fur et à mesure, jusqu'à ce qu'en 1988 sorte un successeur à Metromania (1984), j'ai nommé Ra.

La pochette de Ra est assez éloquente : un embryon dans un univers cosmique. Le thème de l'espace est au moins fortement pressenti, et une idée de renaissance peut également transparaître pour un fan d'ELOY. Un fan qui se demande alors « mais attends, ELOY, du coup, c'est devenu un duo ? Et comment ils vont faire pour jouer des instruments ? ». C'est là le premier point de discorde : Bornemann et Gerlach font appel à des musiciens de sessions, principalement pour les guitares et basses – en plus de choeurs, mais ces derniers chez Eloy, on a l'habitude. En ce qui concerne la batterie, elle permet d'aborder le deuxième point de discorde : les instruments en eux-mêmes. Si Bornemann fait rugir sa guitare, Gerlach, en plus d'étaler des claviers partout partout, se fend également de l'usage d'une boite à rythmes la plupart du temps. Honteuse horreur, diront certains, air du temps et modernisme diront d'autres – dont je fais partie, à mort le passéisme.

Le plus grave arrive avec le troisième point de discorde, et non des moindres : la qualité de la musique. Ra est un album faisant montre d'un manque d'inspiration flagrant. Outre des instruments bien joués mais pas optimisés pour sonner beau, les compositions sont franchement passables. Si ELOY revient à un format plus progressif, plus proche de son âge d'or, il n'en reste pas moins qu'il a oublié la qualité qui va avec. Et puis... rappelez-vous du qualificatif « Pink Floyd teuton ». Rappelez-vous de l'emprunt à Genesis sur Silent Cries and Mighty Echoes (1979). Hé bien cette fois, c'est sur Yes qu'ELOY pique son style. "Dreams" et "Invasion of a Megaforce" reprennent quelque peu les accords de guitare à la Steve Howe, et surtout les chants multiples, comme quand Jon Anderson chante avec feu Chris Squire et Howe en choeur, les interventions féminines en plus ici. Une « inspiration », donc, qui sert en plus des morceaux franchements ennuyeux, on peine à prendre un quelconque plaisir. "Rainbow et Hero" sont à peine moins ternes, au moins sont-ils originaux.

En définitive, seul le premier tiers de l'album est à sauver. Si "Voyager of the Future Race" semble pomper (décidément) sur Mike Oldfield à l'intro, cela ne dure heureusement pas longtemps et ELOY enchaîne sur un numéro progressif inspiré et disant non à la monotonie. Bien plus classique est "Sensations", qui n'est ni plus ni moins que l'un des morceaux rock FM les plus aboutis du groupe. Si l'on fait abstraction de la BAR, force est de constater que Bornemann et Gerlach maîtrisent la science du hit potentiel. Dommage que "Sensations" soit arrivé en retard d'une guerre, il aurait plus attiré l'attention deux-trois ans plus tôt.

Un début prometteur pour une suite décevante : Ra est un exemple parfait de la reformation ratée. Les fans hurlent de dépit, les ventes peinent à décoller, bref, ELOY connait un échec cinglant. Cela ne décourage pas pour autant ses deux membres, qui vont prendre leur temps avant de sortir un nouvel opus, histoire de montrer qu'ELOY est toujours actif.

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- Frank Bornemann (chant, guitares)
- Michael Gerlach (claviers, synthés boite à rythmes)
- +
- Achim Giesler (claviers sur 4 et 5)
- Stefan Höls (basse sur 4, choeurs sur 3 et 5)
- Darryl Van Raalte (basse fretless sur 3)
- Paul Harriman (basse sur 2)
- Anette Stangenberg (chant sur 3, 4 et 5)
- Diana Baden (voix sur 3)
- Tommy Newton (guitare sur 2)
- Udo Dahmey (batterie sur 4)
- Sue Wist (voix sur 1)


1. Voyager Of The Future Race
2. Sensations
3. Dreams
4. Invasion Of A Megaforce
5. Rainbow
6. Hero



             



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