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 The Illustrated Elton John Discography (1249)

Elton JOHN - Victim Of Love (1979)
Par MARCO STIVELL le 25 Mars 2012          Consultée 1886 fois

Etrange disque, ou plutôt parenthèse que ce Victim of Love. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé dans la tête d'Elton à ce moment-là et je crois qu'une bonne partie de ses fans est dans le même cas... Le fait qu'il ne s'était toujours pas décidé à rappeler Bernie Taupin passe encore, il le fera pour l'album suivant. C'est surtout l'ensemble du processus musical qui est bizarre. Les deux disques précédents nous avaient déjà démontré avec une certaine parcimonie combien Elton s'intéressait de près au courant disco de plus en plus fort à l'époque. Avec Victim of Love, il se sera décidé à consacrer un album entier au genre, au grand désarroi de ses fans qui d'ailleurs se chargeront d'en faire son deuxième moins bien vendu pour toute sa carrière. Il semblerait que l'idée de réaliser un tel disque lui ait été insufflée par le songwriter Pete Bellotte qui avait déjà travaillé avec de nombreux artistes, pop et disco notamment ("I Feel Love" et "Love to Love You Baby" de Donna Summer, c'est lui). On le retrouve ainsi crédité à toutes les chansons sauf la reprise...

Maintenant tenez-vous bien : sur cet album, Elton est uniquement interprète ! Non seulement il n'a écrit aucune note de musique, pas même le moindre silence entre les chansons (d'ailleurs, il n'y en a pas, on y reviendra), mais en plus, non ne sautez pas au plafond : il ne touche pas un seul clavier. Où est donc passé son précieux piano, dont il ne se séparait jamais même avec la présence de claviéristes supplémentaires dans ses années classiques ? Je ne le sais guère, toujours est-il qu'avec Victim of Love, Elton en est réduit à une sorte de chanteur variété lambda, qui ne fera pas preuve de beaucoup de folie y compris sur le plan vocal... Ah par contre, il a su s'entourer : exit le groupe habituel, mais à la basse, c'est Marcus Miller s'il vous plait, et Elton (ou Pete Bellotte ?) a fait appel au mythique Steve Lukather (de Toto bien sûr) pour la susdite fameuse reprise de "Johnny B. Goode"...

Non messieurs les puristes, vous ne rêvez pas. C'est bien le classique des classiques de Chuck Berry qui a, si l'on se met à votre place, le grand déshonneur d'ouvrir cet album totalement disco. Par cette dernière formulation, vous comprendrez bien que la reprise s'inscrit dans cette lignée. Sur un tempo ralenti mais plus groovy, le sieur (pas encore sir) Elton déploie pendant plus de huit minutes, la grande machine des dancefloors de l'époque, avec force paillettes et stroboscopes. En tant que puristes, vous crierez au sacrilège avant même de l'avoir écouté, pourtant s'il est vrai que le refrain répété à outrance peut ici en devenir désagréable, Elton aura au moins fait l'effort de mettre en avant les musiciens qui l'accompagnent. Ainsi, des soli de sax ténor (Lenny Pickett, qui avait joué sur Caribou), de guitare, de basse et carrément de piano électrique Yamaha CP-70 (non joué par Elton encore une fois) sont de mise, rendant cette reprise pas si anti-passionnante que ça.

Le problème, c'est que le ton de cette reprise est à peu près le même sur tout le reste du disque. Enlevez les soli, notamment du sax qui disparait complètement après "Johnny B. Goode". Jugez que la présence de deux batteurs qui alternent est presque superflue : de simples boites à rythmes auraient pu convenir tant le jeu de batterie est monolithique, lancé sur le même rythme strict quel que soit la chanson. Quant au chant, il n'est pas bien varié. Elton rend sa voix de plus en plus nasale et pincée et ne se permet pas beaucoup d'échappées, tout juste un peu plus d'implication sur "Thunder in the Night" et "Victim of Love". Et puis constamment, il va officier en solo sur les couplets et sera rejoint par des choeurs féminins égayant sur les refrains, ce sentiment renforçant l'impression d'absence totale de prise de risques sur ce disque (en dehors de "Johnny B. Goode"), ou au moins de réel changement. Marcus Miller est le seul participant arrivant à donner un semblant de piquant à l'ensemble. Ah, et autre détail frappant : le disque est sorti à l'époque du vinyle, qui possédait donc deux faces, mais notez bien que si ça avait été le CD, tous les morceaux auraient été enchaînés, donnant l'impression d'être un seul (avec un rythme inchangé). Là, on a au moins la coupure entre les deux faces... Ajoutons encore que ce disque est le plus court d'Elton (35 minutes), chose dont les fans se sont souvent plaints, mais vu que ce disque répétitif et sans aucune diversité reste mal aimé, ce n'est pas bien grave, au contraire non ?

Allez, on ne va pas faire la fine bouche plus longtemps. Bien que monolithique, l'ensemble reste agréable et le jeu des intervenants sert à combler un peu le manque de conviction d'Elton pour un tel projet. "Warm Love in a Cold World" est particulièrement bien faite, possédant une densification non négligeable sur son final. Les congas de "Born Bad" ou le clavinet bien funky de "Thunder in the Night", les claps de "Spotlight" ou les parties de synthétiseur ARP sur "Victim of Love" sont de bien bons éléments, visant à enrichir l'ensemble déjà très enjoué. Ce disque s'écoute agréablement au final, mais pas trop souvent quand même...

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   MARCO STIVELL

 
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- Elton John (chant)
- Marcus Miller (basse)
- Keith Forsey (batterie)
- Todd Canedy (batterie)
- Michael Mcdonald (choeurs)
- Patrick Simmons (choeurs)
- Thor Baldursson (claviers)
- Tim Cansfield (guitares)
- Paulinho Da Costa (percussions)
- Roy Davies (claviers)
- Steve Lukather (guitares)
- Lenny Pickett (saxophone ténor)
- Julia Tillman Waters (choeurs)
- Craig Snyder (guitares)
- Stephanie Spruill (choeurs)
- Maxine Willard Waters (choeurs)


1. Johnny B. Goode
2. Warm Love In A Cold World
3. Born Bad
4. Thunder In The Night
5. Spotlight
6. Street Boogie
7. Victim Of Love



             



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