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VANGELIS
DIRECT


Le 27 Mars 2019 par SGT JAKKU


Sans doute influencé par Jan Hammer (pour sa B.O. de Miami Vice) et Art Of Noise, Vangelis, un peu par opportunisme, troque ses synthés analogiques pour des machines numériques dans l'air du temps.
Le son est globalement plus clinique que les précédentes productions mais Vangelis adapte ce matériel suffisamment bien pour que cela sonne comme du Vangelis.
Et la musique dans tout ça ? On y trouve les qualités et les défauts du compositeur.
Une certaine grâce se dégage sur des titres comme "Elsewhere" (avec un petit rappel d'accords de "Chung Kuo") ou "Oracle Of Apollo", des morceaux très planants rappelant la délicatesse d'un Debussy.
Un bon travail mélodique sans être très original sur "The Motion Of Stars", "Ave" ou "First approach".
Un esthétisme qui peut avoir encore un certain charme aujourd'hui (pour les amoureux et nostalgiques de la pop synthétique instrumentale et des synthés des années 80) avec "The Will Of The Wind", "Metallic Rain", "Rotation's Logic" ou bien "Intergalactic Radio Station".
Et bien sûr (hélas) du pompier ! "Dial Out" et "Message" sont de "bonnes" représentations de "l'art pompier vangéliste" avec leurs mélodies fastoches et racoleuses mais le summum du genre est atteint avec "Glorianna", une véritable horreur auditive. Rarement Vangelis aura sonné aussi kitch.
Malgré les faiblesses de ce Direct, je n'arrive pas à détester cet album opportuniste, sans doute grâce à ses quelques titres très accrocheurs. Note réelle : 3,5.





IRèNE PAPAS & VANGELIS
RAPSODIES


Le 27 Mars 2019 par SGT JAKKU


Aigle Blanc a raison : la seconde collaboration entre Irene Papas et Vangelis est très loin d'égaler "Odes" sorti en 1979. Vangelis délivre une musique plus conventionnelle et plus classique que d'habitude. Il s'agit peut-être d'une direction artistique voulue...
Sans être désagréable (en fonds sonore), l'album n'est guère passionnant à écouter. De plus, il y a une certaine lourdeur inutile dans les arrangements, là il aurait fallu de la retenue et de l'ambiant. C'est parfois très pompeux et, c'est un comble, la voix d'Irene Papas est par endroits presque dévorée par l'énorme orchestre synthétique et réverbéré de Vangelis. C'est du sabotage.
Comme l'a bien fait remarquer Aigle Blanc, seuls les numéros 2 et 7 valent une écoute attentive car, plus équilibrés.
Note réelle : 1,5.





David KNOPFLER
WISHBONES


Le 27 Mars 2019 par FRANCK


Excellent album . Seul oubli et de taille , vous auriez pu et dû mentionner dans la chronique ou au moins dans le LINE UP la présence de Chris REA Quand même ça me semblait un minimum. Chris REA qui est aussi dans le suivant SHIP OF DREAMS . Je vous le précise sinon vous allez encore l'oublier . j'espère que cet oubli n'est qu'involontaire , car Chris REA c'est quand même un artiste dont on ne peut guère rater le talent ou la présence autant vocale qu'instrumentale .





Klaus SCHULZE
RHEINGOLD


Le 27 Mars 2019 par WALTER SMOKE

@ Caurier Noel :

Quelle partie du texte ? A priori rien n'a changé...





Guy BONNET
BONNET 1979


Le 25 Mars 2019 par BAKER

La photo m'a frappé : eh oui c'est bien le même qui a fait l'Eurovision avec la très jolie "Vivre".

A découvrir je pense merci Marco:)





JODY REYNOLDS
ENDLESS SLEEP


Le 25 Mars 2019 par LE KINGBEE

Ce guitariste torturé fera une seconde carrière dans la Country. Il a chanté en duo avec Bobbie Gentry des titres loin d'être indispensables. On précisera qu'on retrouve Al Casey (pas le jazzman noir) à la guitare sur un bon tiers des titres et Tommy Reed.





Hubert Felix THIEFAINE
TOUT CORPS VIVANT BRANCHé SUR LE SECTEUR ETANT APPELé à S'éM


Le 25 Mars 2019 par FOXTHEBOSS


Commençons donc par le commencement "Tout corps vivant branché sur le secteur..." et tout le reste.
1978, premier album. Album très attendu... surtout par son auteur, après des années de galère ("j'ai même failli en crever" dixit lui-même lors de la tournée en solitaire).

