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INDOCHINE - Alice Et June (2005)
Par RICHARD le 10 Avril 2020          Consultée 260 fois


Après le phénoménal succès public quatre étoiles de Paradize, Alice et June, le dixième album d'INDOCHINE a la très lourde tache de lui succéder. La bande de Sirkis fait de nouveau partie des groupes qui comptent et sont à ce titre maintenant attendus au tournant. Les Indochinois ont pris le temps de la réflexion et en cette fin d'année 2005, ils nous délivrent comme cadeau de Noël un double-album-concept. Le leader part d'un fait divers poignant (le suicide de deux jeunes adolescentes dans le Nord) pour développer ses thèmes favoris sans voyeurisme: la peur du monde des adultes et le refus de grandir, les amours contrariées, le mal-être entre autres. Il y aura Alice. Il y aura June. Les concepts- albums dans l'hexagone sont plutôt rares et la démarche est le plus souvent casse gueule. INDOCHINE «contre tout chacal» est donc prêt à relever le défi.

Qui dit double album dit forcément galette pantagruélique.Le syndrome post Paradize se profilerait-il ? C'est bien ce que j'ai pensé il y a quinze ans lors des premières écoutes. Puis le temps a fait son affaire et même si cet album est copieux, il est loin d'être indigeste, enfin,beaucoup moins que les suivants, c'est certain. INDOCHINE a mis de côté son attirail gothico-adolescent de pacotille pour se recentrer sur l'essentiel: les émotions. A l'image du superbe livret accompagnant cette généreuse livraison, le groupe expose une pop élégante où le romantisme le plus noir se fait indéniablement la part belle. Sirkis a trouvé un juste équilibre aidé en ceci par le toujours fidèle Olivier Gérard entre fulgurance pop et morceaux plus ambitieux.

Il y a quand même un petit bémol. Lorsque l'on propose près de vingt morceaux, la qualité n'est assurément pas au rendez-vous partout. Alice et June souffre donc parfois d'un remplissage qui s'apparente à un excès de confiance. Les détracteurs du groupe pourront être confortés à l'écoute de certains morceaux qui comme souvent chez INDO (et même ce si on est fan) peuvent provoquer une gêne polie. Est-il possible de déclarer le plus sérieusement au monde «Etre Un Sperm Donneur» et «Un Vagina Sucker» comme sur l'énervé «Vibrator»? Peut-on encore comme sur le plat «Adora» ou le faiblard «Gang Bang» ressasser le thème de l’ambiguïté sexuelle alors que tout a déjà (et très bien) dit avec «3ème Sexe» vingt ans plus tôt ? Sirkis ressasse ses marottes et délivre des titres qui se veulent «rock» à l'image du long «Les Portes Du Soir» ou de l'inutile «Aujourd'hui Je Pleure» avec les oubliés d'AqME. Les grosses guitares ne font pas nécessairement du rock et ces titres comme un ballon de baudruche se dégonflent très rapidement. Une bonne fois pour toute: INDOCHINE, c'est pop ! Point barre !

C'est justement lorsque le combo accoste sur ces rivages pop qu'il se révèle le plus pertinent et le plus intéressant. Il est en effet bien difficile de résister au côté direct d'«Alice et June» ou au plus ambitieux «Sweet Dreams». Quand INDOCHINE laisse tomber les caricaturaux gros sons, sa recherche d'épure n'en est que plus belle et réussie. Écoutez moi plutôt le superbe «Pink Water 3» avec Brian MOLKO de PLACEBO ou le féerique «Tallula» qui serrent le cœur. On se laisse bercer par la voix de Sirkis et ses mots sont en parfaite osmose avec ces ambiances comme suspendues («Rêve Avec Moi»). La plume du leader aborde avec tact l'anorexie (l'émouvant «June») ou les premiers émois d'une adolescente (le très sexe «Un Homme Dans La Bouche»). Cette fois-ci, c'est plutôt réussi et Sirkis est crédible.Un peu d'ailleurs comme les prenants «Lady Boy» et «Starlight» où l'alliance inattendue d'un piano bastringue, d'une chorale d'enfants et de guitares sourdes fonctionnent naturellement. Le morceau le plus inattendu au final est sans conteste «Harry Poppers», jouissif moment qui est dû à son invité: le toujours excellent Didier WAMPAS. INDO, ce n'est pas punk, mais c'est suffisamment unique pour donner naissance à ce type de morceau.

Alice et June est un album d'INDOCHINE plus que réussi. S'il souffre de quelques facilités et fautes de goûts cette invitation dans son sombre univers ne se refuse vraiment pas.

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   DARK PANDA

 
   RICHARD

 
   (2 chroniques)



- Nicola Sirkis (chant, guitare)
- Oli De Sat (guitare)
- Boris Jardel (guitare)
- Marc Eliard (basse)
- François Soulier (batterie)
- François Matuszenski (synthétiseur, piano)


1. La Promesse
2. Les Portes Du Soir
3. Alice Et June
4. Gang Bang
5. Ladyboy
6. Black Page
7. Pink Water Iii - Avec Brian Molko
8. Adora
9. Un Homme Dans La Bouche
10. Vibrator
11. Ceremonia

1. Le Pacte
2. June
3. Sweet Dreams
4. Belle Et Sébastiane
5. Crash Me
6. Aujourd'hui Je Pleure - Avec Aqme
7. Harry Poppers - Avec Didier Wampas
8. Talulla
9. Morphine
10. Starlight - Avec La Chorale Scala & Kolacny Brothe
11. Pink Water Ii - Avec Biran Molko (piste Cachée)



             



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