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ROCK  |  LIVE

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- Style + Membre : Siouxsie And The Banshees

The CURE - Show (1992)
Par RICHARD le 4 Mars 2020          Consultée 1673 fois

Lorsqu'en mai 1992, Robert Smith et sa bande des quatre entament leur énorme tournée nord-américaine de plus de cinquante dates, ils sont confiants en leur avenir et même pour ainsi dire déjà quelque peu hors-sol. Depuis le carton outre-Atlantique de Disintegration, la crépusculaire galette romantique sortie il y a à peine trois petites années, les CURE à l'instar de DEPECHE MODE ou U2 remplissent sans souci majeur tous les stades des Etats-Unis et ceci même dans les coins les plus reculés. Ils peuvent encore plus qu'avant compter sur une armée dévouée de fans jeunes et excités qui apprécient autant le sombre lyrisme de l'Anglais que VANILLA ICE ou EXTREME, Amérique oblige. Comble du bonheur, Wish, leur dernier album sorti en avril aux effluves noisy-shoegaze, se hisse progressivement en terme de ventes chez l'Oncle SAM à la deuxième place. Les Anglais après un warm up d'une dizaine de dates dans leur pays sont prêts à affronter le gigantisme américain et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne seront aucunement déçus.

Show est donc la synthèse de deux concerts donnés les 18 et 19 juillet 1992. Il a été enregistré au Palace d'Auburn Hills dans la banlieue de Detroit. Ce live revêt un caractère éminemment représentatif de ce que fut un concert sur le sol américain des CURE. Beaucoup de pop, des classiques passant sur toutes les radios, des titres issus du dernier album en date et... c'est tout. Smith rétrospectivement s'est plu à dire qu'il ne pouvait jouer sur ce continent que les morceaux les plus joyeux de son répertoire. C'est sans doute vrai même s'il y a toujours un petit côté taquin dans les déclarations de l'éternel leader ébouriffé. Il suffit juste effectivement de se pencher sur les chansons jouées en Europe. Les choses ont été quand même bien différentes, c'est certain. Les morceaux les plus sombres souvent issus de la Trilogie glacée (1980-1982) et quelques belles raretés ont eu plus souvent droit de cité pour la plus grande joie des présents. L'écoute de Paris, l'autre disque live des Anglais sorti dans la foulée de Show, se suffira à elle-même. Sur cet album parisien, les CURE sont tout à la fois charmeurs et incisifs. Et cette setlist proposée ! Par tous les Smith !

Si j'étais légèrement provocateur, je ne serais pas loin de penser moi aussi que le seul intérêt de Show est son premier titre, l'instrumental et angoissant "Tape". Comme souvent avec le groupe, ce type de morceau doit préparer le spectateur à recevoir un véritable choc émotionnel. Les temps changent et les fans se sont indéniablement assagis. Une décennie auparavant, dans une tension extrême, ils hurlaient leur mécontentement dans le meilleur des cas comme pendant le répétitif "Carnage Visors" (1981) ou l'irrespirable "Airlock" (1982). Avec "Tape", c'est simplement une excitation bon enfant qui monte en attendant l'arrivée du combo sur scène. L'entrée en matière avec ce piano qui divague et ces cris-notes qui pourraient évoquer des baleines est quand même très savoureuse. Show est donc incontestablement un live de lumière. Il n'est pas question de repli sur soi, de dégoût du monde ni de sexe brûlant. Ces concerts américains doivent simplement asseoir un peu plus la popularité des CURE.

Pour y parvenir pleinement, le groupe se la joue façon RTL2 classiques pop-rock. C'est bien ici le paradoxe du fan. Un éternel insatisfait ? Si le groupe ne joue pas ses hits, il se plaint, frustré qu'il est. Si le groupe les joue, il beugle car il a l'impression de les avoir trop entendus, jusqu'à l'overdose. Les CURE ne tergiversent pas et déroulent au kilomètre leurs standards. Ceux qui les ont d'abord fait connaître aux Etats-Unis dès 1983 à l'ère MTV. Le rendu des classiques "The Walk" et "Let's Go To Bed" s'il n'est pas exceptionnel est loin d'être mauvais. On apprécie encore une fois le jeu de batterie léger et inventif de Boris Williams ainsi que la voix de Smith, adolescente et expressive comme aux premiers jours. Les CURE sont pop et semblent faire un bras d'honneur à l'image qu'on se fait éternellement d'eux. Déboulent alors le superbe "Just Like Heaven" et l'enjoué "In Between Days". On les a beaucoup (trop) entendus ces deux-là, mais ça passe encore. La basse de Gallup dansante et les synthés pas trop cheap pour une fois emballent le tout. Je ne dirai pas la même chose de l'anxiogène "Lullaby" et de l'épuisant "A Night Like This". En 1992, ce n'était pas encore la mode, mais maintenant, il est désormais coutume de dire que ce type de morceaux en concert permet aux fans du groupe d'aller se ravitailler en bière ou de faire un petit détour aux toilettes. Un peu trivial, sans doute, mais pas mieux pour dire que ceci ne passe plus (testé au Royal Albert Hall de Londres en 2014 par votre serviteur) !

S'il ne brille pas nécessairement par son originalité, Show ne démérite pas totalement non plus. Ces petits moments qui font la différence sont essentiellement dûs aux titres de WISH. En effet, avec trois guitaristes sur scène, ces ambiances noisy prennent ici indéniablement tout leur sens. Les Anglais s'en donnent à cœur joie et l'écoute au casque donne l'impression d'être à quelques centimètres des protagonistes. La palme pour ce trio électrique revient sans conteste à Porl Thompson qui comme sur les agressifs "Open" et "End" laisse libre cour à son talent. Il est la marque CURE de cette époque. Il s'avère aussi à l'aise dans le registre de la pop aérienne comme le souligne le beau "High" que dans des ambiances plus complexes à l'image de l'épique "From The Edge Of The Deep Green Sea", un véritable moment d'anthologie. Il quittera le groupe à la fin de cette tournée. Il reviendra de 2005 à 2009 pour être remplacé par l'Américain Reeves GABRELS de TIN MACHINE et BOWIE. Comme souvent avec les Anglais, ce type de morceaux alterne avec de plus mélancoliques. "Trust" tout comme l'ultra-classique "Pictures Of You" ne devraient normalement pas vous laisser de marbre. La voix de Smith est porteuse d'émotions et les claviers vous serreront également la gorge. Le chaud et le froid habituels, en somme. Il est juste dommage que Smith n'ait pas inclus dans cette galette les géniaux "A Forest", "Charlotte Sometimes" ou "Three Imaginary Boys" par exemple alors qu'ils ont été joués ces deux soirs.

Show présente le visage le plus accessible des CURE. Résolument pop, sans réelle surprise ni prise de risque inconsidérée, il demeure néanmoins un témoignage relativement honorable. Pour plus de passion et d'émotions, le live Paris sera à l'évidence nettement plus pertinent.

Note réelle : 2,5/5

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   RICHARD

 
   CAMEO172

 
   (2 chroniques)



- Robert Smith (chant, guitare)
- Simon Gallup ( basse)
- Porl Thompson (guitares)
- Boris Williams (batterie)
- Perry Bamonte (guitare, claviers)


1. Tape
2. Open
3. High
4. Pictures Of You
5. Lullaby
6. Just Like Heaven
7. Fascination Street
8. A Night Like This

1. Trust
2. Doing The Unstuck
3. The Walk
4. Let's Go To Bed
5. Friday I'm In Love
6. Inbetween Days
7. From The Edge Of The Deep Green Sea
8. Never Enough
9. Cut
10. End



             



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