Cet album, devenu depuis disque de platine, se vend à l'époque à 3000 exemplaires. Pourtant, voila bien les meilleures balises avant mutation jamais posées ! On sent que l'ami Hub' a puisé le meilleur de son trésor de guerre. Certes, l'ensemble est très hétéroclite et la production est plus que minimale. Le son très "folk" ne correspond pas forcément aux desiderata de Thiéfaine, mais l'essentiel était de sortir la première galette.

De toute manière, la qualité générale des chansons rattrape tout. Que dire de ce premier album, du point de vue de l'écriture ?
D'abord, qu'il laisse une très grande place aux moments "parlés" ("L'ascenseur de 22 h. 43", "Maison Borniol", "22 Mai"), inaugurant une tendance que Thiéfaine amplifiera dans ses albums des années 90 et 20000.

Ensuite, que certains thèmes qui vont traverser l'oeuvre de Thiéfaine, sont déja bien établis.
Premier exemple, la religion. Jugez plutôt : " Suspendue à ta croix", "offrir à Lucifer, mon âme en sacrifice", "un séminariste", "le Saint-Esprit", "trois siècles passés chez Lucifer" sans oublier une première référence à Babylone, qui inaugure la série des cités antiques et/ou bibliques que citera Thiéfaine au long de ses textes. Ce rapport ambigu, fait de grande érudition (nombre de références religieuses et bibliques de Thiéfaine sont très fouillées), de fascination et de répulsion, est récurrent chez Thiéfaine. Dans les albums suivants, toutes les religions, monothéistes en particulier, seront concernées, qu'il s'agisse des "petites filles de Mahomet" ou du mur de Jérusalem. Si Thiéfaine est sans nul doute, un personnage qui fuit l'autorité ou la contourne (et la religion est une forme d'exercice de l'autorité), il ne cesse aussi d'être hanté par un pessimisme forcené, un instinct de mort qu'il n'aura de cesse d'exorciser dans ses textes. Rejet de l'autorité et recherche de la paix intérieure (pourquoi pas dans la religion ?) pour fuir la mort qui approche, voila une deuxième tension de l'oeuvre de Thiéfaine.
Deuxième thème donc, sont ridiculisées de multiples figures d'autorité : généraux, surveillant général, hommes politiques (Mendès-France, Servan-Schreiber). Rejet et révolte presque "adolescente" face aux porteurs de mort, les petits alchimistes qui vont pulvériser un continent. Pour ce faire, Thiéfaine rend dérisoire et pathétiques, ces personnages et archétypes : Voici le Surveillant général au prise avec sa braguette, les généraux hurlant "gaaaaaaard'à vous !!", Mendès-France donnant la tétée aux gosses et Servan-Schreiber réduit à une attraction touristique. Mais pas d'idéaux derrière tout cela, au mieux le souhait de pédaler dans les nuages. Mai 68 est ravalé au rang d'un événement absurde et la "victoire en chantant" fabrique des amputés. Car plus fort que la révolte subsiste l'angoisse de la mort.

La mort : Avant même de chanter "vive la mort", Thiéfaine en a fait le personnage principal de ses chansons.Les figures humaines qu'il crée (à commencer par lui-même) dans ses chansons sont : décédés ("l'ascenseur", "le chant du fou"), amputés de la main ("l'ascenseur") ou du pied ("première descente"), électrocutés ("l'ascenseur"), accidentés ("22 MAI") ou pendus ("l'ascenseur"), sans parler des suicides collectifs pour les "pauvres mômes" et les "vieillards" ("Maison Borniol") et d'une première allusion à une menace nuclaire ("le chant du fou"). Hantise de la mort certes, mais aussi de la vie. Sans tomber dans l'explication autobiographique, Thiéfaine utilise sans cesse le "je" (il dira "tu" plus volontiers plus tard, puis "on") et si son personnage n'est pas mort, il ne vaut guère mieux : dépressif ("le saint-empire"), alcoolique("maison Borniol"), toxico ("le saint-empire", "la fille du coupeur de joints"), raté et égoïste ("je t'en remets au vent", "la dèche, le twist et le reste"), il ne fait guère envie. C'est d'ailleurs pourquoi sa vie sentimentale est un désastre !!

