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The CURE - The Head On The Door (1985)
Par RICHARD le 19 Octobre 2019          Consultée 436 fois

Il était dit que dans le calendrier curiste l'année 1985 serait celle du plumeau capillaire et de la chaussette. En effet, c'est durant ces quelques mois que le groupe de Robert Smith pris une dimension mondiale et que la Curemania déboula un peu partout sans crier gare.Il faut simplement essayer de se souvenir ou d'imaginer des légions de petits clones du chanteur s'invitant aussi bien dans les cours de lycée que chez Papi et Mamie pour leur sacro-saint gigot dominical. C'est à travers le clip de "In Between Days" et ses chaussettes multicolores que les CURE sont devenus à l'image des cassettes VHS ou des images PANINI un symbole des années 80. Même avec près de 35 ans de recul, il est toujours difficile de comprendre les raisons de ce succès. Quoi que l'on pense de cette décennie, elle était capable dans un même élan de nous proposer BALTIMORA et U2, FALCO et DEPECHE MODE. Enfant ou adolescent, on ne se rendait même pas compte de l'éventail de cette offre. Tout semblait naturel et logique. Une pop étrange du jour au lendemain pouvait donc se retrouver en haut des classements. Je ne sais pas si c'était mieux avant comme dirait un vieux grincheux nostalgique,mais c'était sans doute différent, à l'évidence.

Différent, voici un mot qui sonne également plutôt bien pour nos Anglais en cet été 85. En effet, Simon Gallup l'ombrageux bassiste de la Trilogie glacée après dix huit mois de brouille avec son frère siamois est revenu au bercail et le talentueux Boris Williams arrive quant à lui derrière les fûts. On tient là et au moins pour sept ans les CURE de l'Age d'Or. Il n'y a pas seulement que la composition du groupe qui a changé. Smith est passé par la case WEIGHT WATCHERS et semble aussi, ce qui est somme toute le principal, plus en paix avec lui même.Il est devenu maître zen New Wave et nous propose son remède pour accéder à un bonheur qui demeure rassurez vous néanmoins mélancolique. C'est un quintet qui a de l'appétit, de l'ambition. Une belle bande de potes confiante en elle pour tout dire. Cet état d'esprit totalement nouveau pour Smith and Co s'est retrouvé également au début de l'année durant les sessions apaisées d'enregistrement de The Head On The Door. Cette positive attitude se prolongera naturellement sur scène avec une tournée mondiale réussie et riche en émotions. Cet album est donc un nouvel espace de liberté. Smith s'il n'est pas totalement libéré de ses démons semble pourtant mieux s'en accommoder. Loin des ambiances monochromes de la Trilogie glacée ou de la folie géniale de The Top, cette galette est un véritable patchwork sonore qui a ses hauts, mais aussi ses quelques bas.

Le sixième album du gang de Crawley est donc d'abord porté par deux singles qui sont devenus des classiques (sans doute trop entendus) que l'on ne présente même plus. Enfin si, un peu quand même. Résolument pop, ces morceaux amèneront un nouveau public avide d'ambiances moins pesantes en apparence. "In Between Days" ouvre le bal. Très proche d'un NEW ORDER joyeux, ce morceau est éminemment représentatif du style Smith de l'époque. Des paroles pas nécessairement enjouées sur une rythmique endiablée. La voix enfantine du leader qui peut autant crisper que séduire et le clip façon mal de mer de Tim POPE feront le reste. "Close To Me" sera elle aussi un carton. Pourtant, elle n'avait rien d'évident avec ces petits claquements de mains malsains et cette voix haletante, limite irritante. La mélodie simple rentre tout de suite dans la tête. Pour sa sortie en single, Smith y rajoute une couche indigeste de cuivres qui est censée être celle d'une procession funéraire de la Nouvelle Orléans. Elle est tout bonnement insupportable! La version de l'album plus fluide retranscrit bien les humeurs en définitive toujours changeantes de son leader. On tutoie une certaine forme de légèreté mais de loin, quand même.

Le leader a désormais aussi des envies d'ailleurs. Il nous délivre alors un angoissé et bien senti "Kyoto Song" qui sous ses airs tristounets et japonisants prouve que le leader n'a pas encore totalement la banane. Lorsque Smith paraît heureux ou désire nous le faire opportunément croire, c'est l'effet inverse qui arrive en fait. Que pensez d'un titre comme "The Blood" qui même enlevé avec ses vagues guitares hispanisantes vous donne littéralement envie de poursuivre le leader avec des banderilles. Et le tout aussi pénible "Screw" avec sa basse funky ne vaut pas mieux même si les Anglais démontrent une originalité évidente. C'est l'un des paradoxes de The Head On The Door. Son succès mondial ne cachera jamais les faiblesses (relatives) qu'il contient. Sur ce point, "A Night Like This" est également un bel exemple. C'est une pop song à l'entame parfaite que vient gâcher le terrible et maudit saxo estampillé 80's façon slow Lionel RICHIE...Pas terrible, tout ceci. On pourrait avoir la désagréable sensation d'un hold-up artistique de la part des CURE, mais ce n'est évidemment pas le cas car Smith en a encore sous le pied et délivre quand même des morceaux à haute teneur pop variés et addictifs.

C'est certain, proposer de multiples ambiances en moins de quarante minutes, ce n'est pas nécessairement confortable et même le plus souvent casse-gueule. On se disperse façon puzzle et trop de diversité vient parfois à tuer l'émotion. Pourtant, Smith tel un Bruce LEE gothique sait se montrer étonnamment souple. En effet, en torturé patenté qu'il est, il se soigne en nous délivrant l'un des beaux plus titres mélancoliques de l'album. On retrouve en effet dans "Sinking" ce spleen atmosphérique qui pourrait rappeler les fantômes pas si lointains de Faith. La voix comme désespérée de Smith fait ici toujours son petit effet. On en parle rarement, mais elle devient à partir de cette galette l'une des caractéristiques majeures des CURE. Elle prend des tons surprenants. Sur "Six Different Ways" la valse synthétique totalement pompée sur celle de "Swimming Horses" des BANSHEES, Smith utilise sa petite voix plaintive à la limite des sanglots qui devient ensuite nettement plus affirmée sur le superbement intense "Push" (cette intro mes enfants) et son fameux "Go Go Go !!!" (frissons garantis en concert). Pour conclure, un titre réussi comme "The Baby Scream" résume bien cette période. Smith balance un beau numéro vocal sur fond de guitares dynamiques et boîte à rythmes terriblement new wave. En moins de quatre minutes, il offre la synthèse de toutes ses années de création, sa synthèse.

The Head On The Door est un succès populaire indéniable. En 1985, les CURE sont pop et même si cette galette est parfois inégale, le culte entourant les Anglais est bien quant à lui lancé !

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   RICHARD

 
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   (2 chroniques)



- Robert Smith (chant, guitare, claviers)
- Simon Gallup (basse)
- Porl Thompson (guitare, clavier)
- Laurence Tolhurst (claviers)
- Boris Williams (batterie)
- Ron Howe (saxophone)


1. In Between Days
2. Kyoto Song
3. The Blood
4. Six Different Ways
5. Push
6. The Baby Screams
7. Close To Me
8. A Night Like This
9. Screw
10. Sinking



             



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