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The CURE - Wish (1992)
Par RICHARD le 19 Février 2020          Consultée 193 fois

21 avril 1992. Elisabeth II fête ses 66 ans. Iggy POP pas en reste lui non plus souffle ses 45 bougies tandis que Robert Smith amorce sa 33ème année et moi, plus modestement, mes 15 printemps. C'est aussi et surtout la sortie très attendue en son temps du neuvième album des Anglais. Celui-ci dans l'histoire bien chaotique du groupe revêt indéniablement un caractère marquant. Il y aura un avant et un après WISH. Les CURE avec ces douze titres variés vont atteindre leur pic de popularité. La galette rouge et bleue va facilement se hisser en terme de ventes sur la première marche du podium dans leur pays et sur la deuxième aux Etats-Unis . Cette apogée se traduit dans l'hexagone entres autres par le passage en rotation lourde des singles sur les radios de djeuns type SKYROCK et FUN RADIO. Si, si, vous avez bien lu ! Un temps que les moins de quarante ans auront sans doute un peu de mal à imaginer.

Depuis 1989 et la sortie du romantiquement lucratif Disintegration, CURE (comme indiqué sur la pochette) est incontestablement sur son petit nuage. Le combo effectue durant l'été 1990 une petite tournée pépère des festivals avec comme point d'orgue un affolant concert parisien sur la Place de la République. Il en profite également pour sortir l'incompréhensible et immonde Mixed Up, une compilation de remixes de ses propres hits. C'est incontestablement la première entorse à l'intégrité artistique reconnue du leader. Le gang de Crawley semble en fait dangereusement vivre sur ses acquis. C'est un inquiétant rythme de sénateur qui pointe même le bout de son nez. L'état d'esprit post-punk qui a donné naissance à l'un des groupes les plus fascinants de la pop musique ne semble plus être qu'un lointain souvenir. C'était pourtant son mépris des dinosaures du rock qui l'avait poussé à se créer à la fin des années 1970. Le voici lui aussi en passe d'être exposé au Muséum d'Histoire Naturelle de Londres. Robert doit se bouger et ça va plutôt lui réussir !

Si Wish n'atteint pas à l'applaudimètre curiste et dans le cœur des fans la place enviée de la Trilogie glacée, voire même du surfait Disintegration, il présente néanmoins pas mal d'arguments qui jouent en sa faveur dont un pas des moindres: il peut-être encore dignement écouté dans sa globalité et ce malgré ses petites faiblesses. Cet album encore plus que d'autres des Anglais est vraiment le fruit de son époque. En effet, et c'est une première pour lui, Smith hume fortement l'air du temps pour en restituer à sa sauce ébouriffée toutes ses effluves.L'enregistrement est contemporain de la tempête shoegaze britannique Par un amusant effet de miroir et par le privilège de l'âge, les CURE sont même devenus une influence majeure pour certaines jeunes pousses comme RIDE ou SLOWDIVE. Politesse anglaise oblige, Smith renvoie l'ascenseur en proposant des ambiances brutes où les guitares tiendront une place conséquente. Si cette décharge sonore limitée ne marchera pas sur les plates-bandes brûlantes de MY BLOODY VALENTINE, elle est cependant la preuve évidente que les compères ont abandonné la pesanteur ouatée du précédent album pour mettre en exergue toute la force vive de l’électricité.

Wish c'est un peu le jeu des sept familles sauf qu'elles ne sont en fait que trois. Dans la première, je demande les guitares tranchantes et acérées. Je les ai ! L'introductif "Open" et le conclusif "End" en regorgent. Il est comme ça Robert. Il s'inspire de CAMUS, KAFKA ou SALINGER et parfois il lui pique d'aller à l'essentiel pour le choix des titres. C'est aussi ce qui fait naturellement son charme. Ces chansons longues et sinueuses comme les boucles du col du Tourmalet voient les notes rageuses du leader répondre à celles de Perry Bamonte et Porl Thompson.Ces trois guitares, oui,trois, créent parfois comme un magma sonore , une moussaka musicale où les couches électrifiées viennent se superposer. Qu'il semble bien loin le temps où Smith égrenait de timides et faméliques arpèges.Comme pour les hymnes de U2, ces morceaux sont taillés pour la scène et les stades (dinosaure je vous dis). Ils prendront effectivement une belle ampleur lors du Wish Tour grâce entre autres à Boris Williams le discret et néanmoins inventif batteur.