Alors ? Alors, ce qui pourrait sembler radicalement pessimiste, noir et angoissant, est "sauvé" (si l'on peut dire) par une écriture déja très fine et originale. Deux procédés me semblent, dès cet album, être significatifs de la manière d'écrire de Thiéfaine :
- Le recours à l'absurde des situations, littéralement au "nonsense" à l'anglaise ou les situations graves dérapent dans l'absurde : la concierge ne sait pas qu'elle est dans l'escalier, on revend les miradors une fois la guerre finie, le soldat se promène le "pied entre les dents", la cancoillote est aphrodisiaque, un "chinois de Hambourg déguisé en touriste américain" se rend compte qu'il "n'est pas au courant" d'un accident.
- Le recours aux images choquantes, abruptes et surprenantes. Comme issue d'un rêve, l'écriture de Thiéfaine fait s'entrechoquer des mots à priori dépourvus de connivences : les locutions courantes sont détournées de leur sens, avec des métaphores qui tournent sur l'ensembe d'une chanson. Au lieu d'un train, c'est un ascenseur qui est annoncé, non sur un quai mais sur un palier. On "demande la main" d'une dame... pour la couper. Les personnages quotidiens prennent une tournure inquiétante : le surveillant général a un laboratoire (y torture-t-il les enfants ?), le fossoyeur souhaite le choléra et offre des réductions pour suicide collectif.
Plus grave, et annonciateur des tornades à venir, les mots se rencontrent et s'entrechoquent : "Une vérité au bout des doigts, une lampe entre les mâchoires", "l'alcool s'est figé sur ton verre, ta cigarette tombe sur ton coeur". Voila bien des images qui préfigurent les textes des années 80 et qui font du "chant du fou", à mon sens, le texte le plus intéressant de cet album.

En conclusion ? Une production vraiment datée, mais des textes déjà au top et une pelletée de classiques. Lors de la tournée des 40 ans, 5 chansons de cet album figuraient dans la set-list. Pas mal...
Bref, un 5/5 bien mérité !





Hubert Felix THIEFAINE
ALAMBIC SORTIE SUD


Le 25 Mars 2019 par FOXTHEBOSS


Il existe, bien caché dans l'oeuvre de Thiéfaine, un objet musical non identifié.
Une pierre de Rosette indéchiffrable aux non initiés, un diamant noir bien caché, une sombre litanie connue et appréciée seulement d'une secte plus réduite encore que l'habituelle cohorte des fans d'HFT. Ce joyau palpitant, c'est le sombre et magnifique Alambic, sortie sud...

Reprenons l'histoire...
1982, Thiéfaine est au Zénith. Deux albums qui ont cartonné, des tubes, des tournées monstres, une place dans le rock français, la consécration... Et la déprime.
Cassé, épuisé par un rythme infernal, par des excès nombreux et par les galères antérieures, Thiéfaine craque. Fatigue, accident de moto, rumeurs en tous genres et notamment celle de sa mort, l'animal se retrouve blessé au moral comme au physique. L'album qui sort en 1984 en est le reflet à bien des égards : chute, résurrection, nouveau départ, compteurs à zéro, voici "Alambic" ou le récit d'une âme qui se cherche !!
Jamais sans doute, Thiéfaine n'aura été autant en recherche de lui-même. Pour la première fois, il a mis deux ans pour sortir un album. Ce ralentissement est nettement visible dans les textes. Courts, épurés, ciselés, d'une finesse et d'une précision absolue. L'écriture de Thiéfaine abandonne quasiment l'alexandrin, délaisse les textes à rallonge, fuit les tournures alambiquées, au profit d'une mécanique textuelle presque clinique, ou l'on sent chaque mot pesé à l'extrême, chaque tournure choisie avec le plus grand soin, chaque phrase polie, travaillée, ciselée. Epurée et compactée, l'écriture trouve là des accents d'alchimie... Malaxer et travailler le langage, recracher des mots nus, puissants, précis... Alambic, c'est à la fois l'album de Thiéfaine le plus court en écriture, et peut-être le mieux écrit. Pas de verbiage, à l'essentiel !

A cette précision des mots, se joint celle des musiques. Incapable physiquement de composer, Thiéfaine a confié l'intégralité des musiques à Claude Mairet. Le rocker s'en donne à coeur joie (même si le mot joie semble peu approprié pour l'occasion) et tisse une sombre toile d'araignée musicale autour des textes thiéfainiens.
Rock dur (les guitares de "stalag tilt"), nappes de claviers éthérées, planantes et sensuelles, rythmiques new wave... Cet ensemble musical très daté, n'a paradoxalement pas vieilli !
Au contraire, la symbiose est parfaite entre la musique et les textes, l'une rehaussant, accompagnant, nuançant les autres... et parfois, la musique en vient à compléter magnifiquement les images des textes.
S'il est vrai que les chansons de Thiéfaine sont un "livre d'images" selon sa propre expression, alors dans cet album, l'accompagnement musical se met plus qu'à la hauteur : Il est lui-même générateur d'images. J'en veux pour preuve les magnifiques transitions de guitare qui accompagnent chaque phrase de "vendredi 13", avec un crescendo musical qui sert aussi bien le texte et la rage sourde qui l'habite, que l'ambiance générale de la chanson.
Cette trame musicale, entre ambient et cold-wave, sait aussi parfois se faire groovy. On pense à quelque chose entre Joy Division et.. Quincy Jones, pour le travail infini d'un thème musical simple enrichi au cours du morceau, d'arrangements de plus en plus complexes...

Unité, ou plutôt cohérence musicale, précision des textes... Tout cela se met au service d'une unité thématique tout aussi forte. Je considère tout bonnement cet album comme un album-concept. Pas au sens d'une histoire cohérente et continue (comme peuvent l'être "The wall" ou "seventh son of a seventh son"), mais au sens d'une thématique très forte et très cohérente.
Dans mon ressenti, cet album est d'abord le récit d'une errance. Nuit, solitude, spleen se croisent et s'entrechoquent dans des visions poétiques fortement teintées d'alcool.
Premier thème, la sf et ses visions d'un futur forcément glauque et inhumain. Un héros solitaire, nu, perdu dans un monde déshumanisé, erre dans des paysages urbains nocturnes, traînant de bar en bar, de mal de vivre en insomnie... La Terre semble un gigantesque chaos urbain, réminiscence de "Mad Max", d'Orwell et de SF venue de tous horizons, en témoigne la référence à Ranx Xerox.
Isolé des hommes, perçus comme des figures indécises, des ombres sans visages ni caractère, l'errant solitaire est en revanche entouré par la présence d'un Dieu. Une cohorte de figures bibliques, concentrée à deux points névralgiques de l'album ("femmes de Loth", au milieu, et "chambre 2023" à la fin) accompagne sa marche indécise. Loth et ses femmes, Caïn et Belzébuth, banshees et succubes... Sexe, péché et mort mêlés intimement, qui semblent enfermer l'homme dans une prison de spleen, de violence et de culpabilité.

Monde de folie, monde nocturne ou le péché est omniprésent. Monde ou jamais la rédemption et le bonheur ne semblent possibles. Monde implacable, broyant la sensibilité humaine, sans pitié pour les âmes faibles. Pourtant, une fois encore, du mal et du néant viendra un souffle d'espoir. Dans ce monde de brutes, Thiéfaine comme à son habitude, insére sa foire aux âmes brisées. Le héros solitaire va de rencontres féminines en rencontres féminines, de Marylin de comptoir en succubes assoifées de sexe. Valse infinie des figures féminines, errance sentimentale...
Une fois de plus, c'est de la pratique sexuelle, de la rencontre des corps et des âmes, de l'échange masculin/féminin que jaillit la lumière. Dans cet album sombre et nocturne, les éclairs apolliniens jaillissent des moments de sexe et d'érotisme. Thiéfaine, par endroits, par intermittence, se fait le chantre d'un érotisme solaire, dépassant les limites du bien et du mal...

Album méconnu, d'accès peu facile, Alambic distille un alcool fort et prenant. Pas de chansons marquantes à ressortir, car toutes s'écoutent en lien les unes avec les autres. Album sombre ? Oui, mais pas seulement. Dans un monde ou l'humain semble broyé, Thiéfaine nous dit que même au plus profond du désespoir, il croit au pouvoir de l'amour. Il croit à la magie des rencontres, à la force de l'amour physique, à la puissance de la relation entre un homme et une femme. La force érotique devient ici, littéralement, force de vie contre les puissances de mort, force d'espoir pour la vie qui continue.
Allez roule roule lady engloutis-moi...
Déconne pas, sans toi mon cas est périmé...