Smith est bien en phase avec ces ambiances lourdes et demeure tout aussi énervé que ses instruments branchés. Il nous prend à témoin et clame haut et fort "qu'il ne sait vraiment pas ce qu'il fait ici».Il nous demande même expressément «d'arrêter de l'aimer". Ces hésitations habituelles et ses requêtes originales se marient parfaitement avec cette tension sonore. Pour ceux qui ont découvert comme moi à leurs sorties ces ambiances saturées, il y avait de quoi être surpris. En faisant avec conviction de l'électricité leur meilleur allié émotionnel, le groupe réussissait encore à être crédible. Mais comme toujours avec Robert,parfois, le plantage est magistral. Sur le pénible "Cut", il verse dans la caricature et on croirait entendre un guitare-hero qui se paye en plus le luxe d'être pas peu fier de lui.Heureusement, il se rattrape et nous propose avec les huit minutes grandioses de "From The Edge Of The Deep Green Sea" un titre qui en plus d'être superbe est devenu un classique de son répertoire. Voici une chanson qui vous prend littéralement aux tripes. Ses multiples structures, cette montée progressive, la beauté de ces mots et le flot continu d'émotions qui vous assaille concourent à la rendre unique. Allez comme en concert, "Put Your Hands In The Sky !"

D'émotions, il en sera encore question avec la deuxième famille, celle qui se caractérise par sa discrétion mélancolique. Wish n'est pas effectivement qu' agressives guitares comme le laisseraient supposer mes quelques lignes ci-dessus. Smith expose comme à son habitude une autre de ses facettes , son côté obsCURE. Encore une fois et quitte à me répéter, le groupe possède cette déconcertante facilité à naviguer entre le sérieux et le léger, le noir le plus profond et la lumière la plus rayonnante."To Wish Impossible Things" est ainsi un petit bijou de mélancolie réconfortante. Smith sur ce morceau comme sur le neurasthénique "Apart" prend son temps pour développer ses mélodies en demi-teinte. Il a eu la riche idée de s'alléger du pathos caricatural qui boursouflait parfois Disintegration. Même lorsqu'il nous susurre "All I Wish Is Gone Away", bah, on n'a même pas mal.La magie opère donc comme au bon vieux temps. Les arpèges aériens du leader et la basse six cordes de Gallup à l'image du doux et poignant mais pas gnangnan "A Letter To Elise" rappellent que les Anglais sont passés maîtres dans l'art pop du "bonheur d'être triste".

Une troisième famille comme un troisième visage. Une pop qui ne craint aucunement de s’appeler ainsi. Des titres qui jusque dans leur excès de trop plein de bonheur aideront sans aucun opportunisme l'album à caracoler à la tête des charts mondiaux. A l'image des BEATLES qu'il estime, Smith a toujours déclaré qu'il n'y avait pas plus difficile à composer qu'une chanson pop. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en 1992, il avait encore le coup de main sur le Robert. On zappera l'indigeste funky horripilant "Wendy Time" pour s'attarder plus volontiers par exemple sur la belle mélodie gonflée à l'hélium qui sculpte l'enjoué et félin "High". Les CURE ont la joie contagieuse et nous exhortent même à travers le bondissant «Doing The Unstuck» et ses guitares tournoyantes à être heureux. C'est aussi ceci les Anglais. Un enthousiasme aucunement factice qui vaut plus que l'éternelle image de gothiques patibulaires mais presque comme dirait l'autre qui leur colle à la peau ! Cette sensation atteindra son paroxysme sur le désormais plus que classique et archi-entendu "Friday I'm In Love". Les paroles d'une naïveté confondante ne diminuent en rien l'évidence et la force de cette mélodie irrésistible. A l'instar du clip, on a envie de rire, danser et crier. De vivre. Je les aime aussi pour ça les CURE !

Wish est assurément un album varié,solide et jamais avare en émotions. Dans l'air du temps sans être copieurs, les Anglais artistiquement parlant étaient encore crédibles. Les CURE en 1992 étaient bien à leur apogée, comme un avant et un après, donc.

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   (2 chroniques)



- Robert Smith. (chant, guitare, claviers)
- Simon Gallup. (basse. claviers)
- Perry Bamonte (guitare, basse, claviers)
- Porl Thompson. (guitare)
- Boris Williams. (batterie, percussions)
- Kate Wilkinson (alto sur "to wish")


1. Open
2. High
3. Apart
4. From The Edge Of The Deep Green Sea
5. Wendy Time
6. Doing The Unstuck
7. Friday I’m In Love
8. Trust
9. Letter To Elise
10. Cut
11. To Wish Impossible Things
12. End



             



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