Hubert Felix THIEFAINE
AUTORISATION DE DéLIRER


Le 25 Mars 2019 par FOXTHEBOSS


Nous sommes en 1979, et l'étrange animal aperçu l'année précédente revient pour une deuxième livraison.
S'il n'avait montré que ses pieds sur la pochette précédente, il ne se dévoile guère plus : de dos, maquillé quand il est de face. Voila qui n'est guère engageant. Pourtant, plus encore que le premier, ce deuxième album est centré sur la personnalité du "héros" bizarroïde qui sert de double (ou de triple !) à Thiéfaine. La pochette elle-même est construite sur cette dualité dos/face ou l'artiste se cache et se dévoile à la fois... Ou plutôt tente de se dévoiler et nous communiquer ce qu'il est. Mais qui est-il vraiment, celui qui se croit à l'écoute du Monde, et qui n'écoute que le néant d'un aquarium ? Ce thème de l'ego et de sa difficulté à communiquer avec le monde extérieur est omniprésent dans l'album : 7 chansons utilisent directement le "je", deux autres le "nous", avec l'idée très nette que l'artiste prend lui -même la parole au travers de ce "nous" (voir "Autorisation de délirer").

Album centré donc sur l'ego et sa volonté de communiquer et de s'intégrer... Ou pas ! Car au final, c'est bien l'impossibilité de rejoindre le genre humain qui domine : crise de manque hallucinatoire ("la vierge"), amour impossible ("enfermé dans les cabinets", "court métrage"), solitude persistante ("la queue") ; tout concourt à dresser des barrières entre l'artiste et le monde. Au final, cette situation finit par déboucher sur une vision sociale radicalement pessimiste : Vies détruites dans la drogue et la prostitution (thème de la déchéance renouvelé dans "la môme kaléidoscope"), folie omniprésente ("complexe d'Icare"), mort qui rôde à chaque instant notamment la mort nucléaire. Même la musique est symboliquement morte, le rock en tout cas !
Une fois encore, les responsables en sont clairement désignés : hommes politiques corrompus et shootés au pouvoir, société déshumanisant, bureaucratique et conduisant à la folie (le magnifique "autorisation de délirer").

Si l'ego et son rapport au monde dominent les textes de l'album, ils sont soutenus par plusieurs des grandes obsessions thiéfainesques : la drogue, la mort, la folie.
La drogue sous ses formes les plus diverses, est omniprésente dans l'album : "coco" (cocaïne) citée dans deux chansons, opium, LSD, héroïne ("reniflette") sans parler des drogues "non conventionnelles" que sont l'ajax W... et le pouvoir ("l'homme politique...). Et n'oublions pas le "chauffer la cuillère" applicable à toutes sortes de substances. A mon sens, cet album a une consonance tout autant "junkie" que "dernières balises".
Se shooter, pour oublier quoi ? D'abord sans doute, le risque de folie : "Complexe d'Icare" (astucieux glissement pour évoquer à la fois la déchéance et les problèmes personnels, nous y reviendront), folie hallucinatoire ("la vierge"), dépression ("la queue"). D'ailleurs, ou peut donc être ce personnage qui soliloque dans "autorisation de délirer", sinon enfermé ? Dans sa folie, dans un asile ou dans le corps social tout entier, cela n'a au fond pas d'importance. L'album tout entier lance un cri sourd et continue : désespoir, folie, dépression, renfermement en soir, mort... Pour "compter ses os" tranquille, enfin ! "Enfin solitaire" est ici à la fois un cri du coeur, un manifeste et un constat. Derrière cet appel, la crainte obsédante de la mort ("je ne suis plus", "la mort est devenu un état permanent"). Quoi de plus symbolique, au final, que ce personnage qui crie sur la pochette, ou qui semble s'enfermer dans une écoute du néant ?

De même que la cohérence des textes est bien visible, celle de la musique est aussi évidente. Le travail de production de l'album est très important, loin de l'aspect "de bric et de broc" qui prévalait dans l'album précédent. Les musiques sont variées et soignées, des rythmes funky-disco de "enfermé dans les cabinets" au blues de "court métrage" en passant par le rock. Claviers et piano rejoignent les guitares et donnent à l'ensemble de l'album une tonalité nettement plus rock, entrecoupée de quelques éclairs psychédéliques caractéristiques de l'époque.
Au final donc, un album plus cohérent et réfléchi, dominé par ce qui est à mon sens, le premier monument de Thiéfaine : Alligators 427, long discours imprécatoire, halluciné et apocalyptique , ou l'artiste clôt symboliquement cet album en se faisant "voyant" d'un monde futur livré à l'horreur et au chaos.

Solitaire oui, cynique et ricaneur aussi, tel un clown grinçant et railleur. Mais aussi engagé et impliqué dans le monde, refusant à tout jamais d'être indifférent. Voila bien la dualité d'un personnage que son dégoût de l'humain n'empêche nullement de chercher à comprendre cette humanité. Cet album est bien celui de la mise en place de ce drôle de personnage qui ne cessera dès lors, de s'interroger sur son identité et son rapport aux autres. Hubert, Félix ou Thiéfaine, la réponse viendra peut-être au prochain album...





DIRE STRAITS
BROTHERS IN ARMS


Le 25 Mars 2019 par NONO

Ouups... Je me rends compte que j'ai répondu à la dernière question dans la rubrique "commentaires" (alors que c'est la réponse à une question) ! Si quelqu'un chez FP aurait la gentillesse de couper/coller mon commentaire précédent (sur le son de guitare de "Money for Nothing") dans la rubrique "répondre" !.... sans oublier le lien en-dessous, et sans hésiter également à ôter tous les "slashs" à l'envers, inutiles... Merci !





Hubert Felix THIEFAINE
DE L'AMOUR DE L'ART OU DU COCHON


Le 25 Mars 2019 par FOXTHEBOSS


Nous voici donc de nouveau branchés sur le hasard, pour cette chronique du troisième album du sieur Hubert. Nyctalopus airlines prend son envol et le commandant de bord a rattaché sa ceinture... Moteur !
Un troisième album fort mésestimé... Et par Thiéfaine lui-même pour commencer ! Il a été écrit qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de "fonds de tiroir", que Thiéfaine se contentait d'en finir avec son "trésor de guerre" ( dans l'excellente revue Chorus). Thiéfaine l'a dit et redit, il ne se sentait plus lui-même au moment de la réalisation de cet album et il en a largement délégué la réalisation. Bref, ce serait un album de fin de cycle et de qualité fort médiocre.

Revenons au réel, c'est-à-dire à l'album lui-même. Il appartient incontestablement au même cycle que les deux précédents : Les pieds au mur dans le premier, de dos dans le second, voilà l'artiste qui se dévoile dans le troisième, affublé d'un dérisoire nez rouge et de superbes bacchantes. C'est le dernier avatar du Thiéfaine folkeux et absurde, de ce personnage décalé qu'il avait mis en scène dans ces premiers albums. Ce hippie lunaire va bientôt céder à la place à un rocker dur féru de poésie urbaine, de guitares saturées et d'ambiances musicales cold wave. Les seventies cèdent place aux eighties, le noir sera bientôt de rigueur et la mélancolie des âmes gagnera nos pensées adolescentes.... Album de transition, de réflexion, de doute ou l'artiste questionne son identité personnelle et artistique, album de passage. Album qu'on aurait alors tendance à voir seulement pour ce qu'il clôt et non pour ce qu'il promet.

Mais au fait, est-ce vraiment cela que cet album ? Une fois de plus à mon sens, Thiéfaine a trompé son monde !
Un album peu important... dont trois titres sont encore repris en concert par l'artiste près de 40 ans après (l'agence des amants de Mme Müller, lors de la dernière tournée en date, celle des 40 ans, et Comme un chien dans un cimetière et Psychanalyse du singe lors du scandale mélancolique tour)...
Un album de raccroc, pauvre et peu construit... avec une richesse et une variété musicale en fait remarquable !
Un album décousu... qui s'organise selon une thématique bien précise !
Un album secondaire... qui contient au moins un texte fabuleux du monsieur, le jamais joué "Vendôme Gardenal Snack" (P... Hubert, tu te décides quand à le jouer enfin ??)

A mon sens, l'album s'organise en deux parties qui déclinent une même thématique : L'AMOUR, au travers de ses rêveries sentimentales, de ses élans quasi métaphysiques et de ses réalités fort charnelles. Le titre emprunte au "De l'amour" de Stendhal avant de dériver vers une gaillardise assumée.
La première partie contient les 5 premières chansons, "comme un chien dans un cimetière" agissant comme un pont au-dessus d'une eau trouble. Cette partie décline des formes d'amour très physiques : sado-masochisme, nymphomanie, exhibitionnisme et même zoophilie ! De l'amour de soi (psychanalyse du singe) au dégoût de soi-même (comme un chien dans un cimetière), à la première ou à la troisième personne, voilà le Hubert (ou le Félix, ou le Thiéfaine, ou l'un après l'autre) qui expérimente les mille et une facettes de l'amour. Ce voyage se fait aussi au gré d'une grande variété musicale : rock, folk, reggae, pop sont convoqués au fil de cette déambulation rigolarde et assumée... Qui se clôt néanmoins sur un constat fort désespéré : ennui général, espoir néant ! L'amour physique est sans issue...

Place donc à une deuxième partie (les 3 derniers morceaux) qui se place carrément sous le signe de la mélancolie ! Ne pas se laisser abuser par le groove fonky de "l'agence des amants de madame Müller" : ça groove certes, ça jouit aussi, mais la fin est carrément calamiteuse. Entre quatre murs, le personnage ne sait vraiment plus qui il est. Cette folie destructrice, qui éparpille des morceaux de conscience aux quatre coins de l'âme, est bien la conséquence de l'amour ! Cette mélancolie qui vous prend et ne vous lâche plus, elle est bien aussi la conséquence de l'amour ! Il est notable d'ailleurs que lorsque Thiéfaine a réécrit les paroles de "Psychanalyse du singe" (pour le "scandale mélancolique tour"), il insiste sur les ravages physiques... de l'amour ("l'affreux rire de l'idiot") auxquels "le jeu de la folie" fait aussi allusion (la syphilis de Baudelaire).

L'amour rend aveugle, fou et mélancolique... Voilà pourquoi cet album est pour moi, le frère aîné de "Scandale mélancolique". Aussi varié musicalement, aussi décousu à la première écoute, aussi profond en réalité... Plus profond même que le très surestimé "scandale" !
Album de remise en cause, de prise de distance ou paradoxalement et parce qu'il s'en désintéressait, l'artiste se livre à coeur découvert. Le dernier morceau, le chef-d'oeuvre de l'album à mon sens est symptomatique de tout cela car il annonce les grands textes des albums à venir.





VANGELIS
VOICES


Le 25 Mars 2019 par SGT JAKKU


Vangelis a souvent pratiqué "l'art pompier" à différents moments de sa discographie à travers ses titres les plus populaires (le tube des "Chariots de feu" en est un bel exemple) et cela depuis les années 70. Mais là où certains musiciens, croyant faire du beau, tombent dans la vulgarité, le compositeur grec est toujours parvenu à éviter plus ou moins le piège.
Mais dans les années 90, c'est bien plus compliqué...Voices démarre sur un ersatz de 1492. Le Maestro délivre à nouveau son art pompier mais cette fois-ci, c'est populo et d'un mauvais goût flagrant ! Le morceau éponyme est le pire de l'album, c'est surprenant.
Et les dégâts ne s'arrêtent pas là : "Prélude, Losing Sleep (avec un Paul Young inspiré), Messages" (auto-pompage du thème "Antarctica") sont un peu du même tonneau et déroulent un ensemble de clichés et de mélodies aseptisées (dont on devine à l'avance la plupart des notes) jouées par des claviers tout aussi aseptisés.
Mais heureusement, tout n'est pas à jeter dans les oubliettes.
"Echoes" reprend le thème principal mais le fait avec goût, suivi de "P.S" venant aussi confirmer que le thème mélodique de Voices est à l'origine, plutôt bon. La chanson "Come To Me", qui sonne très Enya (elle-même influencée par Vangelis, la boucle est bouclée), vaut le détour.
Vangelis a sans doute aussi été très sensible à l'esthétisme de la musique de Twin Peaks et plus particulièrement à la voix aérienne de Julie Cruise (et peut-être influencé aussi par les Cocteau Twins et le style éthéré d'Elisabeth Fraser) pour son "Ask The Mountains". Ce n'est clairement pas du Vangelis mais c'est le meilleur morceau de l'album ! Et on pourrait même se risquer à dire que le traitement de la voix augure les expérimentations futures de Massive Attack. N'oublions pas que Vangelis fait partie des précurseurs du New Age et de la World Music et il n'est pas déconnant de penser qu'il a aussi influencé la scène électro fin 90. Note réelle : 2,5.





The ALLMAN BROTHERS BAND
THE ALLMAN BROTHERS BAND


Le 25 Mars 2019 par CHRIS 06


Bizarrement j'ai toujours préféré cet album au second. Beaucoup plus blues-rock que les albums qui suivront, cet LP possède des moments de bravoures guitaristiques complètement hallucinantes. On souligne souvent, à juste titre, le jeu de slide de Duane Allman, mais les solos de Dicky Betts n'ont rien à envier à son illustre collègue atteignant des niveaux incroyables sur "It's not my cross to bear".De tout façon il ne fait plus débat de dire que ce groupe possédait des musiciens de très haut niveau et cet opus en est un de ces meilleurs représentant.
A conseiller à tout les amoureux de guitare.





Klaus SCHULZE
RHEINGOLD


Le 25 Mars 2019 par CAURIER NOEL


Bonjour

Je vous signale qu'une partie du texte de la chronique à disparue.

Le quatrième paragraphe


Cordialement





DIRE STRAITS
BROTHERS IN ARMS


Le 24 Mars 2019 par NONO

Absolument, et c\'est exactement le son que Knopfler recherchait !
Pour étayer ce fait, je vous joins ci-dessous le lien d\'une interview de Neil Dorfsman, producteur de l\'album Brothers In Arms (voir le paragraphe intitulé \"Signature sounds\" pour le famueux son de guitare \"money for nothing\") :

www.soundonsound.com/people/classic-tracks-dire-straits-money-nothing





Mylene FARMER
DANCE REMIXES


Le 24 Mars 2019 par FRANçOIS


Si je ne devais garder qu'un album de MF, je choisirais sans hésiter celui-ci : il fait office de compilation (non exhaustive toutefois) de ses 3 premiers albums (sa meilleure période selon moi, et de loin !) et il s'agit d'"extended versions" (plus c'est long, plus c'est bon, comme on dit) qui ne dénaturent pas les chansons originales, contrairement aux remixes contemporains où n'est parfois conservé qu'un motif musical ou bribe de phrase de la version d'origine.





NINE INCH NAILS
THE FRAGILE


Le 24 Mars 2019 par CLANSMAN57


Que cette oeuvre est perverse en fin de compte, terriblement insidieuse.
Cette nouvelle mise à nu de l'artiste, lequel se retrouve tiraillé tout le long de ce double, entre névrose et volonté de s'en sortir, libère de sacrées émotions contrastées.

Cette volonté d'aller vers la lumière et de se débarrasser de ses démons est un signe de maturité de la part de l'artiste.
Au moins, il essaie de s'en sortir et ne se complait plus continuellement dans la négation, du moins, jusqu'à ce qu'il rechute...

Les pistes les plus sereines sont nimbées d'une forme de spiritualité.
Le plus terrible pendant cette odyssée, c'est de toucher du doigt la plénitude, de presque pouvoir s'en emparer à pleines mains, pour ensuite retomber dans le gouffre, comme si le mal-être faisait partie intégrante de cette âme en peine.
La sérénité tant désirée était une compagne fuyante pour Reznor.

Je pense que tout est dit avec cette phrase:
"All I do I can still feel you".











SIMPLE MINDS
REAL LIFE


Le 24 Mars 2019 par SAD LIFE

See the lights et Let there be Love (quelle putain de chanson en effet...cette putain d'ambiance) sont toutes deux sur le best of Glittering Prize qui n'a jamais été chroniqué sur FP...un comble!





SIMPLE MINDS
REAL LIFE


Le 24 Mars 2019 par NONO


Un album d'une insipidité affligeante !
Le seul point pour lequel je diffère de LEO, c'est que j'adore vraiment le titre "Let there be love", une merveille absolue. Mais ce titre fait office de joyau exceptionnel, perdu au milieu d'un océan de merde.





VANGELIS
MASK


Le 24 Mars 2019 par SGT JAKKU


Le milieu des années 80 est une période très particulière chez Vangelis. Entre Soil Festivities, l'album ici présent, Invisible Connections, Frankenstein (une musique pour un ballet jamais éditée) et Rapsodies (album-retour avec Irene Papas beaucoup moins réussi qu'Odes) on sent très clairement chez l'artiste une volonté de rompre avec le style populaire qui a fait le succès de ses productions précédentes et de profiter de ce succès pour engendrer des créations plus personnelles et plus ambitieuses. Un pari plutôt risqué car le public des années 80 est moins ouvert aux expérimentations que celui des années 70. Et les ventes bien inférieures à la moyenne des disques de Vangelis le démontrent bien. Pour nous, les mélomanes et fans de l'artiste, cette phase ambitieuse est du pain béni !
De cette courte période, Mask est sans doute le mieux construit et le plus abouti. Le véritable tour de force du disque étant le mouvement 5 : entraînant, hypnotisant et puissant, le morceau captive du début à la fin malgré un thème unique. La musique du mouvement 2, ode magnifique aux anciennes civilisations, a une couleur proche de celle de Maurice Jarre pour le film Witness, sorti la même année. Étonnant.
Avec Mask, nous avons bien affaire à une oeuvre classique comme le prouve la lente conclusion finale qui expose des bribes de thèmes développés précédemment. Mask est, haut la main, l'une des meilleures œuvres du compositeur grecque.







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